lundi, décembre 01, 2008

Samedi 29 novembre 2008 : Concert avec Mouss & Hakim à la Cigale de Paris

Avec "Origines contrôlées", Mouss et Hakim, (de Zebda), ont choisi de mettre en lumière et en musique des titres des années 40, 50, 60 et 70 liés à l’histoire de l’immigration et à l’évocation de l’exil. Ils ont la fibre berbère en reprenant les chants de Slimane Azem, Matoub Lounès, Idir, Aït Menguellet...

"La carte de résidence" est une chanson de Slimane Azem reprise par Mouss et Hakim. Slimane Azem est un poète et chanteur arrivé en 1937 en France, où il est aujourd’hui enterré, sans avoir jamais pu retourner dans son pays en raison de différents avec les autorités algériennes. Interprétée sur un rythme moins enlevé, « Maison Blanche », de el Hasnaoui, arracherait des larmes au premier fonctionnaire qui a piégé un sans-papiers au guichet d’une préfecture. La chanson évoque l’exil massif des Algériens, au lendemain de la seconde guerre mondiale, et les au revoirs douloureux à la Maison blanche, l’aéroport d’Alger.


La carte de résidence (1965 - Slimane Azem) :

D'après ce qu'on nous annonce, ça va dans un bon sens
Faut pas prévoir à l'avance, avant d'avoir la réponse
Avant d'avoir la réponse, au sujet d'la résidence
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Xas ruh ken heni imenik, yella wa&rom di tmurt ik
ef lumur temsalt ik, kulass d'les conférences
Kulass d'les conférences, pour étudier tous les sens
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C'est vraiment bien dommage, le racisme et le chômage
Heureusement qu'il y a des sages, c'est le prestige de la France
C'est le prestige de la France, c'est la raison d'espérance
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Anda tella l'xedma i waren, d'immigré tti t'kavalen
Yarna se'ssouma arxissen, u qarnas "tu as dela chance"
U qarnas "tu as de la chance", imi tes3it la résidence
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Toujours des conversations, le chômage, l'immigration
Après les négociations, on attend qu'on nous annonce
On attend qu'on nous annonce, chaque fois ça recommence
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Ac'hal ayaki i nesbar, f' tmurt a3zizen am le3mar
Ma yella yelzem an safar, ad zran la différence
Ad zran la différence, ma yella ulac la résidence
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Le travail quand il est dur, c'est pour l'immigré bien-sûr
Avec la conscience pure, dévouement et les souffrances
L' Dévouement et les souffrances, ça mérite la récompense
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Nruhed a nexdem cituh, figan a3zizen am arruh
Ma yella illezma& an ruh, il faut subir les conséquences
Il faut subir les conséquences, y'aura plus de réminence
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Après tout ça m'f'ra du bien de retourner chez les miens
Je suis un Africain, le Soleil en permanence
Le Soleil en permanence, pour moi ça a d'l'importance
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Senga truhed yela yitij, di mkul tamurt yets fedjidj
Rebbi dahnin yets faridj, idemna& am3ic d'avance
idemna& am3ic d'avance, jusqu'à la fin d'existence
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C'est avec grande joie, qu'je vais rentrer chez moi
C'est normal chacun chez soi, souvenirs de notre enfance
Souvenirs de notre enfance, avec toutes ces références
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Tu sais bien qu' la Terre est ronde, le Soleil est pour tout l'monde
Il brille à travers les hommes, grâce à la Providence
Grâce à la Providence, qui domine toutes les puissances
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Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, si je dois vous dire adieu
Sachez bien que mes aïeux, ont combattu pour la France
Ont combattu pour la France, bien avant la résidence
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Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, si nous devons vous dire adieu sachez bien que nos aïeux, ont combattu pour la France
Sachez bien que nos aïeux, ont combattu pour la France (bis)

Clin d’œil à Slimane Azem, grand poète Si Muhendien :

Le 28 janvier 1983 disparaissait Slimane Azem figure emblématique de la poésie kabyle chantée du 20ème siècle. Je me suis rendu à Moissac ce jour là avec des chauffeurs de taxi parisiens qui l’adulaient. Il faisait un froid glacial. Beaucoup venaient également du Nord et de l’Est de la France tandis que d’autres arrivaient d’un peu partout, éparpillés qu’ils sont dans l’hexagone. Tous ceux qui l’entouraient là avaient un visage livide où se lisait à la fois rage, tristesse et impuissance. Une inquiétude des lendemains planait dans cette maison du Tarn et Garonne où le poète a vécu ses dernières années avant de s’éteindre.

Ce jour là le monde a basculé pour les kabyles. Je revois Achour Daroul, chauffeur de taxi originaire des Ouadhias (Iwadiyen), les yeux larmoyants, sangloter pudiquement dans le coin, très affecté par la disparition dans l’anonymat du géant de la pensée kabyle contemporaine. Quant aux autorités algériennes et françaises elles ont ignoré avec mépris l’événement qui venait de se produire. Une secousse de forte intensité dans les cœurs de ceux qui, comme le poète, ont vécu les affres de l’exil, du rejet. Indésirables en France et importuns en Algérie, ils ont accouru vers l’homme dont ils ont toujours apprécié la douceur de dire, un homme qui, comme eux, a mené une vie tourmentée, déchirée entre l’ici et l’ailleurs. Un ici bercé d’illusions, empli de souffrances, un ailleurs fait de rêves, de nostalgie et d’espoirs déçus.

