mardi, décembre 28, 2010

Proverbes berbères de Kabylie - Inzan

Rubrique Mensonge, méchanceté, hypocrisie, extraits de « Inzan - Proverbes berbères de Kabylie » :
-
Ayen yellan di teccuyt ad t-id yessali uɣenja

Ce qui est dans la marmite, la louche le fera remonter.

Une louche fait remonter à la surface tout ce que peut contenir une marmite assez profonde. Même si on essaye de camoufler une mauvaise action, un jour tout finit par se savoir.

Ufiɣ tizizwa anect n yezgren, ekkat kan ayen yeteeddayen di teɣrasin

J’ai trouvé des abeilles aussi grosses que des bœufs. Parle seulement de ce qui peut entrer dans les ruchers.

C’est l’histoire de deux fieffés menteurs qui un jour, dans un village, racontaient des histoires rocambolesques. A la fin, l’un d’entre eux s’écria : « Vous savez, hier j’ai rencontré des abeilles aussi grosses que des bœufs ». Et son acolyte d’ajouter : « Ah ! si seulement elles pouvaient entrer dans les ruchers ! »
Plus un mensonge est gros, plus il a des chances de passer.

Yuker hedreɣ,
yeggul umneɣ

Il a volé, je l’ai vu,
Il a juré, je l’ai cru

Le voleur jure qu’il n’a pas volé et son aplomb en impose même à ceux qui l’ont vu voler. On applique ce proverbe à quelqu’un qui se tire d’un mauvais pas en mentant effrontément, ou qui réussit à s’imposer par l’usage de la ruse et du mensonge.

Nnecraha n uɣyul d-aɣzaz

La plaisanterie de l’âne c’est de mordre.

Les ânes mordent fréquemment. Ils le font pas jeu. C’est pour eux une façon de montrer leur affection. Ce proverbe implique l’idée d’une plaisanterie de mauvais goût ou d’un jeu affectueux qui se termine par un geste maladroit ou brutal.

Awal d-awal kan, tisusaf d-aman kan.

Les insultes ne sont que des mots,
Les crachats ne sont que de l’eau.

Il faut ignorer les paroles blessantes.

Tayri n tyazit
Ur nesei tibbucin

Amour de poule
Qui n’a pas de seins.


On le dit d’une personne qui aime en parole mais guère en acte.

Ur ettamen asif asusam

Méfie-toi d’une rivière silencieuse

Le silence cache presque toujours un danger. Il faut se garder des hypocrites. Cf fr « Méfie-toi de l’eau qui dort ».

Ces proverbes ont été rapportés par Sakina Aït-Ahmed-Slimani (linguiste) dans son ouvrage paru aux éditions L’Harmattan en 1996.

Préface du livre « Insan – Proverbes berbères de Kabylie »:
Ces proverbes, outre leurs traits poétiques et métaphoriques, donnent une bonne illustration de la vie quotidienne et reflètent certains aspects culturels d’un peuple. Pour fustiger les bavardages inutiles, on compare une « langue bavarde » à « un agencement de pierres qui s’écroulent ». On respecte le bien d’autrui mais on cherche à sauvegarder ses propres intérêts. On critique les égoïstes et les richesses trop voyantes. On dénonce l’injustice et on vole au secours de celui qui a été mal récompensé. Au besoin, on fait parler certains animaux (l’âne, le bœuf, le chacal, la jument, le chien, le serpent) pour mieux blâmer l’ingratitude ou la méchanceté. On loue l’économie et le travail, on dénonce ceux qui profitent du labeur d’autrui. L’intelligence et la vivacité d’esprit, du courage et la prudence sont bien vus, au besoin on approuve la ruse. Les paroles méchantes « ne cessent de creuser » alors qu’une « blessure creuse mais guérit », mais souvent il faut composer avec « les insultes qui ne sont que des mots ». On condamne les faux-dévots et ceux qui quémandent mais offre de la nourriture à l’indigent du village ou au mendiant de passage. On égratigne les étrangers venus s’installer par l’usage de la force et qui cherchent ensuite à imposer leurs lois.

mardi, décembre 21, 2010

L'Amoureuse (de Paul Eluard)


Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Extrait de "Capital de la Douleur"

lundi, décembre 13, 2010

Liberté - Poème de Paul Eluard


Liberté est un poème que l'auteur français Paul Éluard a écrit en 1942 comme une ode à la liberté, face à l'occupation de la France par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit en fait d'une longue énumération de tous les lieux, réels ou imaginaires, sur lesquels le narrateur écrit le mot « liberté », qui donne son titre au poème.
Il est constitué de vingt-et-un quatrains tous formés, à l'exception du dernier, sur une structure identique : les trois premiers vers débutent par l'anaphore « Sur... » suivie d'un complément de lieu, et le dernier vers est un refrain : « J'écris ton nom », en référence à la liberté.

Historique :

Le titre initial du poème était Une seule pensée. « Je pensais révéler pour conclure le nom de la femme que j’aimais, à qui ce poème était destiné. Mais je me suis vite aperçu que le seul mot que j’avais en tête était le mot Liberté. Ainsi, la femme que j’aimais incarnait un désir plus grand qu’elle. Je la confondais avec mon aspiration la plus sublime, et ce mot Liberté n’était lui-même dans tout mon poème que pour éterniser une très simple volonté, très quotidienne, très appliquée, celle de se libérer de l’Occupant », a confié Éluard.
-

Paul Eluard - Liberté j'écris ton nom

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orages
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.



lundi, octobre 18, 2010

Résistances en France : Grève mardi 19 octobre 2010 à 13h30

Couverture du Parisien du 20/10/2010 -

Autocollant

Manifestation à Paris pour les retraites et le ras-le-bol du sarkozysme/capitalisme.

Trajet / Parcours : départ 13h30 de Place d'Italie en direction d'Invalides

Deux parcours :
Parcours 1: FSU - Jeunes - CFTC - CGTPl. d'Italie, bd gobelins, bd Port-Royal, bd Montparnasse, bd Invalides, Invalides
Parcours 2: CFE/CGC - CFDT - Solidaires - UNSA - FOPl. d'Italie, bd Blanqui, pl. Denfert-Rochereau, bd St Jacques, bd Pasteur, pl. de Catalogne, av. de Breteuil, pl. Vauban, Esplanade des Invalides


Source : http://www.demosphere.eu/node/20711

Autres photos : http://www.citizenside.com/fr/photos/manifestations/2010-10-19/30533/slogans-de-la-manifestation-du-19-octobre-a-paris.html

jeudi, octobre 07, 2010

L'entreprise : humiliation, dépression, démission..

Les Inrockuptibles : Article du 22/09/2010

Témoignage d'un directeur régional de France Telecom

Document distribué pendant les stages de management pour suivre l'état psychique du salarié après l'annonce de sa mutation :


Un ancien directeur régional raconte le plan machiavélique de l’entreprise pour faire partir 22 000 personnes du groupe sans avoir à les licencier.

