vendredi, novembre 20, 2009

Tableaux berbères de Hawad

Hawad, poète et peintre touareg
« Dans le travail d'écriture autant que de peinture que je mène depuis près de vingt ans, mon objectif a été de tenter de dépasser le pouvoir clos des mots, des signes et des représentations. Sur le plan graphique, ma démarche est partie d'un outil hérité de mes ancêtres, les signes tifinagh (alphabet touareg) dont je m'empare pour les pousser au bout de leur trajectoire, que je détourne, décompose et recompose pour les remettre en mouvement . C'est cela que j'ai appelé la « furigraphie », furieuse comme le cri de rage qui fait voler en éclat les barrières, les entraves et les immobilismes les plus fossilisés. La furigraphie est un moyen de sortir de soi, d'arriver à un surnomadisme hors d'un temps et d'un espace confisqués, de dessiner un soi multiple et insaisissable, doué d'ubiquité. C'est une tentative pour dépasser les contraintes, les contradictions et l'écartèlement entre passé, présent et futur, entre intérieur et extérieur, entre soi et les autres. Et l'horizon n'est pas seulement devant nous, il est aussi celui qui nous épaule et que nous halons. Il faut faire fusionner ces horizons, les malaxer et les réinventer, fabriquer les passerelles de paraboles et de paradoxes pour obtenir un tissage inédit. Pour moi, voici la force même de la poésie et de l'art. Recycler en surnomadisme le nomadisme exclu de son espace et de son temps... »
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Les tableaux ci-dessus ont été publiés dans le n° 2549 de "Jeune afrique" de ce mois de novembre 2009.
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mardi, novembre 10, 2009

On ne sert à rien si on est utile à personne...

On ne sert à rien

(Lionel Florence / Pascal Obispo)

Album 10 ans ensemble (Sidaction) - 2004

Voix : Isabelle Adjani & Pascal Obispo

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Comme un bateau qui reste à quai,

Un avion cloué au sol

Je peux toujours scruter le ciel

La solitude pèse des tonnes

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Je fais quoi du soleil

Si ce n’est plus pour te regarder

Et je fais quoi de mes nuits

Si je n’ai plus à qui rêver

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Qu’importe ce qu’on vous donne,

Quand on sait plus quoi faire de ses mains,

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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Comme une maison sans fenêtre,

Une porte condamnée

L’avenir devient une île déserte

Le passé une forêt décimée

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Pourquoi m’avoir sorti de l’ombre,

Pour qu’ensuite tu m’enterres

Pourquoi faut-il toujours payer

Un peu de bonheur par un enfer

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Qu’importe qu’on vous console

Quand on ne veut plus aller plus loin

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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J’en fais quoi de mes chansons

Si t’es plus là pour les entendre

Et je fais quoi de cet amour

Dont il ne reste qu’un tas de cendres ?

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Qu’importe ce qu’on vous donne,

Quand on vous a coupé les mains,

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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lundi, novembre 09, 2009

Iness Mêzel

Un son groove, jazzy et des rythmes kabyles. Un travail d’orfèvre, aussi bien au niveau du texte, du son mais surtout de l’interprétation vocale.

Iness Mêzel dit : Lën, "il y en a..." et, pour toujours ! de ces êtres libres qui ne s'en laissent pas compter, ni par les choses matérielles, ni par les détours et manigances de l'esprit, mais qui donnent un peu de leur âme pour des idées de résistance. Quelle insolence, n'est-ce pas ?


Iness Mêzel : Lën (il y en a...) - 18 septembre 2009 - France 2
Traduction française des paroles de Lën :

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Entre ceux emprunts de pessimisme

qui se complaisent dans le drame ou le malheur

et ceux dont le bonheur est fait de petits riens,

J'ai choisi les éclats de rire

Les éclairs de bonheur

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A ceux qui par Amour ouvrent leur coeur et reçoivent tellement,

Tant ils ont su donner




Iness Mêzel : Aker (Lève toi)

Source : http://www.youtube.com/watch?v=49gFX4aS4Zk

Site : http://www.myspace.com/inessmezel

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Traduction française des paroles de "Aker" :

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Eh vous ! n'en avez-vous pas assez de vous asseoir sur vos consciences

Et d'attendre que jeunesse se passe

Je chante la jeune fille qui devient femme

Toi qui t'allonges encore dans des rêves, tous les soirs

tu briseras, demain ton miroir d'un geste rageur l'image qu'il te renvoie est la juste réalité pourtant !

Tu n'es ni belle, ni moche, ni géniale ni complètement stupide, juste toi faut-il en savoir plus ?

Laisse-moi te chanter un plus loin

Ton petit monde d'enfance, ton petit monde à toi, tout ensommeillé,

Foutaises ! ne dure qu'un temps !

Il se brisera contre l'implacable genre humain

La vie est un risque ! Il suffit d'avoir conscience de ce que tu risques !

Je chante la jeune fille qui devient femme

Ouvre tes yeux pleins de poussière de rêve

affronte ceux qui ne savent pas encore qu'ils te trahiront,

affronte les idéaux que tu devines à peine en toi

dont tu auras beaucoup de mal à te défaire pour pleurer dans le noir amer de tes désillusions

Clichés ! Clichés parmi tant d'autres pourtant, qui viendront conformer ton quotidien à ce qui est grisâtre, jaunâtre, saumâtre...

Bref, il faut savoir lire ce qui n'est pas écrit

Voir ce qui est invisible

décolorer les cheveux de ces vieilles folles d'évidences

Toi qui sais encore jouer avec n'importe quoi

surtout n'oublie pas de te jouer de tout

Je chante la femme accomplie qui sait voir et comprendre d'instinct

Mais qui sait, combien il lui en coûte d'être lucide !

mercredi, novembre 04, 2009

Adresse au Président par Matoub Lounès (1984)

"Monsieur le Président", titre de 1984 :
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Monsieur le Président,

C'est avec un coeur lourd que je m'adresse à vous. Ces quelques phrases d'un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m'adresse à vous avec une langue empruntée pour vous dire simplement et clairement

que l'Etat n'a jamais été la patrie. D'après Bakounine,

c'est l'abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie.

Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie,

mais c'est un amour réel, naturel, pas une idée : un fait.

Et c'est pour cela que je me sens franchement

le patriote de toutes les patries opprimées.

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Matoub Lounes, le 17 janvier 1998 au Zénith de Paris...
...son dernier concert :
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Matoub par Yalla Seddiki :
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