En cette date du 20 avril 2016, les Kabyles fêtent de manière pacifique le printemps berbère.
Des marches et des conférences sur le printemps berbère sont organisées à cette occasion. Mais un bon nombre de conférences semble être interdit de nouveau sous ordre de l'Etat algérien, comme ce fut le cas lors du 1er printemps berbère, le 20 avril 1980, lorsque Mouloud Mammeri voulait faire une conférence sur les poèmes anciens à l'université de Tizi-Ouzou. Des arrestations semblent être également planifiées par la police algérienne.
Malgré les tentatives de récupération et de manipulation par le gouvernement algérien, le sentiment d'appartenance à un peuple noble et libre, les Imaziɣen, est plus fort encore aujourd'hui. La perte humaine de Kabyles tels que Tahar Djaout, Matoub Lounès, les 127 jeunes morts au printemps de 2001, les 5000 blessés de 2001 attaqués par la police algérienne, les autres jeunes ciblés lors des printemps des années suivantes, l'incarcération du Dr Kameddine Fekhar et les autres détenus de Ghardaïa.... sont toujours à l'esprit des Kabyles; la mémoire de tous ces hommes et ces femmes qui ont combattu pour la culture, pour Tamaziɣt, pour la liberté reste intacte, étant donné qu'à l'heure actuelle aucune réparation de ces crimes n'a été faite, aucune sanction à l'encontre ces tortionnaires n'a été prise.
Il reste maintenant à déterminer les orientations à prendre en bonne intelligence pour vivre dans un Etat kabyle paisible, libre et soucieux de la transmission culturelle et linguistique avec une école des lumières à rebâtir. Les orientations culturelles et religieuses des gouvernants algériens ne sont pas celles des Kabyles qui aspirent à autre chose, à la liberté de pensée, à la transmission de la langue, de la culture, l'histoire ancestrale qui lui est sienne.
Photo : Le Djudjura au printemps, de Smaïl Aliane
Les Kabyles sont les fleurs du printemps berbère. Ils ne peuvent aujourd'hui que compter sur eux-mêmes pour bâtir un avenir meilleur pour leurs enfants.