C’était en 2006. La femme, cadre supérieure chez France Télécom, entre comme une fusée dans le bureau de son supérieur hiérarchique :
“Je te préviens, ici, il n’y a ni micros ni caméras. Je suis mandatée au plus haut niveau pour te dire que tu n’as plus rien à attendre de l’entreprise. On fera tout pour que tu partes, sinon, on te détruira !”
Puis elle sort du bureau, laissant son chef, Christian, halluciné. Ce directeur régional de France Télécom, qui dirigeait 13 000 personnes, a longtemps hésité avant de nous raconter ce qui va suivre. Il a 57 ans. Il sait qu’il est le premier responsable à révéler ce qu’il a vu dans son entreprise. Ce qu’il décrit ? La mise en pratique, au sein du groupe France Télécom Orange, d’un management qui fait souffrir les salariés. Ce mois de septembre, cinq d’entre eux se sont encore donné la mort, portant à cinquante-huit le total des suicides depuis trois ans.
Christian se souvient du jour, en 2004, où deux cents cadres et directeurs se sont retrouvés à Paris dans un amphithéâtre.
Didier Lombard, le pdg de l’époque, leur présente le nouveau visage de l’entreprise :
“Je vous préviens : les choses vont changer ! Je viens vous présenter ma nouvelle équipe. Elle va jouer dans un registre que vous ne connaissez pas : ça va être ‘le bon, la brute et le truand’. Le bon, il n’est plus là. La brute, continue-t-il en désignant le numéro 2 du groupe, Louis-Pierre Wenes, c’est lui. Et le truand, pointant du doigt le DRH Olivier Barberot, le voici !”

Derrière la blague, Didier Lombard annonce le scénario pour les trois ans à venir : faire partir 22 000 personnes du groupe sans avoir à les licencier.
Voici la recette : on incitera des salariés à démissionner ; on en mutera dans d’autres secteurs de la fonction publique ; on signera des congés de fin de carrière. Dans la salle, Christian est bon public. Le rachat d’Orange en 2000 a plombé les comptes. La concurrence est féroce. Pour survivre, il faudra bien réduire les effectifs. Christian sait qu’il va recevoir des directives pour réaliser le projet du pdg : le plan Next.
Quelques jours plus tard, cinq ingénieurs qu’il dirige sont appelés à Paris pour suivre un stage de management. Le jour de leur départ, Christian voit l’un d’eux, Philippe, embrasser son collègue et proche ami Serge.
Dix jours plus tard, Philippe revient de son stage.
“Au premier regard, se remémore Christian, je vois qu’il n’est plus le même. Il me regarde différemment. Il nous regarde tous différemment.”
Philippe retrouve son ami Serge au déjeuner, qui lui demande comment s’est déroulé son stage.
“Je t’expliquerai les nouvelles règles, répond Philippe. Je passe manager. Tout doit changer. – Comment ça, tout doit changer ? – Tu le verras rapidement. Selon nos patrons, on est trop nombreux ici.”
Informé de cet échange, Christian convoque Philippe pour une explication. Elle se déroule dans le bureau de Christian, avec sa table en verre, son canapé, sa table basse ; mobilier corporate lisse et froid comme un bar à sushis. Christian harponne Philippe :
“Tu as dit à Serge qu’on était trop nombreux, ici. Ça veut dire quoi ? – Toi qui es dans la hiérarchie, tu dois connaître : c’est le plan Next. Je fais partie des quatre mille qu’on a sélectionnés pour l’appliquer sur le terrain. J’ai un objectif clair : dans trois mois, on doit être dix ingénieurs de moins sur les trente que nous sommes.”
Pour virer les dix ingénieurs, Philippe annonce :
“On va leur faire comprendre que l’entreprise est en guerre et que dans toute guerre, il y a des morts. Et que bouger, accepter le changement, c’est la vie. – C’est ça qu’on t’a appris dans le stage ? – Entre autres."
Devenu manager, Philippe applique dans son équipe le plan Next. L’open-space qu’il anime est tourneboulé comme un cube. Stéphane, invisible ingénieur d’une équipe commerciale, dirige soudain Rodolphe, qui était son supérieur la veille. Thierry, un cadre qui refuse la promotion qu’on lui impose, se voit rétrogradé et placé sous l’autorité d’un de ses subalternes. Philippe ordonne, place et déplace les employés. Dans l’openspace, on commence à se regarder de travers.
Des camps se forment.
On se parle moins à la cantine.
Dans son bureau, Christian reçoit des appels de sa direction parisienne.
“On me conseille de fixer des objectifs inatteignables, pour pouvoir dire au collaborateur : ‘Je suis désolé, mais là, on ne peut plus continuer avec toi’…”
Peu à peu, des infos lui parviennent des boutiques, des centres d’appels, des open-spaces chamboulés par le plan Next : ça va mal. Les salariés commencent à faire des dépressions. Des formules comme “au bout du rouleau”, “envie de suicide” remontent jusqu’à lui. Il décide d’alerter Paris et envoie des e-mails à la DRH du groupe.
Christian ne reçoit aucune réponse. Jusqu’à ce matin de 2006 où Simone, membre de son équipe d’encadrement, débarque en trombe dans son bureau pour lui déclarer que sa hiérarchie ne veut plus de lui.

A dater de ce jour, des cadres sous les ordres de Christian passent devant lui sans le regarder. Il se demande comment Philippe, bon et solidaire, a pu devenir en dix jours un manager capable de muter, tel un pion, un collègue avec qui il déjeune à midi. Il imagine de redoutables techniques de lavage de cerveau.
Il en parle à Oscar, un cadre de la direction parisienne du groupe, qui lui a gardé son amitié. Christian ne peut pas mieux tomber : Oscar a participé au fameux stage où l’on a formé Philippe aux techniques pour mobiliser les employés et leur “faire accepter le changement”.
Un soir, loin des bureaux, Oscar lui donne les fiches pédagogiques qu’il a reçues comme Philippe lors de leur stage parisien dans les locaux d’Obifive, une société internationale de coaching en management. Il découvre un curieux schéma. Un plan de la bataille d’Angleterre de 1940, qui vante la “précision” et la force de “l’exécution conf¡orme” des avions de chasse allemands. Intrigués, nous demandons un rendez-vous à Céline Lerenard, la directrice associée d’Obifive :
“Ce n’est pas un peu bizarre, de comparer les concurrents de France Télécom à des avions allemands ? – Vous avez mal compris. On voulait faire ressortir la solidarité qui existait entre les pilotes et les mécaniciens de la Royal Air-Force. – Pardon, mais ça, ça n’est écrit nulle part. Ce qu’on voit, ce sont des avions de la Luftwaffe bombardant des villes en Angleterre. – Alors vous avez mal compris.”
Des témoins, des employés de France Télécom qui ont participé au stage, racontent une autre histoire :
“Les formateurs expliquaient que nous étions en guerre. D’abord, on nous montrait l’Angleterre prise en tenailles par les nazis. Ensuite, on nous montrait Orange prise en tenailles par Free, par Bouygues et par Nokia…”
Nous rencontrons Bruno Diehl à Paris. Conseiller en management de l’équipe du pdg de France Télécom jusqu’en 2007, il a écrit en mai 2010 un livre montrant comment, à partir de l’an 2000, un management déshumanisé a plombé l’entreprise. Diehl était en relation avec des formateurs qui animaient les stages de management. Il nous décrit des stages efficaces et vivants, concrets, pleins d’exercices pratiques inspirés de la réalité.

Par exemple, on proposait aux stagiaires de réduire de moitié les effectifs de leur plate-forme : vingt-cinq personnes à faire partir. Sur ces vingt-cinq, l’une avait une mère atteinte d’une maladie grave. Il va la voir chaque jour et sa mutation doit l’envoyer à plus de 100 kilomètres.
Exercice : “Comment vous y prenez-vous pour le faire partir ?”
Après quoi, le formateur donnait la réponse. Il faut, disait-il, faire comprendre avec humanité l’importance de ce choix : soit le collaborateur emmène sa mère avec lui, soit il démissionne pour rester auprès d’elle.
“Culpabilisé, le collaborateur prendra lui-même la bonne décision : démissionner.”
Christian découvre un second document. Celui-là prouve que France Télécom savait que ses employés allaient inévitablement perdre leurs repères, puis leur moral. C’est une belle courbe, signée Orange et Orga Consultants, une autre société de coaching en management.
Elle s’intitule “Les phases du deuil”.
Cet outil devait permettre au manager de comprendre l’état psychique du salarié qui subit une mutation forcée dans une ville éloignée ou dans un autre service.

