Derrière une personne, il y a le père, il y a la mère, derrière il y a les grands-parents, et derrière ces figures se profile l'ancêtre. Chez les Imaziɣen, il y a le poids de toute une génération d'hommes et de femmes libres qui ont vécu modestement et humblement sur leurs terres et qui ont dû faire face aux diverses invasions sur leurs propres terres. Les mémoires de nos ancêtres sont inscrites dans nos cellules. Elles sont ancrées en nous, parfois lourdes à porter, à moins de procéder à une déprogrammation cellulaire, elles sont bien présentes et appellent à réveiller les consciences.
A l'occasion de Yennayer 2966, la caravane amaziɣ a défilé à Ouzellaguen ce mardi 12 janvier. Le défilé est composé d'une charette et de jeunes déguisés en guerriers berbères, les femmes sont en tenues de "reines" berbères. Ces quelques photos nous font revivre un peu l'histoire de l'Afrique du Nord au temps où Massinissa vivait dans un royaume prospère.
Il y a aujourd'hui du bonheur d'être amaziɣ, une satisfaction toute simple d'être
encore vivant et libre. Libre de nos pensées, libre de nos actes. Avec les siècles défilant, malgré les multiples tentatives de
récupérations à tout bord, nous sommes restés ce que nous sommes, c'est-à-dire un
peuple libre comme tant d'autres sur cette planète avec des valeurs nobles et
universelles.
Malika Matoub (lors d'un entretien en juin 2013) :
« Matoub disait « Je me bats
contre un monstre à deux têtes, le pouvoir et les islamistes ». Le
« Pouvoir » a tenté à plusieurs reprises de le faire taire :
interdiction de radio, de télévision, de journaux etc…. Souvenez-vous
de l’attentat dont il a été victime le 8 octobre 1988, au moment où il
distribuait un tract qui soutenait les insurgés et qui dénonçait les
atteintes graves aux droits Humains (viols, tortures, arrestations
arbitraires), suite au soulèvement populaire d’Alger et à la répression
sanglante qui a suivi ce ras-le-bol des algériens contre la dictature du
parti unique. Lounès était l’homme à abattre. Ses propos dans ses
textes étaient dangereux pour un système qui n’accepte que son unique
voix. Lounès gênait ce pouvoir et par son engagement indéfectible pour
la reconnaissance de la langue et de l’identité amazighe, il était de
plus en plus dérangeant. Les islamistes radicaux sont loin d’être
écartés de tout soupçon.
En ce qui nous concerne, nous demandons
une véritable enquête qui doit être menée par l’institution judiciaire
algérienne, loin des considérations partisanes et qui déterminera les
auteurs du crime et ses circonstances. »
Légende : La Kabylie en 1963. L'armée des frontières de Ahmed de Ben Bella, soutenu par le colonnel Boumédiène en Kabylie pour élimininer la rébellion de Hocine Aït Ahmed.
En 1962, l'Algérie devient indépendante. Mais ce qui va suivre va mener l'Algérie vers un tout autre chemin, que celui ardemment souhaité par les Kabyles qui ont mené cette guerre d'indépendance. Le pouvoir part dans de mauvaises mains, les têtes bien pensantes sont traquées, éliminées.
En 1963, la troupe d'Ahmed Ben Bella sous le conseil de Boumédiène, panarabiste, part sur les traces de la troupe de Hocine Aït Ahmed dans les villages de Kabylie pour les éliminer. Lors de leur passage dans les villages, les hommes de la troupe de Ben Bella, arabes, ont tué des hommes et des femmes kabyles, violenté des femmes et terrorisé des enfants qui ont assisté à ces scènes de violence.
Ce blog est dédié aux grands absents, aux présents qui illuminent à travers leur art et leur présence. Il est aussi l'expression de mon attachement à Tamaziɣt, que je porte depuis toujours dans mon coeur, et à mes racines kabyles.