La vie de tous se mélangeait à celle, singulière, du poète qui s’inscrit tout au long d’une œuvre considérable dans laquelle le fabuliste, le dramaturge, le philosophe, le comédien, 40 années durant, a raconté son exil, exprimer ses états internes, vidé son cœur. A chaque vers, il nous livre son âme, son moi dans une rêverie sans fin, une imagination féconde qui dévisagent avec pertinence sa société. Une société qui a dû laisser partir les siens vers des rivages inconnus et souvent hostiles, des rivages d’où ont surgi ses envahisseurs des deux siècles passés. Le poète habite un exil sans fin avec les fantasmes, les peurs, la procrastination qu’il suscite : « Lpari tehkem fell-i waqila tesea lehruz. ...di lùerba walfeù dayen ma d ul-iw ibùa tamurt » ! « ul-iw baqi yettxemmim ma ad iqim neù ad iruh... »

D’où venait-il ? Slimane Azem est né en 1918 à Agwni g-geùran dans un petit village au pied du Djurdjura dans la daïra (arrondissement) des Ouadhias.
Agwni, plateau pour désigner cette placette du village qui sert aujourd’hui de lieu de ralliement de ses contribules et lùiran, grottes, ces espèces de cavités dans le rocher où, il n’y a pas si longtemps encore, les villageois y entreposaient leurs denrées périssables et des réserves d’eau pour garder leur fraîcheur. Si l’on veut jouer au second degré avec les mots, on peut imaginer que agwni soit le masculin de tagwnitt (le temps, l’époque, le moment). On obtiendrait donc le temps des grottes, des ratières (daxel uderbuz) comme il se décrit lui-même lorsqu’il travaillait comme aide électricien à la RATP pour creuser les tunnels du métro comme l’ont fait beaucoup de Kabyles avec lui.

J’étais à peine adolescent quand je parcourais cette région d’une exceptionnelle beauté et j’y ai découvert, à ma grande surprise, la culture de cacahuètes. Jusqu’alors j’ignorais que cette arachide poussait comme des pommes de terre dans le sol !
Agwni g-geùran est un lieu de grands espaces pour la vue. De là on domine toute la plaine des ouadhias et de l’autre côté s’étale, imposante, la chaîne montagneuse mythique chantée par toutes les générations de poètes Kabyles comme s’ils y lisaient les traces généalogiques qui manquent tant à leur culture portée pourtant à la valorisation de la transmission transgénérationnelle. Alors lorsqu’on a vécu dans ces lieux lumineux et enchanteurs et dont la précarité économique a forgé un solide sens de solidarité et une grande luxuriance des rapports humains, on comprend ce que peut ressentir le poète acculé à l’exil, loin des siens et contraint de vivre et de travailler dans la promiscuité (deg umitru daxel uderbuz) !

L’exil devient pour l’auteur comme un lieu carcéral. Un piège absolu qui se referme sur le héros et lui révèle sa fragile condition (leebd daeif). Séjour affreux pour Slimane Azem coupé de son pays d’abord par l’irruption violente de la France conquérante dans son environnement puis par la volonté politique cruelle des siens que le hasard et l’usage de la force brutale ont porté au pouvoir.

Le poète a mal. Son pays, son village deviennent un rêve obsessionnel et inaccessible. Captivité et désir de délivrance alternent sans cesse dans les complaintes de l’auteur. On y lit, ou y écoute les accusations contre le sort, la providence, les chefs...Slimane Azem dresse une espèce de tableau clinique : ( aql-i am win ihelken...). L’auteur voit sa vie osciller en un mouvement de balancier et se demande où puiser sa force, où trouver réconfort ? Il échappera au désespoir par l’exploitation d’une verve insondable et le naufragé ( ùerrqeù dayen ) s’agrippe avec ténacité aux idéaux de liberté de son peuple.

Mais slimane Azem n’a pas chanté que l’exil. A l’instar de son mentor Si Muhend u Mhend, il est aussi philosophe (acu i-yexdem yefker), politologue (imqerqer bb-wemdun), psychosociologue (ddebza u ddmeù). Simane azem a également chanté l’amour (kem ukk d nek ; atas i sebreù). Sur ce sujet, nous avons d’ailleurs assisté à la naissance d’un mythe du vivant même du poète. On raconte que si Slimane Azem avait continué de chanter l’amour, plus aucun Kabyle ne se mettrait au travail, ils réserveraient tout leur temps à tayri !! C’est une manière pour l’inconscient collectif de la société Kabyle de classer Slimane Azem comme un grand Si Muhendien !

Alors que l’on célèbre le centenaire de la mort de Si Muhend, ce géant du 19ème siècle, le moment est venu pour nous de nous mobiliser pour honorer la mémoire de Slimane azem, son disciple en imposant sa réhabilitation dans le pays de ses rêves, l’Algérie, la Kabylie ! 23 ans déjà, c’est beaucoup, c’est trop ! Sa réhabilitation peut être un moment de résilience pour son peuple et une façon collective d’empêcher la résurgence de nouveaux drames, déviter que d’autres vies se brisent ! L’horreur vaincue, on pourra enfin s’occuper du beau !