La “courbe du deuil” définit six étapes :
l’annonce de la mutation,
le refus de comprendre,
la résistance,
la décompression,
la résignation et,
pour finir, l’intégration du salarié.
Le manager est averti :
en phase 3, la “résistance”, l’employé peut se livrer à des actes de sabotage.
Puis en phase 4, la “décompression”, il va chuter dans le désespoir et la dépression.

La légende, sous la courbe, conseille au manager de faire entendre à son employé dépressif que “l’évolution des besoins est à la source du changement”.
En français, que sa mutation est inévitable.

Ces dépressifs programmés, Christian en a repéré plusieurs au sein de la boîte.
Ce que les dirigeants n’avaient pas prévu, c’est que cinquante-huit d’entre eux, au lieu de se laisser accompagner par leur manager jusqu’en phase 6, celle de “l’acceptation du changement”, iraient jusqu’au suicide ou à la tentative de suicide.
Dans son bureau, à Arcueil, Val-de-Marne, nous interrogeons la directrice exécutive adjointe du groupe France Télécom Orange, Delphine Ernotte.
“Qu’est-ce qu’un outil comme la ‘courbe de deuil’ vient faire entre les mains d’un manager ? – Ce qu’on voulait, c’était accompagner au maximum les employés. Mais peut-être était-ce maladroit. – Vous aviez prévu des dépressions : c’est écrit dans les documents. Vous auriez pu prévoir que certains allaient craquer, non ? – Non. On ne l’a pas du tout imaginé.”
Un matin de 2007, Christian est convoqué place d’Alleray, à Paris, le siège du groupe. Sur le courrier recommandé, aucun détail sur le motif de la convocation. Une fois sur place, il cogne à la porte du DRH du groupe, Olivier Barberot, qu’il connaît et qu’il tutoie.
Mais Barberot ne le reçoit pas comme d’habitude. Il le vouvoie :
“Monsieur, vous deviez vous présenter hier, vous ne l’avez pas fait. Cela nous contraint à engager une procédure disciplinaire. A moins que vous n’acceptiez de signer votre départ de l’entreprise.”
Christian écoute le DRH, accompagné d’un assistant, lui vanter l’intérêt d’un départ à l’amiable. Au bout de quelques phrases, Christian explose :
“Je n’imaginais pas que vous étiez capables d’une saloperie pareille ! Vous êtes des salauds mais vous avez gagné : je ne veux plus vous voir. Je ne veux plus travailler avec des gens comme vous.”
Puis, sur ces mots, Christian signe son départ, quitte l’immeuble en pleurant et prend le chemin d’une autre vie. Après la révélation, l’an dernier, du scandale des suicides en série, Olivier Barberot, qui gérait la carrière de 200 000 employés du groupe, a été déplacé au poste de pdg d’une filiale de sept-cent cinquante personnes.
Nous n’avons pas réussi à le joindre pour entendre sa réponse au récit de Christian. Mais nous avons pu parler au téléphone à un communicant du groupe France Télécom Orange. Nous l’informons que Les Inrocks ont recueilli le témoignage d’un de leurs anciens directeurs régionaux, et que celui-ci, pour ne pas exposer sa nouvelle carrière, préfère taire son nom dans l’immédiat.
“Ne connaissant pas ce monsieur, il nous est difficile de répondre à ce qu’il dit avec précision. Des dérives dans la politique d’objectifs ? Oui, il y en a eu. Qu’à un endroit, ça ait pu exister, c’est possible. Mais il ne faut pas généraliser. Cela ne relève d’aucune politique malsaine.”
Ce mois de septembre, les suicides continuent chez France Télécom.
Pour corriger ses erreurs, la direction réforme. Le nouveau pdg, Stéphane Richard, a confirmé la fin des mutations forcées du personnel, le retour à un management plus humain. On nous assure qu’il n’y a plus de contrats avec Obifive et Orga Consultants. Ces sociétés de coaching ne formateront plus les managers du groupe avec la bataille d’Angleterre et la “courbe du deuil”.
-
Source : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-a-france-telecom-humiliation-depression-demission-et-au-bout-le-suicide-58243750.html

jeudi, avril 22, 2010

La Kabylie en route vers sa liberté..

Communiqué du 21/04/2010 :
Proclamation du premier Gouvernement Kabyle Provisoire (GPK)

Le peuple kabyle est une fois de plus au rendez-vous avec l’Histoire.
Depuis l’indépendance de l’Algérie, La Kabylie est confrontée à l’Etat algérien, investi par les « armées des frontières » et leur pouvoir criminel, raciste et antikabyle.
Ainsi, dès 1963, ce dernier mena une guerre contre elle et tua pas moins de 400 de ses enfants en moins de six mois.
La stigmatisation du Kabyle est devenue, au fil des ans, des décenies, la seule constante de la politique interne du régime d’Alger.
Les Kabyles sont, depuis cette date, sournoisement et indistinctement désignés à la vindicte nationale en tant que « séparatistes », « ennemi interne » ou « Juifs »…
Leurs cadres sont bloqués dans leur ascension hiérarchique malgré leurs très grandes compétences. Leurs leaders politiques sont exilés ou assassinés.
Leur langue, leur identité et leur culture sont déclarées subversives dans un pays qu’ils ont pourtant libéré du colonialisme.
Leur territoire n’a pas d’existence légale.
Leur espace social et territorial est livré à une surveillance digne de celle qu’exerçait en son temps, la Gestapo en Europe pour traquer les Juifs.
L’économie de la Kabylie est sabotée en permanence. Le nombre de projets industriels qui lui sont refusés et détournés vers d’autres régions d’Algérie se comptent par centaines, voire par milliers. Ces jours-ci, même une aide de 500.000$ US de gouvernement canadien devant servir à des objectifs écologiques, lui a été refusée.
La Kabylie est soumise à une pratique fiscale discriminatoire pour écumer toute plus value susceptible d’être réinvestie dans son économie.
Quadrillée militairement, elle est livrée à l’insécurité et aux terroristes venant d’ailleurs. Ce sont les citoyens qui, à trois reprises, ont fait libérer des personnes kidnappées par des terroristes pour rançon. On se demande comment se fait-il que la Kabylie qui ne représente que 2% du territoire algérien reçoive 30% des troupes militaires ?
Le territoire boisé de la Kabylie est régulièrement soumis à des incendies qui sont officiellement justifiés au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Il se trouve que ce sont nos oliveraies qui en sont la cible prioritaire.
En 2001, des corps de sécurités algériens ont tiré sur nos enfants faisant, au dernier décompte, pas moins de 127 morts et des milliers de blessés.
Aujourd’hui, c’est avec émotion et gravité que nous jetons un regard sur ce parcours jalonné de luttes et de souffrances quotidiennes, de révoltes et de soubresauts réguliers : 1963, 1980, 1985, 1988, 1994, 1998, 2001.
Cantonnés depuis le « printemps berbère » de 1980, dans une demande strictement linguistique, nous avons franchi le pas de la revendication autonomiste, le jour où le régime algérien, tira sur nos enfants au « printemps noir » en 2001.
En juin 2008, par voie postale depuis un village de Kabylie, le MAK a adressé une demande officielle d’une autonomie régionale aux plus hautes instances de l’Algérie. Elle était assortie d’une proposition d’un référendum pour en vérifier la légitimité.
Une lettre de rappel lui a été envoyée par le biais de l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles, le 25 février, fixant le 20 avril comme date butoir à une réponse officielle.
Le Conseil du MAK en Kabylie en a validé fin mars 2010 la teneur et la proposition de création d’un Gouvernement Provisoire Kabyle, comme cela a été repris dans la déclaration du Comité Exécutif du 03/04/2010.
Cette échéance du 20 avril est aujourd’hui derrière nous.
Conformément à nos mises en garde lancées aux autorités algériennes,
Conformément à nos engagements devant le peuple kabyle,
Respectueux de la volonté de la Kabylie qui a massivement répondu à notre appel aux trois marches de la liberté de ce 20 avril 2010 à Vgayet, Tuvirett et Tizi-ouzou,
En ma qualité de président du Mouvement pour l’Autonome de la Kabylie
J’ANNONCE SOLENNELLEMENT LA CREATION D’UN GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE (GPK).
Il aura pour mission de mettre en place les institutions officielles de la Kabylie et de représenter celle-ci auprès de la communauté internationale. Il durera jusqu’à la reconnaissance officielle de la Kabylie en tant que peuple et en tant que nation par l’Etat algérien.
Son architecture et son fonctionnement sont confiés à une Commission de réflexion présidée par Lyazid Abid.
Pour en renforcer la légitimité, j’ai créé une Commission de Dialogue et de Consultations (CDC) pour prendre langue avec les organisations politiques, le monde associatif et les personnalités kabyles susceptibles de donner noms, avis et conseils pour la constitution de ce Gouvernement dans un délai ne pouvant excéder un mois.
En France, J’en ai confié la responsabilité à Mme Djouhra Abouda.
Elle sera secondée par MM : Idir Djouder, Mouloud Merhab, Dani Ivurrayen
En Kabylie, la présidence en revient à une personnalité dont nous préférons taire le nom pour des raisons de sécurité évidentes.
Un site internet officiel de ce GPK sera rendu public dans les prochains jours.En ce 21 avril 2010, en vertu des responsabilités historiques qui sont les miennes, devant les hommes et devant l’Histoire, je proclame la création du premier Gouvernement Kabyle.
Par cette proclamation, nous confirmons la prophétie de Mouloud Mammeri confiée à la plume de Tahar Djaout :
« Quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple ira ! »
Vive la Kabylie !
Vive le peuple kabyle !
Vive le gouvernement kabyle !
-
Ferhat Mehenni.
-

