jeudi, septembre 24, 2009

Un jour, un poème


UN SOURIRE de Raoul Follereau

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,

Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé.

Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire, soyez généreux, donnez lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau est un écrivain, poète français. Il publie à 17 ans son premier ouvrage, Le Livre d'amour en 1920 dont le poème "un sourire".

jeudi, septembre 17, 2009

Tacvav Imaziɣen : l'histoire du drapeau amaziɣ

Tacvav Imaziɣen correspond au drapeau amaziɣ (drapeau "berbère" selon l’appellation française), il est constitué de trois bandes de couleurs (bleu, vert, jaune) et orné d’un signe imaziɣen (la lettre Z de l’alphabet tifinaɣ) de couleur rouge. Z comme Zemeɣ qui chez les Touaregs désigne la colonne vertébrale. Il signifie « porter le mal », « porter le fardeau ». Traduit du tamaziɣt (du berbère) : « Je suis capable, je peux », ce n’est autre qu’un symbole de résistance. Il symbolise la liberté et l’indépendance du sujet.

On peut remarquer que l’on retrouve aussi ces couleurs sur les bijoux kabyles : les bracelets, les bagues, les colliers, les broches, la croix du sud, … Ces trois couleurs sont des couleurs spécifiques aux Imaziɣen ("Berbères"). On peut se demander alors : pourquoi ces trois couleurs sont-elles si souvent représentées dans l’art amaziɣ ("berbère") ? Ont-elles une signification particulière ?

En fait, les trois couleurs du drapeau amaziɣ (bleu-vert-jaune) sont symboliques, elles représentent chacune un paysage de la Numidie (nom de l'Afrique du Nord berbère avant JC) :

bleu : la mer (le Bassin méditerranéen)

vert : la nature (les montagnes de toute l’Afrique du Nord)

jaune : le désert (le Sahara des Touaregs)
 
On raconte qu’un chef de bataille a déchiré dans un tissu ces trois couleurs et a distribué chacun de ces morceaux à trois équipes différentes en leur disant que leur but devra être au terme de la bataille d’unifier tous les Imaziɣen / Berbères (en rassemblant les trois couleurs).

Le rouge symbolise le sang, le sang grâce auquel la liberté s’arrache.

Il y a donc cette idée de sauvegarder le territoire sachant que la victoire s’acquiert avec le prix du sang.
Ce sont des associations berbères notamment le Mouvement Culturel Berbère qui, dans les années 70 ont contribué à l’élaboration de ce drapeau. Pour représenter le paysage de la l'Afrique du Nord berbère (Taferka, Tamazɣa, appelée aussi Berbérie..), elles ont effectué tout un travail de recherche en ce qui concerne les couleurs et le signe imaziɣen qui représente l’« Homme Libre ».

lundi, septembre 14, 2009

Le témoignage de Khelifa

A l'approche de la rive nord africaine, une tache blanche commence à apparaître, et quelle blancheur ? Alger la blanche, au tournant avant l’atterrissage on aperçoit Alger la brune, et quelle brune ? Une Blanche dans une brume de nuages de pollution. C’est le récit du début…

En route vers la Kabylie, le bastion, l’îlot, la fleur des montagnes, des villages comme des perles sur les chaînes de Djurdjura et des Babur. Guy de Maupassant disait « une incomparable route au milieu des forêts kabyles, qui suit la mer en dominant de deux cents mètres, et serpente selon des festons de la haute montagne jusqu’à ce merveilleux golfe de Bougie aussi beau que celui de Naples, que celui d’Ajaccio et que celui de Douarnenez, les plus admirables que je connaisse ». Et comment ne pas émerveiller devant ce spectacle que la nature offre devant les yeux du visiteur.