Par Hacène HIRECHE Chargé de cours de langue et de civilisation berbères

lundi, novembre 17, 2008

mercredi, novembre 05, 2008

Obama : President of America

mardi, novembre 04, 2008

Elections américaines

mercredi, octobre 15, 2008

La Bourse

jeudi, octobre 02, 2008

La loi de la jungle dans ces entreprises qui se tournent vers une nouvelle forme de management qui individualise...

L’enfer de l’open space (2/10/2008)
Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, Consultants et auteurs de L’open space m’a tuer


"Profitez de vos derniers instants dans le métro pour faire la gueule. Dans trois stations, vous arriverez par un toboggan sur votre siège à roulettes. Chouette, des croissants à la cafet’ ! Youpi, une dégustation de Cote-du-Rhône à 19 heures. Souriez, vous êtes dans l’open space. Tout le monde est cool, se tutoie et s’appelle par son prénom. Pas de différences entre les bureaux, pas de hiérarchie apparente. C’est la belle vie alors ? En apparence, oui. Grincements de l’imprimante, conf call à votre gauche, regards de votre collègue de droite sur votre écran, odeur de nem au crabe… qu’importe soyez, heureux dans la promiscuité dix heures par jour.

T’as un boulot, t’es privilégié ! Si t’es pas content, j’ai une pile de CV qui attend. Sois cool et tais-toi ! Eh bien justement, on en a eu assez de se taire et de jouer la comédie du bonheur. Dans L’open space m’a tuer, on a voulu montrer, à travers notre vécu et celui de nos proches, l’envers du décor. Derrière les baby-foot, les croissants et les sourires se cachent malaises vagaux, psoriasis, tendinites du blackberry. Pourquoi ? Manque de reconnaissance et rupture de confiance entre les cadres et les boîtes. “Mais alors, jeunes gens, vous croyez qu’on allait vous faire des bisous ? L’entreprise, c’est la jungle ! Vous ne seriez pas un peu chochottes ?” nous a sorti Thierry Ardisson dans son émission le week-end dernier. Dans le mille : c’est pour contrer ce genre de préjugés qu’on a écrit ce livre. Pour dire que les jeunes cadres ne sont pas dupes. L’entreprise a ses objectifs. Les jeunes salariés ont les leurs et ne sont plus prêts à se sacrifier pour l’entreprise à n’importe quelles conditions.

Notre message ne se limite pas aux jeunes cadres de la nouvelle économie. Des cadres travaillant dans des secteurs plus traditionnels et même un cadre de la sécu a déclaré dans Elle s’être reconnu dans des saynètes de notre bouquin. L’open space et les nouvelles méthodes de management se diffusent partout. Avec ses non-dits et ses sourires de façade. “D’accord, mais vous proposez quoi ?” nous a demandé Laurence Parisot sur un plateau télé. Pour nous, le début d’une solution, c’est d’en parler. Alors parlons-en. "

http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/10/02/uAnCnndmX4Dx2/index.xml

http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/09/30/aa1JDesYB42jM/index.xml

jeudi, septembre 18, 2008

La rentrée d'Adjani dans "Un jour au collège" - "Journée de la jupe"

Personnage : Sonia Bergerac. Profession : professeur


Sonia Bergerac, professeur de français, essaie tant bien que mal d'affirmer son autorité face à une classe difficile. Un beau jour, les insultes fusent. Voyant Mouss et Sébastien s'isoler, elle s'approche et découvre que leur sac contient une arme qu'elle confisque. Mouss la menace. Un coup de feu part, blessant Mouss, et tout dérape : Sonia devient enragée , toutes les humiliations remontent, elle menace la classe de son arme, ferme les portes à clé et prend les élèves en otage. Le proviseur, la police, le raid et un négociateur se réunissent. Tous pensent que c'est Mouss qui a pris en otage la classe. Sonia, appelée par eux sur son portable, entretient de ce malentendu. A l'extérieur, le négociateur mène l'enquête. Les équipes de police réussissent à introduire une micro-caméra à l'intérieur de la classe et découvrent la réalité.

http://www.mascaretfilms.fr/photosfilms.php?t=2&fid=86

Avant-première : Festival de la Rochelle (18/09/2008).
Diffusion télévisée prévue pour 2009 sur Arte.