Sitting devant l'ambassade d'Algérie de Paris

samedi, avril 10, 2010

20 avril 1980 - 2010 : 30ème Printemps berbère

Le "Collectif Tafsut 2010" organise un rassemblement à Place de la République à Paris le dimanche 18 avril 2010 à partir de 14h pour commémorer "Tafsut n Imaziɣen".


-
--
-
-
A quelques jours de la célébration du printemps, Hocine Aït Ahmed rappelle ce que cet événement représente pour lui « Cette date est une fierté historique». Concernant le printemps noir il dira : « les massacres de manifestants lors du printemps noir sont l’œuvre d’un régime Nazi ». Selon lui « Le régime algérien est un régime raciste. Il ne faut rien attendre de lui car il ne fera jamais rien pour aider la Kabylie, ni les autres régions d’Algérie. Les gens du pouvoir ont pillé les richesses du pays sans se soucier de l’intérêt du peuple ».
-
-
Annonce de la création d'un gouvernement provisoire kabyle le 20/04/10 :-

lundi, mars 01, 2010

Un César de plus...

Ce samedi 27/02, lors de la 35ème cérémonie des Césars, Isabelle Adjani reçoit son 5ème César, celui de la "Meilleure Actrice" . Son talent de comédienne est gracieusement récompensé par la profession.

Source photos : http://people.premiere.fr/Photos-people/PHOTOS-Cesar-2010-Isabelle-Adjani-sacree-meilleure-actrice-l-emotion-a-l-etat-pur/(gid)/2231060

Vidéo : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Video/VIDEO-Cesar-2010-Harrison-Ford-Isabelle-Adjani-et-Melanie-Thierry-parlent-de-leurs-recompenses/(gid)/2231725

samedi, février 20, 2010

Festival de Berlin du 19/02

Isabelle Adjani au Festival de Berlin avec toute l’équipe du film pour présenter « Mammuth », une comédie de Benoît Delépine et Gustave Kervern (sortie 21/04).

Source photos : http://www.daylife.com/photo/0fKn6scdbAe0Y

Extraits vidéo du film Mammuth: http://www.daylife.com/photo/0fKn6scdbAe0Y

mercredi, février 10, 2010

Globe de Cristal de la Meilleure Actrice

-
Ce lundi 8/02, Isabelle Adjani recevait un autre prix : le Globe de Cristal de la Meilleure Actrice. Et un de plus !

Alors qu'elle recevait le Globe de Cristal de la meilleure actrice pour son rôle dans le long-métrage de Jean-Paul Lilienfeld La journée de la jupe, la comédienne, vêtue d'une jupe, a rendu hommage à celles qui « se battent contre l'intégrisme, l’ignorance et la violence ».

« Je suis très fière d’être en jupe devant vous ce soir. Fière car cette jupe est un manifeste qui doit être porté. Je rends hommage à ces femmes qui se battent contre l’intégrisme, contre l’ignorance, contre la violence. [C’est un] symbole qui peut nous aider à gagner une bataille contre l’obscurantisme et même contre ce qu’on peut appeler la haine des femmes. ».

Source : http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/adjani-la-jupe-contre-la-burqa-10-02-2010-810230.php

Extrait vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=uNNgmPvFNtA

lundi, janvier 18, 2010

Isabelle Adjani : Sacrée "Meilleure actrice 2009"

Ce vendredi 15/01, à l'Hôtel de Ville de Paris, Isabelle Adjani reçoit le prix Lumière de la meilleure actrice, pour le rôle de Sonia Bergerac, professeur de français, dans "la Journée de la Jupe" de Jean Paul Lilienfeld.
Les prix Lumières sont attribués par la presse étrangère en poste à Paris au cinéma français. Créés par Daniel Toscan du Plantier, les Lumières fêtaient leur 15ème anniversaire.
-

Sources : http://www.flickr.com/photos/nicogenin/4277159063/in/set-72157623095462615/

http://people.premiere.fr/

Extrait du film : http://www.youtube.com/watch?v=dF3BBUqQdA0

Bande annonce de La Journée de la Jupe : http://www.youtube.com/watch?v=eswZhtpvtow

Extrait du film : http://www.youtube.com/watch?v=dF3BBUqQdA0

mardi, janvier 12, 2010

Yennayer 2960 : nouvel an amaziɣ ce 12 janvier

Dacu i tzemred’ agh-t-id tinid’ ass-agi aff yennayer ?

Yennayer ! D’abord, comme chaque civilisation, la notre aussi possède son nouvel an. Comme le disent nos ancêtres ; Tibbura useggwas, "les portes de l’année", elles s’entrouvrent et il y a toute une mythologie derrière, toute une organisation sociale, une organisation - je dirai même - politique, culturelle, etc. qui permet de re-démarrer quelque chose, qui permet à une société de faire un point sur ce qu’elle a vécu et envisager un avenir. C’est ça Yennayer, c’est d’abord ça. C’est-à-dire comment à partir d’aujourd’hui envisager les jours qui nous attendent. Donc, Yennayer c’est le nouvel an, c’est souhaiter la bonne année à tout le monde. Il faut changer de repas, il faut couper les cheveux aux petits garçons parce que ça permet aussi de re-générer : symboliquement c’est comme lorsqu’on coupe les branches des arbres pour que la sève remonte et qu’ils se re-génèrent. Donc Yennayer est, pour nous, un moment important dans notre vie psychique parce que ça nous permet d’abord de nous rassembler autour d’une date, de nous rassembler autour d’un repas commun, de nous rassembler autour d’un rituel, et cela permet une résonance émotionnelle qui assure la cohésion sociale de la Kabylie et des Berbères d’une façon générale. Donc il faut l’encourager et aller de l’avant.
-
Dacu txedmed’ aseggwas agi ?