A la ville de Bougie « Bgayet », la tache blanche sur le flan vert de la montagne de Gouraya, on est surpris par la vivacité de la cité, mais aussi par un accablement pesant devant la vue de l’état des rues et des trottoirs. Le chemin vers la ville d’Aokas, une ville serrée entre une plage de sable à l’allure tranquille et une montagne qui s’élève sans arrogance. A l’entrée de la ville, une porte de vous accueille, une porte tranchée dans la pierre, une porte dans Yemma Tadrart la montagne. Je vais devoir m’arrêter pour une pause et faire une remarque assez intéressante : Yemma Gouraya, Yemma Tadrart , « Yemma » en Kabyle veut dire Mère. Ces noms rappellent sans cesse des lieux comme « notre dame d’Afrique » à Alger, « notre dame de la sauvegarde » à Marseille et combien d’autres ? En dehors de la consistance religieuse actuelle, il est certain que ces endroits étaient des endroits où les gens rêvaient l’avenir, l’espoir, le bien-être de l’esprit et sans doute la paix. Delphes en Grèce en était un exemple des plus documentés. L’oubli a achevé ce que la main humaine n’a pas détruit.

Revenant à la porte de pierre naturelle, à l’intérieur de la tranchée, une grotte appelée souvent « la grotte féerique » une œuvre de la nature extraordinaire, un spectacle de la nature qui a pris des millions d’années pour achever sa réalisation. La grotte a été découverte en 1963 durant le chantier du tunnel sous Yemma Tadrart, la merveille ne peut se visiter qu’en partie par souci de sauvegarde et par le manque de moyens d’aménagement du site. Au visiteur qui entre à l’intérieur, il aura tout le plaisir d’admirer des spéléothèmes, en outre les stalagmites et les stalactites. Des bouts de doigts qui se rejoignent, après tant d’année, une pure méditation sur l’amour, la rencontre entre deux choses unies à la fin jusqu'à leurs disparitions, une rencontre par les forces naturelles. Combien la nature est belle ! Hélas ces spectacles naturels risquèrent de disparaître à jamais, car la pollution causée par les émanations des véhicules en circulation dans le tunnel pénètrent à l’intérieur de la grotte magique par des fissures. De plus avec la buée humide, un environnement acide se crée et risque de détruire à petit feu l’œuvre qui n’est pas en chair et en os mais en calcaire. Le chemin vers la petite hauteur de Yemma Tadrart permet de bien apprécier le paysage, en face, la ville d’Aokas avec son immense plage de galets et de sable, juste sur le côté, Yemma Gouraya qui abrite Bgayet « Bougie ».

Il est possible de s’arrêter dans cette ville pour boire une bière fraîche et déguster un plat de poisson avant de faire demi-tour vers Bgayet ou décider d’avancer plus loin vers la Corniche Kabyle où le spectacle redouble de ferveur…
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Khelifa, Heidelberg, 13 sept. 09

lundi, septembre 07, 2009

Question d'écologie en Kabylie

La question de l’écologie en Kabylie est aujourd’hui au cœur de toutes les préoccupations.
RADIO-PAYS (93.1 FM), radio associative dédiée aux Langues et Cultures de France, a lancé le débat ce dimanche 6/09 : "il s'agit aujourd’hui de sensibiliser sur le recueil des ordures ménagères, pour une journée de volontariat, avec l’aide des responsables locaux, de la mise en place de services de ramassage des ordures et acheminement vers des décharges publiques spécifiques, le nettoyage des broussailles et élagage des arbres des forêts afin d’éviter les incendies, rendre les plages accessibles... "
Dans le cadre de cette émission spéciale sur l’écologie en Kabylie, il y a eu de nombreux témoignages et interventions. Interrogé par Hamid (journaliste et présentateur de l’émission), Hacène Hirèche est intervenu pour apporter son analyse.
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Retranscription de passages de l'émission :

Hamid : Quand on entend comme ça des gens qui en quelque sorte ont pris conscience de ce problème d’écologie en Kabylie, selon toi, est-ce que c’est jouable ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour cette Kabylie ?