Interview du Sud Ouest du 18/09/08 : Les confidences d'Isabelle Adjani (Recueilli par Régine Magné)

Elle revient du Kazakhstan où elle a découvert une société et un cinéma qui n'ont rien à voir avec la caricature du film « Borat ». Encore sous décalage horaire, mais avec une fatigue qui n'altère en rien son enthousiasme et sa beauté, Isabelle Adjani nous reçoit chez elle, à Paris. Son appartement, à deux pas du parc Monceau, lui ressemble. Doux, harmonieux, paisible. Un salon avec trois canapés blonds qui entourent une cheminée où des bûches réchauffent la fin d'été frileux et une immense bibliothèque réunit des livres d'art et des romans qui accompagnent sa vie. On devine les autres pièces qui protègent son intimité.Isabelle Adjani se fait rare au cinéma (son dernier grand rôle remonte à « Bon voyage », de Jean-Paul Rappeneau, en 2003), il fallait ensuite aller au théâtre pour la voir dans « Marie Stuart » (2006), et c'est la télévision qui, après « Figaro », de Beaumarchais, mis en scène par Jacques Weber, lui offre un rôle classique. Dans son nouveau téléfilm, « La Journée de la jupe », de Jean-Paul Lilienfeld, présenté hors compétition au festival de La Rochelle, elle est Sonia Bergerac, professeur de français dans un lycée de banlieue, confrontée à la violence de ses élèves et du milieu dans lequel ils grandissent.

« Sud Ouest ». Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce personnage ?

Isabelle Adjani. Le scénario m'est arrivé par des voies différentes. Notamment par Smaïn, qui m'a dit que c'était un scénario coup de poing. Je l'ai lu, j'ai eu effectivement un choc immédiat et j'ai appelé le metteur en scène, que je ne connaissais pas. On s'est parlé du contexte actuel de l'éducation, de la nécessité de faire vite pour apporter ce témoignage. Mais il avait du mal à le monter pour le cinéma. Je lui ai dit que je répondrais présente s'il trouvait un producteur, et que ce qui m'importait, c'est que le film se fasse. François Sauvagnargue, le directeur de l'Unité fiction d'Arte, a eu l'intelligence et l'audace de se lancer avec Mascaret Films. On a tourné en un mois avec un budget modeste, discrètement. Personne ne savait que je faisais ce film, et c'était très bien comme ça !

Les jeunes comédiens amateurs savaient quand même avec qui ils jouaient !

Vaguement ! J'imagine que leurs parents me connaissaient mieux qu'eux ! En fait, je crois qu'ils n'en ont rien à faire qu'on soit connu ou non, leur propos était de vivre une expérience nouvelle. Je suis arrivée sur le tournage comme si j'étais vraiment leur prof, pas une actrice, et on a finalement échangé quelque chose qui nous touche. Les difficultés de ces adolescents, leur courage, leur force de vie me tenaient à cœur. On a vécu un huis clos oppressant, on était ensemble pour jouer, c'était un vrai travail. Ils ne savaient pas que le cinéma était aussi difficile, et certains qui avaient le désir de devenir comédiens ont renoncé, mais d'autres se sont révélés !

Vous avez vous-même grandi entre Gennevilliers et Courbevoie. Comment analysez-vous la violence qui touche aujourd'hui les jeunes des banlieues ?

Il y avait déjà à mon époque un sentiment de mise à l'écart, mais pas avec cette ultraviolence qu'on voit aujourd'hui. Je crois que les jeunes ressentent plus intensément une séparation d'avec les autres, ceux du « centre » des grandes villes. Il y a une sorte de mémoire ADN dans ces territoires industrialisés avec les immigrés qu'on a parqués. Les enfants sentent qu'on a utilisé leurs parents, il leur est difficile d'être dans l'esprit d'intégration qui était le mien et celui de mes parents. Même si « Nous pas bouger » est leur slogan, le processus de désintégration est tentant. Ils revendiquent ce que leurs parents n'ont pas osé demander. L'espace social les ostracise, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Pas de transports… Pas de cinéma… Pas de centre culturel. Le nom qu'ils portent est un obstacle à toute ascension sociale, même avec un bac + 5.

C'est un constat d'échec de toutes les politiques de la ville !

La misère avait amené leurs parents et grands-parents à un désir d'intégration absolue, elle les pousse à l'inverse aujourd'hui. Les jeunes se retrouvent avec une identité mal définie et se rapprochent de ce qu'ils trouvent dans leur proximité, une jungle urbaine « sans foi ni loi », où la foi devient celle de tous les intégrismes, et où le « sans loi » impose sa loi, celle du caïd, du clan, du plus fort.

Pourquoi ne pas vous engager sur le terrain politique comme votre amie la réalisatrice Yamina Benguigui, élue dans le 20e arrondissement et en charge de la lutte contre les discriminations ?

Oh, mon Dieu, non ! J'admire l'engagement dans le « politique » de Yamina et la plains de tout mon cœur ! Quel sacerdoce ! Je crois que si en tant qu'artiste, on peut avoir un acte politique, alerter et servir de relais social à travers une interprétation, c'est déjà formidable. Mais faire de la politique directement, ce n'est pas pour moi. C'est le pire métier au monde, après celui d'acteur !

Pourquoi vous faites-vous si rare au cinéma ?

J'aimerais qu'on me pose la question plus rarement, croyez-moi ! J'aimerais occuper les écrans au moins une fois par an ! Mais j'ai besoin d'être convaincue qu'il y a de l'art dans ce qu'on me propose pour être une artiste convaincante. Et si quelque chose est rare, c'est cette équation-là. Lorsque j'ai lu « La Journée de la jupe », je me suis dit, enfin une histoire forte, enfin un angle différent. Si Jean-Paul Lilienfeld a eu autant de mal à monter son film, c'est parce que le sujet de cette prof qui se fait agresser et répond à la violence par la violence fait peur. On était en train de tourner en mai dernier à Saint-Denis lorsque le film « Entre les murs » a eu la Palme d'or à Cannes. On s'est tous réjouis de voir qu'on s'intéressait enfin à la vie d'un lycée dans une zone difficile.