Lligh di tmurt n Leqbayel. Lligh deg wedfel, umbaad s’begh-d ar Tegzirt nexdem tameghra, nezla ayazid’, nexdem seksu , necd’eh’, ned’sa, nessawel akw I wigad nh’emmel. Yennayer yessemlal tasa d wa yturew. Ata dighen wayenb umi yelha Yennayer : Wid yellan mghunzan ur ttemlaâin ara, ass nni n Yennayer, yal wa ir’uh’-ed ar wayed’, kul yiwen icudd-d s iz’uran n twacult, n wegraw. Yennayer nni am akkenni d lweqt id ir’uh’en ad isemlil atamaten illan fer’qen kul yiwen amek acku tezrid’ amek tella lxudma, amek tella amek tella tmurt...
-
Par Hacène Hirèche (2004)
-

lundi, janvier 11, 2010

Qui sont, d'où viennent les Berbères ?

Etymologie, histoire de l'Afrique du Nord :

L’Afrique du Nord était habitée exclusivement par des Berbères.

Le mot Afrique vient du mot berbère Taferka qui désignent les vergers (endroits avec des arbres fruitiers). Les Romains l'ont appelé Africa.

L'histoire de l'Afrique du Nord consiste en une énumération de succession, de domination …
1- Phéniciens
2- Romains (-400, +400)
3- Vandales (+406)
4- Byzantins
5- Arabes
6- Turcs
7- Français (Espagnols et Portugais de façon plus sporadiques)

Ces invasions sont venues d’Est en Ouest, sauf pour les français qui sont venus par Alger. Plus les conquérants allaient vers l’Ouest, plus leur occupation s’affaiblissait vu l’étendue du territoire et la densité la population à l’Ouest.

Les Berbères sont mentionnés comme résistants à la domination. L'historiographie a été l’œuvre des occupants. Gabriel Camps, préhistorien écrit : « Il est facile de reprendre l’histoire de l’Afrique du Nord par les jeunes Républiques mais ces dernières ont négligé le fait berbère et l’ensemble des pays berbères ont considéré que l’histoire est entachée de colonialisme et ont écrit l’histoire pour glorifier la période arabo-musulmane (au 7ème siècle, c’était un jaillissement de lumière et l’éclat ) ».

Dire aujourd'hui que les Berbères sont arabes, c'est dire aussi que les Américains sont anglais !

Origine du mot Berbère :

Le terme de Berbère par lequel sont désignés les plus anciens habitants de l’Afrique de Nord vient du grec Barbaroi : tout ce qui est en dehors de la civilisation européenne. Il désigne ceux dont on ne comprend pas la langue lors des occupations. C’est une appellation méprisante donnée par un vainqueur à un vaincu ou par un voyageur sûr d’appartenir à une civilisation supérieure. Ce n’est pas le nom qu’un peuple se donne à lui-même.
On les a aussi appelés les LEBOUS ou bien les Lybiens, les MAURES, les NUMIDES, les GETULES, les SARASINS.
Les Berbères s’appellent eux-mêmes Imaziɣen (amaziɣ au singulier qui signifie "l'homme libre", imaziɣen au pluriel : "les hommes libres").

Il convient de distinguer les Berbères (l'ensemble des Imaziɣen, i.e les habitants de l'Afrique du Nord) et les berbérophones (les régions berbères).

Ces régions berbères sont :
- les Kabyles -> la Kabylie
- les Rifains -> le Rif
- les Chaouis -> les Aurès
- les Touaregs -> le Sahara
- les Chenouis -> Chenoua
- les Mozabites -> Mzab, ....

Chaque région a développé des spécificités.


Pourquoi les hommes libres ?

La caractéristique fondamentale de la culture berbère est que les Berbères ont toujours refusé le pouvoir central. Mais quand il y a nécessité de survie, ils adoptent un pouvoir central dans lequel peut régner un homme ou une femme et qui peut éventuellement transmettre son pouvoir aux descendants. C'est ce qu'on appelle un pouvoir subsidiaire. Si le village ne résout pas les problèmes, c'est la tribu, et sinon après la confédération.

Donc l’unification des Berbères autour d’un personnage est plutôt rare mais existe. Il y a émergence d’un souverain (agellid) uniquement pour conduire les affaires de la guerre. Un des premiers agellid connus est Massinissa (Mas nsen : « leur seigneur » en berbère).

Les Royaumes (Massinissa, Jugurtha) étaient éphémères et essentiellement fondés sur une conjoncture précise : celle de résister à l’occupant. Les Berbères n’ont jamais ressenti le besoin de créer une administration, une armée. Les villages étaient eux-mêmes de véritables républiques minuscules mais réelles avec les assemblées de villages (agraw n taddart, tajmaat depuis le Moyen-Âge).
Ces villages ou tribus se sont toujours confrontés. La structure segmentaire de la société berbère construite sur le modèle familial n'a pas permis de création d’un état. La famille forme un groupe, un clan économique, politique et social.
Il y a une opposition constante entre les groupes pour garder chacun son indépendance, sa souveraineté.
Les groupes ne se rassemblent que pour discuter des tâches extérieurs au groupe :
- construire une maison qui demande de déplacer des pierres de très loin ,
- lutter contre un autre village,
- en fonction des tâches, on peut demander l’aide à un autre village, ex : combattre l’ennemi d’où l’émergence d’un pouvoir central mais dont le sens n’est pas celui donné en Europe ,…
Les Berbères se désolidarisent lorsque l’ennemi est vaincu.
Les Berbères n’ont jamais voulu être gouvernés.
Les occupants ont voulu récupérer les Berbères par une propagande. Ils se sentaient chez eux : ils voulaient assimiler les Berbères.


Le village (en berbère : taddart qui vient de dder : vivre ):

On ne trouve jamais de village isolé. La nécessité de se défendre contre toute menace a poussé les Berbères à occuper les plateaux ou les versants de montagnes mais le plus souvent les crêtes. Cette configuration géographique détermine aussi la structure du village dont la fonction essentielle est de protéger l’intimité du groupe.
DJEMÂA est au centre du village. Autour d’elle s’agglutine l’ensemble des maisons comme pour chercher la protection.
Le groupe familial traditionnel habite dans de petites maisons groupées autour d’une cour commune.


Plusieurs Iderma ( fraction : adrum ssef ) constitue lhara ufella et nbwadda. Adrum est la cellule de base constituée autour de lien de consanguinité. Chaque adrum a son emplacement. Un étranger du village ou d’ailleurs peut être accepté dans un adrum s’il demande à y être intégré, et s’il accepte de respecter les conditions.

Malgré les occupations, les Berbères continueront à vivre selon leurs anciennes coutumes locales. La vie des gens est rythmée en fonction des saisons. Les croyances également, les rites existent en fonction du temps.

Les Berbères étaient animistes. Ils ont connu suite aux occupations les trois religions (le polythéisme, le christianisme, l'islam).