Hacène Hirèche : C’est une question extrêmement délicate et difficile. Je pense qu’il n’y a pas de problème sans solution. Pour répondre à ta question, en français, c’est une question tellement vaste, tellement moderne. D’abord il faut savoir que le problème écologique de chez nous, donc de la Kabylie en particulier mais aussi de l’Algérie d’une façon générale, je dirais même des pays du Sud, il faut savoir qu’il y a plusieurs facteurs. Ces facteurs, à partir du moment où on peut y réfléchir, les cerner, à ce moment là, peut-être qu’un début de solution pourra effectivement venir.
Il faut savoir que par exemple rien que pour la seule ville de Tizi Ouzou, fin des années 60 début des années 70, Tizi Ouzou était une ville de 30 000 habitants, aujourd’hui il y a plus d’un demi million d’habitants, et donc déjà cette problématique de la démographie est un facteur absolument important.
Second point : les besoins des années 1970 ne sont pas ceux de 2009- 2010, donc en plus depuis les années 85-90, avec la libéralisation de l’économie il y a une course à la consommation de façon absolument effrénée et c’est tombé du jour au lendemain, on est passé d’une économie de pénurie à une économie de surabondance, ce qui fait que cette économie de surabondance, avec des besoins énormes, qui augmentent d’année en année, fait qu’il y a forcément des déchets, des déchets d’emballage, des déchets de nourriture, des déchets industriels, des déchets médicaux, des déchets de toute sorte. Et rajoutez à cela le problème de civilité.
La population, début des années 70, étaient autour de 12 millions d’habitants, je n’ai pas le chiffre en tête, mais il faut savoir que là aujourd’hui l’Algérie a 33 millions d’habitants et donc notre région, qui est une des premières régions qui a la plus grande densité de population. Il faut savoir que par exemple la région de Fort National, donc Michelet, ça rivalise avec les régions les plus peuplés de Chine au niveau de la densité de population, donc tous ces phénomènes, rajoutés évidemment depuis, à une pénurie d’eau et une école « sinistrée », comme le dirait le président Boudiaf, fait qu’on ne prend pas en charge l’environnement immédiat, ni l’environnement de l’école, ni l’environnement de la famille, ni l’environnement de la cité, ce qui fait que l’école n’enseigne plus la responsabilité sociale et on assiste aujourd’hui justement à l’incivilité parce que précisément dans notre société il n’y a plus de responsabilité sociale.
D’un point de vue évidemment politique, psychologique, économique, sociale, on est passé d’un système où l’état régule tout, est censé régler tout, et aujourd’hui il a évidemment laissé tomber des pans entiers de la vie économique, sociale, politique, etc… Il est om-ni-pré-sent et partout-absent. Il est omniprésent au niveau répressif, au niveau idéologique, au niveau dogmatique. Il est absent au niveau de l’action, au niveau de la civilité, de l’éducation, etc., ce qui fait que les éco-systèmes sont mis en difficulté.

Hamid : Mais, est-ce que c’est possible d’avancer dans cette problématique ou non ? Votre avis par rapport à ça ?

Hacène Hirèche : Oui, je pense que si on en parle, c’est parce qu’on peut avancer. Il n’y a pas de problèmes sans solution, évidemment après, qu’est qu’il faut faire ? […]

Hamid : Vu de loin, oui, c’est peut-être faisable mais dans la réalité c’est tout autre chose, ce n’est pas ce qui se passe sur place.