C'est quoi, être actrice pour vous ?

Je dis toujours que ce n'est pas une profession pour moi, mais une profession de foi. Cela ne fait pas de moi une mystique pour autant ! J'ai surtout besoin d'y croire. Il m'est arrivé bien sûr de travailler en n'y croyant pas, pour faire comme tout le monde, pour me mettre au boulot, et j'avais envie d'aller me cacher dans un trou de souris. Je n'étais pas heureuse, je ne donnais rien de valeur.

Mais vous tentez aussi d'initier des projets ?

Heureusement. Je n'abandonne pas l'idée de faire un film sur Marie-Madeleine Fourcade, qui était une grande résistante, je possède également les droits du journal d'Etty Hillesum, qui avait un regard bouleversant sur la Shoah. Je suis maintenant trop vieille pour l'interpréter, mais j'aimerais bien le produire ! Je développe un autre projet adapté du livre « Imposture sur papier glacé » et qui raconte la vie d'une très méchante rédactrice en chef d'un magazine people. Un vrai rôle de composition !

Votre vie personnelle n'a-t-elle pas parfois pris le pas sur votre carrière ?

Il y a une chose qui comptera toujours plus que tout dans ma vie, c'est la réalité familiale. Je ne trouve rien de plus triste pour une actrice que de réaliser un jour qu'elle n'a jamais eu le temps de voir ses enfants grandir… Ce choix est définitif : je suis une femme de cœur avant d'être une femme de tête.

Vous vous sentez apaisée ?

Quand on a vécu dans la passion, et qu'on a réalisé que la passion n'était pas ce qu'il y avait de plus constructif, il faut savoir décider, comme disait Françoise Sagan, d'être bien avec quelqu'un qui nous veut du bien, tout simplement. On peut vivre sans passion mais avec beaucoup d'amour et de tendresse. Et tout le monde s'en porte beaucoup mieux !

La réussite dans la musique de votre fils aîné, Barnabé, doit faire de vous une mère comblée !

Je lui ai fait la promesse de ne pas jouer à la maman fière de son fils. Il s'est engagé auprès de son groupe (Makali) à ne pas être identifié comme le fils d'une personne célèbre, et je trouve cela très digne et courageux. On nous a proposé des reportages ensemble, on a tout refusé. Il a du talent, mais comme toutes les mères, j'aurais préféré qu'il fasse HEC ! Les parents artistes qui prétendent qu'ils sont très contents que leurs enfants suivent le même chemin qu'eux sont des menteurs !

Vos propres parents avaient regretté que vous ne fassiez pas d'études supérieures ?

Évidemment. Mais mon métier nous a permis de vivre. Sans mes cachets, on se serait peut-être retrouvés SDF.

Votre jeune fils Gabriel Kane (13 ans) a une idée de ce qu'il fera plus tard ?

Je le pousse subtilement vers les études car lui aussi aime déjà beaucoup trop composer des chansons ! Mais il a eu vent que l'industrie du disque n'était plus très florissante, et comme il a sacrément les pieds sur terre, il n'a pas envie de se mettre dans une galère. Aux dernières nouvelles, il parle d'être avocat car il trouve qu'il sait très bien convaincre les gens !

Quelles valeurs essayez-vous de leur inculquer ?

D'avoir confiance en eux dans le respect des autres. D'être honnêtes mais sans être bonnes poires !

De tous les films que vous avez tournés, quels sont ceux pour lesquels vous avez le plus de tendresse ?

Je mettrais en premier « Adèle H. », de François Truffaut, qui a été mon passeport inattendu pour les États-Unis avec ma première nomination aux Oscars. Il y a ensuite « L'Été meurtrier », de Jean Becker, que j'ai interprété avec tout mon cœur et tout mon corps, et enfin « Camille Claudel », de Bruno Nuytten, parce qu'il m'a passionnée… Ça valait donc la peine de donner tant d'années de sa vie à un métier aussi bizarre ! Mes erreurs, mes regrets d'avoir fait, ou de ne pas avoir fait certains films, font de moi quelqu'un d'irréversiblement humain, et je suis fière d'apporter cette humanité à mon travail. Je ne m'arrêterai que lorsque je serai sûre que le chemin parcouru ressemble presque à mon rêve de départ.

http://www.sudouest.com/180908/une.asp?Article=180908aP3142498.xml

samedi, août 09, 2008

Emma à l'est ! : un blog exceptionnel à encourager

Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas, ci-dessous le lien vers le blog de Emma, une artiste qui aime Maryline Monroe comme jamais, Isabelle Adjani, Dewaere... et bien d'autres artistes encore et qui leur rend hommage comme jamais. Alors qui connait qui connait pas : ce serait sympa de l'encourager ou simplement la remercier sur son blog pour tout le travail et l'amour qu'elle y a mis dans la construction, le maintien de ce fil entre nous sur nos passions communes. Rien qu'un petit mot... Vous n'êtes pas des fantômes quand même !?


jeudi, juillet 10, 2008

Sur le tournage de Camille Claudel

Poster grand format en vente
dans la librairie du musee rodin de Paris (8 euros)

jeudi, juin 26, 2008

Mercredi 25 juin 2008 : 10ème anniversaire de l'assassinat du chanteur Matoub Lounès

Le 25 juin 1998, Lounès fût assassiné pour des raisons évidentes, dans des circonstances toujours pas élucidées aujourd’hui, mais certainement orchestrées par le régime algérien en place aujourd'hui.