L’ancienne religion des Berbères était basée sur le polythéisme. Ils croyaient à l’existence de plusieurs dieux mais de dieux locaux représentés par les éléments naturels : les arbres, les sources d’eau. Autrefois on invoquait le dieu de la pluie, Anzar, lors de cérémonies où l'on demandait la pluie lorsqu'elle venait à manquer en période de sècheresse... Une jeune fille joue le rôle de "tislit n wanzar" : toilette et parure dues à une mariée, cortége nuptiale. Elle tient en main "aɣenja" une louche et la procession chante des invocations à Anzar, le roi de la pluie, tout en quétant de porte à porte. On reçoit ainsi semoule, viande, graisse, oignons etc... Arrivé dans un sanctuaire, le cortège s'arrête et les femmes préparent un repas cérémonial avec ce qui a été rassemblé. Tous les accompagnateurs y prennent part. Lors de ce rituel on marie Anzar à une femme pour appeler la pluie. Lorsque la pluie tombe, c’est la fécondation de la terre.

Pour les Berbères, dans la mythologie, les choses peuvent avoir une âme comme les êtres humains. La pluie et la terre étaient considérées comme des dieux mâles et femelles. Les Berbères pratiquent toujours le culte des saints (offrandes dans les mausolées).

La société berbère a pour cellule essentielle la famille agnatique, fondée sur la parenté en ligne paternelle. L’autorité du patriarche est absolue. A sa mort, la souveraineté passe non à son fils aîné, mais au plus âgé des agnats. La vie pastorale ou agricole impose la constitution de groupements qui constituent de petites républiques soumises à une assemblée gérontocratique. Au-dessus des familles d’agnats, des groupes de familles pastorales, des républiques villageoises, les tribus sont de petits états. Formé pour la défense et l’attaque, les tribus triomphent ou disparaissent, s’étendent ou se replient au hasard des guerres.

Sources : Divers historiens et personnes qui se sont penchés sur l'histoire des Berbères

Rois et reines berbères

De très grandes figures de résistants amaziɣs se sont imposés dans l’histoire.
Ces figures historiques ont marqué l'histoire de l'Afrique du Nord qui est au fondement amaziɣe avec un peuple amaziɣ, une langue amaziɣe, le tamaziɣt, une culture amaziɣe millénaire qui va traverser les siècles malgré les différentes invasions extérieures.
-
Ces rois amaziɣs (appelés aussi rois "berbères")  sont :
- l’ambitieux Massinissa
- Micipsa
- Jugurtha
- Juba I
- Juba II
- Tacfarinas, chef de guerre
- ...
-
Des femmes également ont combattu. Il s’agit principalement de la célèbre reine Kahina : un personnage légendaire de l’histoire des Berbères. Plus près de nous, Lalla Fatma N’Soumeur « prophétesse berbère » de la tribu des Illilten en Kabylie algérienne, est souvent oubliée mais elle aussi est une véritable combattante berbère : dans les années 1850-1855, elle a organisé la résistance armée contre la colonisation française en Grande Kabylie.


-
Massinissa



Monnaie à son effigie
sur lesquelles il porte le diadème et la couronne laurée

Massinissa est le fils du roi Gaïa :


Massinissa :
Mas nsen : « leur seigneur » en berbère
· né en –238 , mort en –149 à l’âge de 90 ans
· Roi des Numides orientaux
· Elevé à Carthage, il fut d’abord l’allié des Carthaginois, avec lesquels il combattit Syphax, roi des Numides occidentaux, puis les Romains en Espagne. Ce sont les tribus massyles qui ont donné la puissance à Massinissa jusqu’à en devenir un grand roi.
· Puis il participa à la victoire de Rome face à Carthage dans le but de libérer la Berbérie de l’emprise du pouvoir carthaginoise.
Vers –206, il noua des intelligences avec le général romain Scipion et seconda désormais les Romains dans leur lutte contre Carthage ; grâce à leur appui, il put faire prisonnier Syphax (–203), dont il épousa la femme, Sophonisbe (carthaginoise, fille du général Hasdrubal). Scipion désapprouva ce mariage parce qu’il voulait faire paraître Sophonisbe à son triomphe mais Massinissa, pour épargner cette honte à la princesse numide, lui envoya du poison.
· Il commanda la cavalerie à Zama, où il contribua beaucoup à la victoire (–202) et devint le plus puissant souverain de l’Afrique du Nord, imposant son autorité depuis la frontière tunisienne jusqu’à la Moulouya. Ce grand roi berbère étendit largement la civilisation punique mais ouvrit aussi son royaume aux influences helléniques. Il régna sur toute la Numidie pendant 60 ans et construit des villes de 5000 habitants.
· Massinissa est un grand indépendantiste. Son projet politique le plus cher fut l’ « unification de tous les royaumes numides » (L’Afrique du Nord). Contre les étrangers, qu’ils fussent Phéniciens ou Romains, il proclamait, assure Tite-Live, que l’Afrique devait appartenir aux Africains. C’est lui qui lança le slogan « l’Afrique aux Africains ».
· A sa mort, sur ses fils encore vivants, trois seulement sont nés d’épouses légitimes : Mastanabal, Micipsa, Gulussa. Massinissa veut transmettre son trône à son fils aîné mais les Romains vont s’immiscer dans les affaires politiques.
· Dix ans après sa mort, on lui éleva un temple à Dougga en Constantine.
-
A 37 ans, Massinissa devient un des plus puissants souverains du monde, et grâce à lui la Numidie entre glorieusement dans l’histoire universelle. Pendant le demi-siècle que dure son règne, il travaille à faire des deux royaumes numides réunis un véritable Etat qui pourra lui survivre. Il encourage l’agriculture, persuadant les nomades de travailler la terre, car il est plus facile de lever des impôts sur des paysans sédentaires que sur des éleveurs à l’esprit indépendant, toujours prêts s’enfuir et à se rebeller contre le pouvoir central. Certes, avant lui, la Numidie était déjà un pays agricole prospère, mais Massinissa augmente encore la surface des terres cultivées, des champs de blé et d’orge, mais aussi de grands vergers de figuiers et d’oliviers. Lui-même donne l’exemple en créant un domaine royal important. A sa mort, il lèguera à chacun de ses fils encore vivants une propriété de 850 hectares, avec tout le matériel nécessaire à l’exploitation. Lorsque Rome a besoin de blé pour nourrir son armée, c’est en Numidie qu’elle l’achète, ainsi que les éléphants pour la guerre, et les lions et les panthères pour les jeux du cirque dont le peuple raffole. En même temps, les villes numides s’agrandissent et s’ornent de monuments ; les bourgs fortifiés se multiplient pour protéger le paysans contre les incursions de tribus nomades restées rebelles, ou qui lancent des raids depuis les confins du pays. Massinissa possède une armée, une flotte et fait frapper des monnaies de bronze à son effigie sur lesquelles il porte le diadème et la couronne laurée. Il vit à Cirta, sa capitale, dans l’ancien palais de Syphax.
-
-
Micipsa :

Après la mort de Mastanabal et Gulussa, Micipsa hérita du royaume et régna pendant 30 ans (148- 118 av J-C).
Il adopta son neveu Jugurtha (le fils de Mastanabal) comme son propre fils.
Micipsa continua l’œuvre de son père, embellit la capitale et attira vers la Numidie des Grecs cultivés pour propager, à travers le pays, les arts et la culture.
La puissance de la Numidie unifiée inquiéta Rome, qui accentua la pénétration et obligea Micipsa à partager le royaume en indivis entre ses 2 fils Hiempsal I et Adherbal (ses fils légitimes) et son neveu Jugurtha (son fils adoptif).

