samedi, janvier 17, 2015

Aseggas Ameggaz 2965




Dans un article paru dans le journal Liberté, Hacène Hirèche évoque l'origine de Yennayer et sa référence culturelle : " Yennayer est une fête avant tout reliée aux cycles agraires dans le bassin méditerranéen. Son caractère berbéro-romain est une hypothèse forte. Certaines divinités sont communes aux cultures.  Dans notre tradition, il correspond “aux portes de l’année” (tibbura useggas) qui annoncent les changements dans une perspective heureuse. C’est la raison pour laquelle les familles améliorent leur repas à cette occasion. La date du 12 janvier relève, quant à elle, d’un savant calcul lié aux équinoxes, à la rotation des astres.
Pour la date de 2965, elle se réfère à la victoire du roi amazigh Chachnaq sur les pharaons. Il a pris le pouvoir en Egypte pharaonique, et l’association Union du peuple amazigh, proche d’Agraw imazighen (Académie berbère de Paris) et dirigée par le Chaoui Amar Négadi, en a fait une date symbolique de départ de notre ère. C’est tout à fait judicieux parce que cela permet de récupérer un pan entier de notre histoire ancienne.

Yennayer est célébré dans toute l’Algérie et au-delà dans la région nord-africaine. Il est le produit de notre culture ancestrale, et à ce titre, il traverse les siècles. Il est porteur de marqueurs historiques, anthropologiques et surtout psycho-généalogiques qui révèlent la vraie histoire de notre pays, loin des politiques de travestissement que les pouvoirs successifs et leurs idéologues nous ont imposées depuis 1962. C’est dans ces moments de communion que les Algériens retrouvent tous de façon consciente et inconsciente leur appartenance commune à l’amazighité.  C’est la culture vécue au service de l’histoire, et c’est une forme de résistance aux tentatives de déculturation et de dépersonnalisation. Il est donc important d’acculer le pouvoir jusqu’à faire de cette journée du 12 janvier une fête nationale pour que les enfants d’Algérie retrouvent leur patrimoine dans la cohérence et la convergence. C’est important pour leur équilibre psychique et c’est important pour l’union et la cohésion sociales. Il y va de l’autonomie culturelle du pays vis-à-vis de puissances qui cherchent à soumettre l’Algérie à des rapports de vassalité. C’est le cas de l’Egypte nassérienne et des monarchies pétrolières du Golfe."

Source : http://www.liberte-algerie.com/actualite/cest-a-letat-de-repondre-aux-besoins-de-la-societe-217996/


mardi, janvier 13, 2015

Dernier hommage à Mustapha Ourad le 13 janvier à Paris


Mourad Ourad est originaire d' At Yanni en Kabylie il travaillait comme correcteur au sein du journal satirique Charlie Hebdo. Apprécié pour sa connaissance des subtilités de la langue française, ce journaliste avait une passion pour la littérature et la philosophie. Des associations kabyles lui rendent hommage ainsi qu'à toutes autres les victimes.

Portrait :  https://www.kabyle.com/articles/mustapha-ourrad-droiture-morale-haute-culture-gentillesse-intelligence-23971-08012015
Source : http://www.rezki.net/Mustapha-Ourad-dernier-hommage-a.html

dimanche, janvier 11, 2015

Solidarité avec les rédacteurs du journal satirique Charlie Hebdo

Comme c’est dur de perdre autant d’hommes et de femmes, leurs noms résonnent aujourd’hui dans nos têtes, cette liste est effroyable : il y a Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Wolinski, Philippe Honoré, dessinateurs au journal satirique de Charlie Hebdo, Bernard Maris, économiste et enseignant à l'université Paris 8. 

Mais il y a aussi Mourad Ourad, correcteur à Charlie Hebdo qui viendrait de Kabylie, Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse, Michel Renaud, un invité de la rédaction, venu de Clermont-Ferrand pour rendre certains dessins à Cabu, Fréderic Boisseau, un employé chargé du nettoyage, Ahmed Merabet, policier, d'origine kabyle, Franck Brinsolaro, officier du service de la protection chargé de la protection personnelle de Charb. Sans compter les blessés graves qui ont été touchés par cette attaque meurtrière et qui ne pourront peut-être plus vivre comme avant. Il y a aussi les victimes des attentats de Montrouge et de la Porte de Vincennes...