Photos : k2raguelid.unblog.fr

"Que signifie pour toi le fait de chanter en tamazight ?"
Matoub : "En tant que chanteur, je suis le représentant d'une vision et d'une expression personnelle du monde qui m'entoure et de moi-même. Je ne veux pas mourir pour un héritage que je n'aurais pas assumé. Je revendique le fait d'être chez moi dans ma tête et dans mes mots et de vivre comme je le sens. C'est la raison pour laquelle j'utilise la langue amazighe pour brasser des émotions qui n'appartiennent qu'à nous parce que voir le monde à travers des yeux arabes du fond d'une âme berbère entraîne la mort. Et mon problème est que depuis l'indépendance, nous avons été honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, arabisés de force au nom d'une idéologie arabo-islamiste qui est devenue officielle au lendemain de l'indépendance. Cela dit, pour moi le public auquel je m'adresse possède un inconscient collectif qu'il s'agit de réveiller. Je veux lui faire retrouver une identité qu'il pensait avoir perdue. La langue que parle mon peuple, perfectionnée et enrichie par des siècles d'oppression coloniale et raciste, offre sur l'Algérie un angle de vision unique."


"Que représente pour toi la culture amazighe ?"
Matoub : "Qui ne sait rien de son passé ne sait rien de son avenir. Le but n'est pas, ne peut être, de revenir à un mythique age d'or du passé. La culture amazighe, c'est une question de civilisation et l'avenir de notre pays se jouera peut-être dessus. A travers la prise de conscience de mon identité, j'ai découvert le génocide culturel et le viol linguistique subis par les miens. J'ai, aussi découvert toute une culture méprisée, humiliée, déclassée, exclue des deux écrans (le grand et le petit), interdite de colonne et de séjour.Un sujet dont on ne parlait qu'à mi-voix. On est dans une situation pire que celle des Bretons, des Occitans, des Corses, des Kurdes, des Arméniens et des Indiens. Impossible que soient toujours vainqueurs les plus corrompus et les plus honnis par l'histoire ! Et c'est pourquoi nous refusons d'être les nègres blancs, les indiens, le tiers-monde du pouvoir. Nous refusons d'être bougnoulisés, quoi ! Il reste fort à faire pour préserver ce pays paisible et lui épargner les fléaux de la violence et de l'intolérance.Tout est encore possible, il faut seulement prendre des risques avec sa vie pour préparer des lendemains meilleurs. Je me défends donc je suis. On veut tout leur faire oublier, aux imazighen : Leur identité, leur langue, leur culture. Ils se trouvent rangés dans une catégorie mineure de citoyens ; pire, ils n'existent pas en tant que tels, hormis pour le service national et comme force de travail.Et quand ce n'est pas un gros bonnet de la nomenklatura locale ou un officier supérieur de l'ex Sécurité militaire qui leur cherche midi à quatorze heures alors qu'il est dix heures, c'est un wali qui grignote leurs terres ancestrales à coups d'édits et de décrets d'utilité publique et sans indemnisation ou si peu, tellement peu que les indemnisés n'en veulent pas.A ces représentants du pouvoir, je dénie le droit de débarquer en Kabylie en conquérants. Je rejette leur tutelle. Ce peuple à qui l'on a volé l'âme refuse d'être un peuple rampant. Il refuse aussi de perpétuer l'état colonial dans lequel les pouvoirs en place ont voulu tenir les deux Kabylie qui n'ont d'intérêt pour eux que lorsque nos frontières sont menacées. Ils ne nous auront pas. Tu peux leur dire qu'il ne faudra plus compter sur la jeunesse Amazighe pour aller au casse-pipe."

Matoub disait : "J'aime les mal aimés, les amours interdites, les damnés de la terre, les maudits, les irréguliers, les fous, les excentriques ... bref, ceux qui n'ont rien à perdre."

"Ma poésie est à tout instant une remise en cause, un prétexte à protestation contre les injustices, les abus, les tabous, etc."

lundi, avril 14, 2008

Camille Claudel : Exposition à Paris du 15 avril au 20 juillet 2008

Le mois d'avril est celui de Camille Claudel : la prochaine exposition se déroule au musée Rodin du 15 avril au 20 juillet 2008. -


L’association Camille Claudel :
http://www.camilleclaudel.asso.fr/
http://www.camilleclaudel.asso.fr/pageweb/sculptures.html

Le site "Camille Claudel par Reine-Marie Paris" présente l'artiste vue par sa petite nièce. Cette dernière est la petite-fille du poète Paul Claudel, frère de Camille. Passionnée par la vie et l'oeuvre de la sculptrice, elle détient la collection la plus complète au monde.
http://camilleclaudel00.free.fr/
http://camilleclaudel00.free.fr/spip.php?rubrique11

A noter : Présentation et dédicace de l’ouvrage « Camille Claudel, De la vie à l’œuvre, regards croisés » (par Silke Schauder - Préface de Reine-Marie Paris - Postface de François Claudel) , le Samedi 28 juin 2008, à partir de 18 h. A la librairie Lipsy, 15 rue Monge - Paris Ve - M° Maubert Mutualité En présence de Reine-Marie Paris et des co-auteurs.

