vendredi, décembre 21, 2012

vendredi, décembre 07, 2012

Bande dessinée - Jugurtha

Le personnage et la vie de Jugurtha ont inspiré Jean-Luc Vernal et Hermann qui ont mis en scène les aventures du guerrier dans une série de BD (publiée en 1975 puis en 1991).

En voici quelques extraits (Livre 1 : Le lionceau des Sables)


 


jeudi, décembre 06, 2012

L'Afrique du Nord en cartes


On les a appelés les Lebous ou bien les Lybiens, les Maures, les Numides, les Gétules. Ce sont les Berbères. Plus exactement et justement : les Imaziɣen, « les hommes et les femmes libres ». Ils s’appellent eux-mêmes comme cela... Historiquement ils occupaient toute l’Afrique du Nord, leur espace.

L’Afrique du Nord a connu une succession d’occupations, de dominations :
1-     les Phéniciens (-1000)
2-     les Romains  (- 400 +400)
3-     les Vandales (431  533)
4-     les Byzantins (533 647)
5-     les Arabes (647)
6-     les Turcs (1514)
7-  les Français (Espagnols et Portugais de façon plus sporadiques) (1830 1962) 

Jusqu’à l’arrivée des Turcs, une occupation chasse l’autre.
Ces invasions sont venues d’Est en Ouest, sauf pour les français qui sont venus par Alger.

Plus les occupants allaient vers l’Ouest, plus leur occupation s’affaiblissait vu l’étendue du territoire et la densité la population à l’Ouest. 

Les Phéniciens (domination punique)

La Phénicie est l’ancien nom donné à la bande côtière du littoral syro-libanais. Elle regroupe le Liban, la ville de Tyr (ville et port phénicien près d’Israël) et la Perse. Selon certaines traditions, les Tyriens auraient fondé des comptoirs sur les côtes africaines dès le XIIe siècle avant J-C. Si les marins phéniciens avaient ainsi atteint l’Atlantique, il semble que leur colonisation ait progressé d’Est en Ouest par bonds successifs, et qu’ils s’installèrent à Carthage  avant de porter plus avant leurs colonies.

Le premier royaume berbère remonte avec l’affrontement de Carthage contre Rome au 5ème siècle.


Les Berbères sont installés sur toute la côte africaine et vendent des marchandises. Au IIIe siècle avant J-C, l’Afrique du Nord est divisée entre trois régions berbères distinctes :
-  A l’ouest, la Maurétanie, le royaume des Maures. Il s’agit du Maroc septentrional. La frontière est l’actuelle Moulouya.
-  A l’est, près de Carthage, le royaume des Massyles avec le roi Gaïa. Cette région correspond à l’Est-Algérien dominé par Carthage.
-  Au centre de ces deux régions, la Numidie, le royaume des Masaesyles sur lequel règne le roi Syphax.
Syphax et Gaïa se disputent Cirta (Constantine), la ville de tous les enjeux et de toutes les convoitises.

Face à l'expansion phénicienne et aux impôts, on assiste déjà à une résistance des Berbères. En multipliant les révoltes, les Berbères manifesteront cet esprit d'indépendance auquel se heurteront tous les envahisseurs.

Carthage (ville fondée en 825 av. J-C sous l’impulsion de la princesse phénicienne Didon) va changer la donne économique, historique des Berbères. Très florissante, elle devient une grande puissance économique. Elle devient la rivale, la concurrente de Rome. CARTHAGE va s’opposer à ROME. Cette opposition va provoquer des guerres : les Guerres Puniques (264 - 146 av. J-C). Trois guerres successives dans lesquelles les Berbères vont s’investir quand-même. Carthage va prendre des Berbères et des Siciliens  pour se battre contre Rome. Les Berbères vont prendre leur revanche contre ceux qui leur font payer les impôts et vont s’allier aux Romains. Ceci aboutit à la destruction de Carthage. C’est Massinissa, roi berbère, fils de Gaïa, qui a été d’un poids décisif qui fait la perte de Carthage face à Rome. Carthage est rasé par les Romains. Soumis par les Romains au 1er siècle avant J-C elle devient capitale romanisée.
La culture et la langue puniques se sont propagées sur l’ensemble du territoire africain et beaucoup de berbères adoptèrent la langue punique comme langue de commerce.
Les berbères vont rester en marge de l'occupation romaine et garde beaucoup d'élément de la culture punique jusqu'à St-Augustin (430), père fondateur de la chrétienté.


       La période romaine (8 siècles), présence romano-chrétienne (-400,+400)

La chute de Carthage (146 avant J-C) marque le début de la domination romaine en Afrique. Les Romains viennent donc remplacer les Phéniciens. Les possessions carthaginoises sont transformées en province romaine. Ainsi naît l’Africa.

   Son étendue est modeste puisqu’elle ne représente, avec moins de 25 000 km2, que le tiers Nord-Est de la Tunisie actuelle. Selon la coutume romaine, le territoire est découpé en centuries carrées (environ 50 hectares). Le gouvernement de l’Africa est confié à un magistrat qui reçoit le titre de proconsul. Il réside à Utique, avec ses légats et ses attachés choisis à son gré. Il administre, pratiquement sans contrôle, sa province avec le concours du questeur désigné par le Sénat.
   Sept villes d’Afrique avaient reçu la liberté pour le prix de leur rupture avec Carthage ; elles s’administrent librement, mais sont soumises à des obligations militaires et financières.
   Les propriétés des Carthaginois sont transformées par Rome en domaine public. Les colons s’installent en Afrique et se partagent, par tirage au sort, 150 000 hectares.

   L’extension de la présence romano-chrétienne est faite sur la Berbérie pendant 8 siècles avec une influence inégale sur les différentes régions de la Berbérie. Les deux derniers siècles sont vraiment chaotiques puisqu’ils connaîtront énormément de batailles.
On constate que malgré 800 ans d’occupation, il n’y a aucun effet sur le devenir de cette région : il y a inadéquation entre les Romains et ce qu’ils ont occupé.
Malgré son pouvoir central aussi bien du côté de Carthage que du côté de Rome et malgré sa tradition scripturaire, sa religion et une très forte armée de métier, la civilisation romaine n’a pu venir à bout de la civilisation berbère. Pourtant elle paraît à priori fragile puisque :
- c’est une civilisation orale,
- les villages et les tribus sont désunis et épars,
- il n’y a pas de pouvoir central ; lorsqu’il en émerge un, il est plutôt marginal.

3 temps dans l’extension progressive de Rome :
1-  Carthage et les environs (actuel constantinois + actuelle Tunisie)
2-  Milieu du 3e siècle : l’occupation est à son zénith. Toute la partie riche de la Berbérie est occupée (Djerba, jusqu’à Rabat(Ouest)). Rome n’a pas pu s’imposer à l’ensemble de la Berbérie.
3-  Milieu du 4e siècle : ce n’est plus une avancée mais un reflux. La présence romaine se limite à l’embouchure de l’actuelle rivière (El Asnam).

A l’intérieur même de cette ère géographique occupée, certaines régions petites en surface mais très peuplées sont restées complètement inaccessibles (régions montagneuses du Rif, dans le Nord Marocain, dans tout l’Atlas Marocain, de l’Ouarsenis (massif calcaire de l’Algérie au sud du Chélif) et la Kabylie ).
En résumé, il faut dire que les Romains ne se sont opposés qu’à une partie restreinte de la Berbérie et qu’à un niveau historique c’est de cette partie dont il est question. De la masse des Berbères restée indépendante, nous savons qu’ils ont été irréductibles.
 






 

 
Free counter and web stats