Rome va connaître un adversaire redoutable : JUGURTHA (ou Yugurthen qui signifie yugar iten « le plus fort d’entre eux »). Beau, intelligent, habile à utiliser les faiblesses de ses adversaires, il est un personnage de premier ordre.
-
-Jugurtha :
· né en –160, mort en –104 à Rome
· Roi de Numidie de –118 à –105
· Fils illégitime de Mastanabal, le plus jeune des fils de Massinissa, il fut élevé à la cour de son oncle Micipsa qui, à sa mort (–118), partagea ses Etats entre ses deux fils, Hiempsal et Adherbal, et Jugurtha. Ambitieux, rusé et cruel, impatient de régner seul, Jugurtha fit égorger Hiempsal. Adherbal demanda la protection de Rome mais Jugurtha acheta les sénateurs romains et obtint en –116 un nouveau partage du royaume. Envahissant ensuite les Etats d’Adherbal, il s’empara de Cirta (–113), tua Adherbal et massacra les marchands romains installés à Cirta.
· Jugurtha, petit fils de Massinissa, lutta contre Rome pendant 7 ans de –112 à –105. Il gagna de nombreuses victoires soit par la force soit par la ruse. Il donnait de l’argent, corrompait les sénateurs avec l’or africain.
Jugurtha fut vaincu en –107 par un général romain Marius avec la complicité de son beau-père Bocchus (le roi des Maures) lequel trahit Jugurtha et le livra à Sylla (général et homme d’état romain, questeur de Marius) en –105.
· Jugurtha est emprisonné à Rome, meurt de faim et de soif dans un cachot en –104.
· Jugurtha voulait déromanisé la Berbérie en chassant toute présence étrangère. Il a réussi à créer un Etat berbère centralisé contre Rome et Carthage.

« Pour Jugurtha, écrit Jean Amrouche, vivre c’est rester souple, pour faire face aux circonstances changeantes ». Parce que les autres ont le pouvoir de changer les circonstances au gré de leurs intérêts et à Jugurtha il ne revient que de s’y adapter.
Le problème est que Jugurtha est coincé dans un dilemme : il s’exclut s’il veut rester soi ; s’il participe, il se renonce.
César (empereur romain) élargit les possessions vers l’Ouest et engloba Bonne Hippône, le Sud Tunisien et Guelma (Aurès). C’est la première avancée de la civilisation.

En récompense, Bocchus reçut une partie de la Numidie jusqu’à l’Est d’Alger avec le titre d’allié et d’ami du peuple romain. L’Ouest a été laissé à la famille de Massinissa.
Après la chute de Jugurtha, les Romains placent son frère, Gauda (roi de – 104 à – 88), sur le trône massyle. Le royaume connaît la paix pendant dix-sept ans. Ce n’est qu’en 88 avant J-C, au moment où Gauda meurt et où lui succède son fils Hiempsal II, que des troubles font de nouveau vaciller la couronne massyle.
A Rome, la guerre civile sévit entre le parti populaire de Marius et le parti aristocratique de Sylla. Lorsque Marius s’empare du pouvoir à Rome, l’agitation atteint l’Afrique du Nord et Hiempsal est renversé au profit de son frère, Hiarbas, favorable aux idéaux démocratiques.Tandis que l’ordre revient à Rome, avec le retour de Sylla au pouvoir, la situation ne change pas chez les Massyles jusqu’à l’intervention d’un jeune général proche de Sylla, Pompée, qui bat Hiarbas et rétablit Hiempsal II (roi de – 88 à – 68) sur son trône. Les princes n’oublieront pas ce qu’ils doivent à Pompée.
En 68 avant J-C, Juba succède à son père sur le trône massyle.
Les crises qui éclatent à Rome ont une fois de plus des répercussions en Afrique du Nord. En 50 avant J-C, commence une guerre civile entre les deux proconsuls, César et Pompée, deux hommes aussi ambitieux l’un que l’autre. Juba Ier choisit le camp de Pompée.
-
Juba I :


· Fils de Hiempsal II
· Roi de Numidie de – 68 à – 46, du parti de Pompée.
· Battu par César à Thapsus (46 avant J-C), il se donna la mort.

De nombreux Berbères ont été romanisés après avoir été punicisés. Ils ont encouragé la domination. Le plus connu est JUBA II qui a été élevé à Rome et marié à la fille de Cléopâtre (reine d’Egypte) et Antoine. Il était l’intermédiaire entre les Berbères et Rome. La capitale s’appelait Caesarea (Cherchell).
-
-
Juba II :

· Fils de Juba Ier
· Elevé par la nièce de Jules César, Octavie, Juba avait reçu l’éducation soignée de tout enfant appartenant à l’aristocratie romaine.
· Il fit ses premières armes aux côtés d’Octave. En –31, il participa à la bataille d’Actium à l’issue de laquelle Octave bat la reine d’Egypte, Cléopâtre VII, et le général romain Marc-Antoine, ancien époux d’Octavie.
· Roi de Maurétanie de –25 à 23 après J-C :
Seul maître de l’Empire et conscient des difficultés que provoquerait pour Rome le maintien de l’Afrique du Nord sous le joug romain, Octave-Auguste, confiant dans l’intelligence et dans la loyauté de Juba, lui offra, en 25 avant J-C , la couronne de Maurétanie. Le royaume correspond à l’actuel Maroc et à une partie de l’Algérie.
· Devenu roi, Juba II s’intalla à Iol (actuellement Cherchell) à laquelle il donna le nom de Caesarea en hommage à Octave Auguste, le nouveau César. Sous son impulsion, Caesarea, ville presque aussi étendue que Rome, devint une superbe cité et une plaque tournante du commerce méditerranéen. Temples, jardins, théâtre vinrent embellir la ville.
· Il épousa Cléopâtre-Séléné (fille de Cléopâtre VII et de Marc-Antoine) en – 19.
· Auteur en grec d’ouvrages d’histoire :
Juba II écrivait des ouvrages consacrés à l’histoire, à l’archéologie, au théâtre, à la peinture… Cette frénésie de savoir le conduisait à s’intéresser à tous les domaines : les astres, la flore, la faune, la géographie. Juba II avait su réunir dans l’harmonie toutes les composantes de la culture méditerranéenne, et il s’était appliqué à les diffuser. Il sera pour son peuple l’objet d’un culte jusqu’au IVe siècle.