Hacène Hirèche : Oui, en fait, tu sais Hamid, on n’est pas au même niveau qu’en Europe, donc nous aujourd’hui, le débat porte beaucoup plus sur des choses déjà simples, déjà au niveau des ordures ménagères, parce que c’est ça qui jonche le sol partout, qui se retrouve sur les routes effectivement, sur des lieux de vélégiatures, des lieux qui auparavant servaient justement d’endroits où les gens se promenaient et se reposaient, etc, dans les rivières, les montagnes, les forêts, etc… Aujourd’hui on laisse les déchets un peu partout, donc déjà ce que j’ai entendu des maires, il y a le problème effectivement des terrains. J’ai même assisté à des confrontations du côté d’Azazga, du côté de Tigzirt, une confrontation entre le maire, le chef de daïra et la population. De ce que j’ai entendu, ce que j’ai vu sur place et puis j’ai discuté avec beaucoup de gens de là-bas qui étaient en effervescence, le problème n’est pas de trouver un terrain pour le centre d’enfouissement technique, comme on les appelle aujourd’hui là-bas, le problème c’est que la population n’a pas confiance. Ils me disaient vraiment en termes très claires : « oui aujourd’hui on va laisser un centre d’enfouissement technique, des ordures ménagères à côté de chez nous, mais nous savons que l’Etat ne fait pas de suivi. Au bout de 6 mois, 1 ans, ça va être un lieu malheureusement à l’abandon, et qui sera générateur de maladies, de souffrances, etc.. , de mal-vie. » Donc il y a véritablement un problème de confiance entre les pouvoirs publics et la population. La première sensibilisation, c’est peut-être celle-là, c’est : comment les pouvoirs publics pourront enfin commencer à réduire le fossé entre eux, entre les politiques et la population, entre les administrateurs et les administrés. A partir du moment où il y a aura ce gain de confiance, à mon avis, les terrains se trouvent dans pratiquement chaque commune, il y a des terrains qui appartiennent à la commune, etc, et les techniciens, on en a là-bas, pour savoir si c’est des sols adéquats pour ça ou pas, donc réduire le fossé qu’il y a entre les administrateurs et les administrés, ça c’est un premier problème, un manque de confiance. Moi j’ai vu des villages se révolter parce que précisément ils savent qu’au bout de quelques mois ils vont vivre à côté d’un dépotoire.
Le second point, concernant la population, c’est qu’est ce que chacun de nous peut faire ?
Moi par exemple, quand je vis là-bas, c’est très simple, je trie chez moi, à la maison. Je jette tout ce qui est biodégradable – les épluchures de légumes, de fruits, etc..- dans la nature, chez moi, di tmazirt, dans le jardin. Ce qui peut être brûlé, je le brûle et puis par exemple tout ce qui est en boîte en aluminium, etc, je les stocke, je les brûle au fur et à mesure plusieurs fois et d’ailleurs les arbres ont eux même besoin de fer, et donc quand ça devient vraiment très friable, je les casse autour des arbres. Et pour les bouteilles : pour les bouteilles de vin, je les rends au marchand de vin, en plus c’est consigné ; pour les bouteilles de bières, je les casse vraiment en petits morceaux, je les jette dans un endroit où la mer n’est accessible à personne, en fait ça devient du sable comme ça a été. Les bouteilles sont faites avec du sable et donc elles reviennent en fait à la nature, donc ça ne pollue pas le verre Je dis cela parce qu’à chaque fois, on commence par parler des bouteilles, etc… Ce n’est pas ça le vrai problème, c’est effectivement les sachets en plastique, les bouteilles en plastiques, etc… sachant que le plastique peut vivre des dizaines et des dizaines d’années et certains plastiques même des centaines d’années, et en plus là où ils sont, ils étouffent la nature, que ce soit dans l’eau ou dans la nature, etc. Là c’est vraiment dégradant !

Hamid : Il y a plein d’avis. Quand tu entends ça, t’as envie d’avancer un peu plus, qu’est-ce que tu en penses, Hacène ?

Hacène Hirèche : Ce que cela inspire, c’est que c’est un problème qui touche beaucoup de monde et il y a donc une conscience autour de ça. Maintenant la difficulté c’est que dans un pays comme le nôtre, il y a des priorités. Or aujourd’hui, l’écologie, la santé publique, ce n’est pas la priorité ni de l’Etat ni des collectivités régionales etc.. , toutes les institutions étatiques.
Si aujourd’hui on mettait la même énergie à faire connaître les problèmes écologiques au sens large du terme, si on mettait la même énergie par exemple que autour du hadj, du pèlerinage à la Mecque, demain il n’y aurait plus de poubelles qui traînent et qui débordent, etc... il n’y aurait plus d’ordures qui jonchent le sol. Donc tout est question de priorité. Aujourd’hui il y a un certain nombre de catastrophes : catastrophe nationale, catastrophe industrielle, catastrophe écologique, etc, mais aujourd’hui de quoi on parle ? Moi j’ai vu à la télévision, à la radio de l’Etat, que ces problèmes sont tout à fait marginaux, alors aujourd’hui on fait la publicité à ceux qui détiennent le pouvoir, c’est le va-et-vient de tel ministre, du président, des pèlerins,… Tous les médias sont braqués là-dessus et je pense qu’il va falloir véritablement un courage politique pour faire un virage et malheureusement ce n’est pas demain. Pour créer un parti politique ou une association, on est confronté à des problèmes monstrueux au niveau de l’administration, aujourd’hui par exemple si un groupe d’hommes et de femmes veulent créer un parti politique écologique, eh bien ce n’est pas demain qu’ils auront leur agrément.
Comment ça s’est passé en Europe ? Aujourd’hui tous les partis politiques de gauche de droite parlent d’écologie, ce n’était pas le cas il y a une vingtaine d’années, il a fallu qu’il y ait création de partis Verts pour que de gauche à droite on commence à parler de développement durable ainsi de suite,... Donc c’est absolument global.