Autre lien : http://www.exporevue.com/magazine/fr/camille_claudel.html


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Camille à l'oeuvre
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L'Aurore


L'Implorante


La Petite Châtelaine

La Joueuse de flûte

La Valse

Le niobide blessée (du musée de Bejaïa/Kabylie)

La Niobide blessée - Petite anecdocte (1886 -1907) :

Le 8 mars 1906, Eugène Blot écrit au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts pour lui recommander « la grande et pauvre Claudel, à laquelle vous pouvez peut-être encore faire la commande que vous voulûtes bien promettre à l'ami Delpeuch et à moi lors de votre bienveillante visite ici »[1]. Le 26 avril, est signé l'arrêté de la commande en plâtre d'une statuette pour 1 500 F et le 30, Camille Claudel est prévenue. L'artiste répond le 19 mai : « Je viens de terminer une esquisse originale en terre glaise (d'une haute originalité) mais je ne pourrais pas vous la livrer pour la somme modique que vous m'indiquez : je vous demande 500 F de plus car j'ai fait des frais considérables sur cette esquisse, m'étant servie d'un modèle français d'une beauté rare qui m'a fait payer très cher (seulement c'est une création) »[2]. Le 26 mai, le sous-secrétaire d'État répond : « Il n'est pas possible de vous accorder l'augmentation demandée »[3]. Camille Claudel accepte alors la commande et réclame « une avance de 200 F pour solder les premiers frais »[4]. Le 20 juin, un rapport est demandé à Armand Dayot qui voit un modèle presque terminé. Il écrit : « L'oeuvre (est) pleine de qualités remarquables. J'estime qu'il y a lieu de l'accepter et d'attribuer d'urgence à cette artiste qui est dans le plus grand besoin un acompte de 800 F »[5]. Une note d'ordonnancement est signée le 9 juillet, accordant la somme demandée à l'artiste qui, son oeuvre achevée, écrit trois mois plus tard : « D'après le choix de M. Armand Dayot j'ai exécuté une Niobide mourant d'une flèche (...) veuillez me dire où je dois faire livrer cette statuette et vouloir bien me la solder complètement »[6]. Le 16 octobre, Eugène Morand, conservateur du Dépôt des marbres de la rue de l'Université, reçoit l'ouvrage « en bon état » et l'inscrit à l'inventaire sous le numéro 2046. Le 18, une note d'ordonnancement est signée, organisant le solde de la commande, soit 700 F.