Juba et Séléné

Juba II avait pour nom Caius Iulius Iuba, son fils celui de Caius Iulius Ptolemaeus, et Séléné, qui pourrait avoir adopté le nom de son père, serait une Antonia.
Juba et Cléopâtre-Séléné, tous deux enfants de vaincus furent élevés sans doute ensemble à la cour d’Octavie, sœur d’Octave et première épouse d’Antoine. Juba, âgé de cinq ou six ans lors de la défaite de son père, avait fait partie du cortège triomphal qui célébra la victoire écrasante de Jules César sur les Pompéiens et leurs alliés en 46 avant J-C. Quant à Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII et de Marc Antoine, elle figurait, après la disparition de ses parents, au triomphe organisé par Octave en 29. C’est ainsi que, seule survivante des enfants de la grande reine, elle reçut une éducation romaine à la cour impériale.
Malgré la perte de leurs royaumes, les deux enfants n’en conservaient pas moins le prestige qui s’attachait à leur lignée et au rang élevé qu’ils avaient tenu. C’est ainsi que Juba restait le seul prince numide de sang royal et n’oublia jamais la gloire de ses ancêtres. La renommée qui entourait le nom de la princesse était plus brillante encore : non seulement ses parents avaient été des personnages de premier plan, qui jouèrent un rôle fondamental, tant à Rome qu’en Orient, mais elle-même, encore enfant, s’était vue dotée du titre royal : Antoine l’aurait nommée reine de la Cyrénaïque, l’actuelle Lybie, tandis que sa mère et ses frères recevaient d’autres territoires. Cette répartition des royaumes orientaux entre les enfants de Cléopâtre eut lieu en 33 avant J-C, à Alexandrie, au cours d’une cérémonie fastueuse qui dut laisser des traces brillantes dans la mémoire de la toute jeune princesse.
L’union d’un prince numide avec une princesse égyptienne de la maison de Marc Antoine, offrait des avantages politiques évidents : elle mettait un terme, d’une manière discrète encore, bien éloignée des prises de position fracassantes que prendra Caligula, quarante ans plus tard, à la condamnation de la politique antonienne, c’est-à-dire, finalement, à des mois d’une guerre que Florus jugerait sans doute à la fois civile et étrangère.
Elle établissait enfin une continuité entre les deux grands ensembles de l’Empire, jusqu’alors gérés selon des principes différents. Les souverains étaient préparés à ce rôle d’intermédiaires entre deux civilisations qu’Auguste voulait leur faire jouer : Cléopâtre-Séléné, grecque d’origine et issue des pharaons d’Egypte, avait reçu une éducation romaine, tandis que son époux, attaché par sa famille à l’Occident, montrait un goût passionné pour l’hellénisme.
Certains indicent amènent à situer ce mariage vers 19 av. J-C : Juba II et Séléné sont tous deux nés autour de l’année 50, et la première monnaie émise aux noms des deux souverains et portant la date R.A.VI (= Regni anno VI) pourrait célébrer l’année de leur mariage, puisque Juba monte sur le trône en 25 av. J-C. Ce denier est le seul à proposer une datation avant les séries qui suivent la mort de Séléné, et sur lesquelles l’année du règne de Juba II apparaît désormais avec régularité (à partir de l’an XXX/5 ap. J-C).

Cléopâtre-Séléné exercait une grande influence sur le roi de Maurétanie. De nombreuses statues d’origine égyptienne ornaient les lieux publics de Caesarea et les croyances égyptiennes connaissaient un développement certain dans tout le royaume berbère.
Lorsqu’un fils nacquit, en – 5, Juba II et Séléné donnèrent au jeune prince berbère le nom de Ptolémée, en hommage à ses ancêtres égyptiens.
-


Monnaies sous le règne de Juba II
Ptolémée :
· Fils de Juba II
· Roi de Maurétanie de 23 à 40 après J-C
· En 24 il participa à l’écrasement de Tacfarinas qui troublait, depuis bien des années, l’ordre et la tranquilité du royaume maurétanien et de la province romaine d’Afrique. Dans les années suivantes, le roi changea d’attitude : il mit de plus en plus en avant ses origines africaines, berbères et égyptiennes, au détriment des repères grecs et romains chers à Juba II.
· PTOLEMEE qui acceptait mal la domination romaine fut tué par Caligula lequel a annexé tout le royaume.

Les deux hommes – Ptolémée et Caligula – sont tous les deux petits-fils de Marc-Antoine. Alors que Ptolémée règne sur la Maurétanie, à Rome Caligula devient empereur. Il tue Ptolémée en 40 après J-C. Ce crime permet à Caligula de s’emparer de l’immense fortune de Ptolémée et des richesses du royaume maurétannien.
A l’annonce de la mort du roi, un soulèvement a lieu. Plusieurs mois seront nécessaires à l’armée romaine pour venir à bout de la résistance des Berbères, très attachés aux princes de leur dynastie.


Tacfarinas :

· Tacfarinas est un insurgé qui a entraîné beaucoup de tribus avec lui. Il a été traité de brigand et de bandit par les Romains car il pillait les biens des riches.
· Il a deserté, quitté l’armée romaine. Il devient un général commandant de la région des Aurès. Roi de la région des Aurès, il entraînait ces peuples contre les dominants.

Contemporain de Ptolémée, Tacfarinas dirigea la révolte des Numides contre l’impérialisme romain ; sous le règne de Tibère. Dès l’année 17 de notre ère, il livra une guerre sans merci aux armées romaines. Cette lutte indépendantiste dura 8 années.
Le guerrier Mazipsa, combattit à ses côtés. Malgré les demi-défaites de Tacfarinas ; la guerre sanglante entre les Numides et Rome ne prit fin qu’en l’année 24, dans la bataille que lui livra le pré-consul Donabela en Auzia (Aumale), où Takfarinas trouva la mort au champ d’honneur comme le voulait la tradition numide.

Tacite consacre à Tacfarinas une place importante dans les livres II et III de ses Annales et malgré le ton méprisant qu’il emploie envers le chef Numide, la personnalité de celui-ci en sort grandie.
Tacfarinas tint tête à César, à qui il envoya des ambassadeurs. César, refusa ses revendications, argumentant que même celles de Spartacus n’avaient pas été prises en considération.
Tacfarinas s'adressant à Juba II, Roi de la Mauritanie césarienne :
"Qu'as-tu à faire avec les Romains, dis-moi ?
Ton père a perdu son trône au cours de leurs disputes ! Toi, ils t'ont enchainé pour te montrer, esclave, devant le char de César ! Et tu nommes Caesarea, ta capitale ! Tu ne crois pas que ton sacrifice a assez duré ? Est libre celui qui veut l'être ! Es-tu de la race des pantins pour te montrer ainsi guidé par les Césars ? Trop de mollesse, Juba, trop de compromissions ! Relève la tête, retrouve le sang de tes ancêtres , celui de Jugurta."

Dihya :

Reine amazir qui a combattu l’invasion arabe.
Au VIIe siècle, elle résista aux troupes du général Arabe Hassan. Entre son amour pour Khaled, le neveu de son ennemi et son implacable désir de victoire, elle incarne le destin d’une femme exceptionnelle qui, jusqu’à la mort, commanda aux hommes, des montagnes de l’Aurès aux plaines de l’oued Nini.
Dihya est surnommée Kahina par les Arabes.

Abandonnée par les sédentaires qui voulaient sa perte, la Kahina fut vaincue. On voit près de Bir-el-Ater, sur la piste entre Tébessa et Négrine, un puits qui porte le nom de Bir-el-Kahina. Ce n’est pas là que la reine a été tuée contrairement à ce que certains affirment. On évoque ce puits de Kahina car durant l’invasion arabe, la reine avait empoisonné tous les puits pour faire fuir ses ennemis venus occuper son territoire et camper sur son territoire.

Cette femme chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu’aux reins. Vêtue d’une tunique rouge, elle était d’une grande beauté. Devineresse, cette passionaria berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l’Arabe Hassan.

Kahina était une femme très libre et avait une intelligence d’esprit inconsidérable. Kahina était une guerrière berbère qui voulait unifier toutes les tribus berbères nomades et sédentaires.

La malédiction de Kahina :
Avant de mourir, la Kahina aurait proféré une malédiction sinistre : « Ici règneront la terreur et les pleurs. Massacres, tueries et viols se succéderont sans discontinuer tout au long des siècles, empêchant le pays de sortir de l’enfer dans lequel il s’engouffre. »

Kahina est morte en reine digne. Elle ne s’est pas suicidée contrairement à ce que certains affirment. L’ennemi lui a tranché la tête avec un sabre. Après sa mort, l’ennemi aurait prononcé la phrase suivante : « Ce n’était qu’une femme ».

Portrait de Dihya par Noureddine Zekara :


Fathma n soummer :

Portrait de Lalla Fathma'n Soummer

 
Free counter and web stats