Hamid : Je sais qu’avant de faire cette émission je vais me confronter à ces problèmes politiques, etc... mais dans l’urgence, est-ce que l’idée c'est d’abord d’unir cette diaspora kabyle en France et d’ailleurs et de réfléchir ensemble ? La solution, minime peut-être, c’est maintenant cette prise de conscience de là ar Tmurt, déjà si on arrive à diminuer un peu ces déchets, c’est déjà pas mal. Est-ce que tu trouves ça comme bonne solution ? même si je sais encore une fois que ce changement ne pourra venir du politique, mais dans l’urgence on sait qu’il faut faire quelque chose.

Hacène Hirèche : Oui je pense que si il y a une vaste campagne à partir d’ici, du Canada, de la Belgique, ou d’ailleurs, donc de la diaspora comme tu le dis, je pense ça peut déteindre effectivement sur un ensemble de structures nationales et régionales au pays et on voit bien, à écouter les maires que tu as eu au téléphone, et puis les universitaires que tu as eu au téléphone, qu’ils sont tout à fait conscients des problèmes, donc ils ont besoin d’un soutien. Aujourd’hui, en attendant la prise de conscience du politique, il faudrait que chacun de nous fasse très attention. Moi ces vacances, là au mois de juillet août, j’y étais pendant deux mois, j’ai plusieurs fois suivi des voitures sur la route et des passagers de grosses bagnoles toutes neuves qui jetaient des sachets en plastique, des bouteilles en plastiques, des bouteilles en verre, etc… à travers les vitres des voitures ! Je me suis même amusé, je me suis dit : tiens je vais arriver là-bas peut-être que je vais carrément le dire dans des émissions de radio, de télévision, donner l’immatriculation de ces voitures. Je les ai retenu, je les ai noté les voitures qui étaient devant moi, qui jetaient à travers les vitres des ordures sur le bas côté des routes. C’est monstrueux ! Il ne suffit pas d’acheter de grosses bagnoles et de rouler carrosse comme dirait Jacques Brel pour le paraphraser : « Petite tête, grosse bagnole » pour montrer que ça y est on a réussi. On a réussi quand justement il y a une espèce de responsabilité sociale de se dire qu’est-ce-que moi je peux faire à mon échelle, là où je suis, partout où je suis pour que justement je puisse protéger la nature, la cité, le village, la ville, etc. Je crois qu’il y a un travail tous azimut à faire aussi bien au niveau individuel, au niveau collectif, au niveau des associations, des communes, des ministères, etc.., c’est un ensemble, c’est systémique.

Hamid : Donc dans l’urgence, on a pensé à faire des autocollants « pour une Kabylie propre ! », c’est ce que d’ores et déjà on va préconiser et peut-être petit à petit des idées vont arriver et je laisse le mail de la radio – lavoixberbere@radiopays.org ou kabyliepropre@hotmail.fr – pour qu’on nous donne un peu plus d’idées mais au fur et à mesure j’espère qu’on arrivera d’une à mobiliser toute la Kabylie pour une journée de volontariat, c’est déjà ça, et puis, par la suite, je promets même à la radio que l’on ne va pas s’arrêter là puisqu’il y aura d’autres émissions et d’autres mobilisations, quitte à passer vraiment du temps pour que cette Kabylie redevienne comme elle était dans le temps.

Radio-pays 93.1 F.M
http://www.radiopays.org/

 
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