Le 15 février 1907, un arrêté est signé, passant commande du bronze de la Niobide blessée pour la somme de 3 000 F payables en plusieurs exercices. Camille Claudel accepte la commande qu'elle « espère pouvoir livrer vers le milieu de mars »[7]. Le 3 avril, Eugène Blot à qui l'artiste a confié la fonte, écrit à Dujardin-Beaumetz qu'il « s'est présenté au Dépôt des marbres pour y prendre le plâtre qui lui a été refusé il y a environ un mois. Elle (Camille Claudel) a écrit depuis plusieurs lettres restées sans réponse et me prie de m'adresser à vous »[8]. L'artiste pensait à une cabale de Rodin contre elle et demande que le plâtre lui soit livré[9]. Le 20 septembre, Camille Claudel prévient le sous-secrétaire d'État que « sa statue est depuis longtemps terminée » et le 30, un rapport est demandé à Armand Dayot. Ce dernier étant absent, Eugène Morand est contacté le 14 octobre pour le remplacer mais il demande à être « déchargé de cette mission ». Ayant reçu de l'artiste « des cartes postales d'une telle grossièreté et des enveloppes renfermant de telles ordures malodorantes, écrit-il, je désire n'avoir aucun rapport avec Mlle Claudel (...) contre laquelle je me réserve de porter plainte devant le Procureur de la République si le fait se reproduisait »[10]. Armand Dayot se rend finalement chez Eugène Blot pour rédiger son rapport : « L'oeuvre est belle, et je ne pouvais en la regardant, que me réjouir de l'avoir trouvée toute faite dans l'atelier de l'artiste et de ne pas lui avoir commandé une sculpture nouvelle que, présentement il lui est impossible d'exécuter »[11]. Le 20 décembre, le bronze est reçu au Dépôt des marbres où il est inscrit à l'inventaire sous le numéro 2161. Le 9 janvier 1908, n'étant toujours pas payée, Camille Claudel fait intervenir le chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères, sans doute grâce à son frère Paul. Le 14 janvier, une note d'ordonnancement est signée, réglant les 3 000 F de la commande. Le 11 avril 1910, un arrêté stipule l'attribution du plâtre de la Niobide blessée au musée de Bougie en Algérie et, le 12 septembre 1935, G. Huisman signe l'arrêté de dépôt du bronze à la Préfecture maritime de Toulon où A. Rivière le retrouve en 1983, abandonné dans un bassin, dénaturé par une épaisse couche de calcaire qu'une malencontreuse « restauration » essaiera de faire disparaître à coups de burin ! À l'issue de l'exposition de 1984, tant pour l'intégrité de ce bronze que pour un devoir de présentation au public, le Fonds national d'Art contemporain attribue l'oeuvre au musée de Poitiers qui le fait traiter longuement par les ateliers de restauration des Musées de France sans toutefois pouvoir restituer son aspect originel.La réalisation de cette oeuvre, comme on peut le voir, ne se passa pas sans problèmes et l'importante correspondance échangée entre l'artiste et l'administration des Beaux-Arts témoigne des difficultés auxquelles Camille Claudel dut faire face en cette occasion et de la fatigue dans laquelle Armand Dayot semble l'avoir trouvée en décembre 1908. Plutôt qu'une oeuvre nouvelle, Dayot choisit visiblement une étude pour le personnage féminin du Sakountala qui ne présente d'autres différences avec l'oeuvre de 1888 que dans le traitement de la chevelure, ici tombante, et le prolongement de l'arbre sur lequel est assis le personnage et qui se substitue ici au point d'appui qu'est l'homme du Sakountala. Il ne s'agit pas de l'esquisse photographiée en cours de réalisation dans l'atelier et qui semble beaucoup plus grande que la Niobide. L'isolement de ce personnage contribue inévitablement à l'impression de déséquilibre, en écho au goût de l'artiste pour la projection de ses sujets dans l'espace. Reprise de l'aveu d'amour qu'était le plâtre de 1886, cette image de femme « mourant d'une flèche » suit encore une fois de trop près la vie de l'artiste pour n'y voir qu'une coïncidence et situe l'oeuvre dans la lignée des réalisations d'inspiration autobiographique. Nous ne reviendrons pas sur les accusations portées par l'artiste à l'encontre de Rodin coupable, selon elle, du vol de « différentes esquisses sur lesquelles il a jeté son dévolu »[12]. Elles font aujourd'hui partie de la légende de Camille Claudel et illustrent la terrible solitude qui semble avoir été la sienne après 1905 et qui la conduisit à la folie puis à l'internement. Antoinette Le Normand-Romain, dans le Catalogue de l'exposition Rodin : La voix intérieure, étudie les ressemblances entre Niobide et deux oeuvres de Rodin, L'Ombre et La Méditation. Si l'on date l'oeuvre de Camille Claudel de 1886, la comparaison est évidemment à reconsidérer.

[1] Lettre d'Eugène Blot au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (8 III 1906); Paris, Archives nationales, F 21 4189 .
[2] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 19 V 1906) .
[3] Lettre du sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts à Camille Claudel (26 V 1906) .
[4] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 30 V 1906).
[5] Rapport d'Armand Dayot (30 VI 1906) ; Paris, Archives nationales, F21 4189.
[6] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 6 X 1906).
[7 ]Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 18 II 1907).
[8] Lettre d'Eugène Blot au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 3 IV 1907).
[9] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 4 IV 1907).
[10] Réponse d'Eugène Morand au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (le 15 X 1907).
[11] Rapport d'Armand Dayot (15 XII 1907).
[12] Lettre de Camille Claudel au sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts (s.d., reçue le 4 IV 1907).

Lien : http://www.camilleclaudel.asso.fr/pageweb/niobide.html

Persée et la Gorgone

samedi, mars 29, 2008

lundi, février 25, 2008

Dimanche 24 février 2008 : Daniel Day Lewis Meilleur Acteur

Discours de Daniel Day Lewis (Vidéo oscars 2008) : http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=002c95ce-e52b-4098-bd16-d2d1202c4ace


L'Irlandais Daniel Day- Lewis a remporté dimanche son deuxième Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans "There will be blood", un prospecteur de pétrole ardent sans scrupules en Californie (ouest des Etats-Unis) au début du XXe siècle.
"Je remercie sincèrement l'Académie de me donner un grand coup avec le gourdin le plus généreux en ville", a déclaré M. Day-Lewis, lors de la cérémonie au théâtre Kodak, dans le centre de Los Angeles.


L'acteur irlandais, 50 ans, avait son premier Oscar du meilleur en 1990 pour avoir incarné un discret personnage de peintre- écrivain souffrant de paralysie spasmodique.
Son rôle dans le film "There will be blood" ne pouvait pas être plus diamétralement opposé à celui du peintre-écrivain qui lui a apporté une petite statuette dorée, selon des critiques cinématographiques.

There will be blood :

Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.

Au nom du père :

En 1975, Gerry Conlon, jeune délinquant originaire de Belfast, est arrêté par la police londonienne qui l'accuse d'être l'instigateur des attentats terroristes à Guildford pour le compte de l'IRA. Sous la pression des policiers, Gerry signe des aveux fabriqués de toutes pièces qui non seulement le mettent en cause mais également Pau Hill son ami d'enfance, un couple d'amis hippies, ainsi que plusieurs membres de sa famille dont son propre père.

 
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