Parce qu’ils étaient des libres-penseurs, parce qu’ils étaient comme des résistants et qu’ils faisaient des petits dessins pour nous arracher un petit sourire face à la connerie humaine face aux intégrismes face aux extrémismes,  ils ont été volontairement assassinés. Parce que des gens pensent encore aujourd’hui qu’en exterminant des dessinateurs, ils vont en finir avec des gens qui peuvent s’exprimer et qui ne pensent pas comme eux. Toutes mes pensées vont vers les familles et les proches de ces victimes qui ne méritent pas de vivre cela.  

Je pense qu’il est naturel de rappeler qu’en Algérie, il y avait Tahar Djaout, il y avait Lounès Matoub. Parce qu’ils étaient libres, parce qu’ils s’exprimaient en écrivant ou en chantant pour dénoncer, ils l’ont payé de leur vie et  ils ont été éliminés par des extrémistes avec la complicité de l’Etat algérien. Je pense aussi à eux parce qu’ils sont aujourd’hui dans l’oubli aux yeux de la communauté internationale. Et le comble c'est que les représentants de l'Etat algérien défilent actuellement même sur les rues de Paris alors qu'ils continuent à massacrer le peuple berbère, interdisent toute marche pacifique et accélèrent l'islamisation du pays et l'arabisation. Quand l’intégrisme avait commencé à se développer dans les années 80, les Kabyles étaient les premiers à dénoncer la montée de l’intégrisme et à manifester dans la rue. Quand les intégrismes religieux ne concernaient que l’Afrique et le Moyen-Orient, personne ne s’en inquiétait vraiment en Europe ou aux Etats-Unis, mais dès lors que ces intégrismes se sont externalisés en Occident et aux Etats-Unis, les réactions sont perceptibles aujourd’hui. Alors comment peut-on expliquer aujourd’hui depuis cette tragédie du mercredi 7 janvier 2015 que des hommes endoctrinés entrainés d’autant plus français aient pu commettre de tels actes ?  Comment expliquer que cela puisse être possible ? La France a-t-elle échoué dans sa politique d’intégration des jeunes issus de différentes communautés ? Un constat : un trop grand nombre de jeunes se retrouvent aujourd’hui sans emploi et livrés à eux-mêmes et là c’est la porte ouverte à tout : drogue, religion, intégrisme ou extrémisme. Ces jeunes n’appartiennent plus à leurs familles. Ils ont la haine et se dirigent vers des idéologies dangereuses qui leur font croire en n’importe quoi et leur volent leur cerveau jusqu'à la moelle épinière. Comment se fait-il qu’en France on soit passé de la présence d’une mosquée à la construction de 2500 mosquées ? Comment se fait-il qu’on ait laissé des associations religieuses s’installer en France ? Alors même que les premiers migrants, les parents qui sont venus s’installer dans ce pays savaient qu’ils s’installeraient dans un pays libre et laïc et qu’il n’y aurait pas de place pour la religion. Pourquoi ce laisser-faire ? Pourquoi avoir laissé entrer librement la sphère religieuse à travers les associations à caractère religieux ? Il y a cette tendance à penser à tout le monde sauf aux athées, aux laics. De plus pourquoi les Américains ont-ils fourni des armes aux talibans dans les années 80 pour combattre les Russes ? Pourquoi avoir introduire l'arme ? Face à ces intégrismes et extrémismes montants, personne n'a de solution ni d'explication, le problème est bien trop complexe pour l'expliquer en si peu de lignes et pour le solutionner.

Les Nord-Africains berbères, les Kabyles, et les Kabyles de France ont dénoncé et ont combattu les idées de l’islamisme radical depuis des décennies et ils continueront de le faire tant que ces idées empoisonnent nos vies et tuent des personnes innocentes et libres.

Ils dénoncent avec la plus grande vigueur l’assassinat d’hommes de presse et d’artistes et d’hommes politiques dont les convictions sont dédiées au service de la démocratie et de la laïcité qui sont les valeurs que nous défendons tous. L’heure est à la solidarité devant cet acte de barbarie perpétré en France au journal Charlie Hebdo mais sans les criminels responsables ! Que cessent tous ces crimes contre ces personnes innocentes !

 Article paru dans le journal "Libération" du 8 janvier 2014

 
Free counter and web stats