lundi, janvier 18, 2010

Isabelle Adjani : Sacrée "Meilleure actrice 2009"

Ce vendredi 15/01, à l'Hôtel de Ville de Paris, Isabelle Adjani reçoit le prix Lumière de la meilleure actrice, pour le rôle de Sonia Bergerac, professeur de français, dans "la Journée de la Jupe" de Jean Paul Lilienfeld.
Les prix Lumières sont attribués par la presse étrangère en poste à Paris au cinéma français. Créés par Daniel Toscan du Plantier, les Lumières fêtaient leur 15ème anniversaire.
-

Sources : http://www.flickr.com/photos/nicogenin/4277159063/in/set-72157623095462615/

http://people.premiere.fr/

Extrait du film : http://www.youtube.com/watch?v=dF3BBUqQdA0

Bande annonce de La Journée de la Jupe : http://www.youtube.com/watch?v=eswZhtpvtow

Extrait du film : http://www.youtube.com/watch?v=dF3BBUqQdA0

mardi, janvier 12, 2010

Yennayer 2960 : nouvel an amaziɣ ce 12 janvier

Dacu i tzemred’ agh-t-id tinid’ ass-agi aff yennayer ?

Yennayer ! D’abord, comme chaque civilisation, la notre aussi possède son nouvel an. Comme le disent nos ancêtres ; Tibbura useggwas, "les portes de l’année", elles s’entrouvrent et il y a toute une mythologie derrière, toute une organisation sociale, une organisation - je dirai même - politique, culturelle, etc. qui permet de re-démarrer quelque chose, qui permet à une société de faire un point sur ce qu’elle a vécu et envisager un avenir. C’est ça Yennayer, c’est d’abord ça. C’est-à-dire comment à partir d’aujourd’hui envisager les jours qui nous attendent. Donc, Yennayer c’est le nouvel an, c’est souhaiter la bonne année à tout le monde. Il faut changer de repas, il faut couper les cheveux aux petits garçons parce que ça permet aussi de re-générer : symboliquement c’est comme lorsqu’on coupe les branches des arbres pour que la sève remonte et qu’ils se re-génèrent. Donc Yennayer est, pour nous, un moment important dans notre vie psychique parce que ça nous permet d’abord de nous rassembler autour d’une date, de nous rassembler autour d’un repas commun, de nous rassembler autour d’un rituel, et cela permet une résonance émotionnelle qui assure la cohésion sociale de la Kabylie et des Berbères d’une façon générale. Donc il faut l’encourager et aller de l’avant.
-
Dacu txedmed’ aseggwas agi ?

Lligh di tmurt n Leqbayel. Lligh deg wedfel, umbaad s’begh-d ar Tegzirt nexdem tameghra, nezla ayazid’, nexdem seksu , necd’eh’, ned’sa, nessawel akw I wigad nh’emmel. Yennayer yessemlal tasa d wa yturew. Ata dighen wayenb umi yelha Yennayer : Wid yellan mghunzan ur ttemlaâin ara, ass nni n Yennayer, yal wa ir’uh’-ed ar wayed’, kul yiwen icudd-d s iz’uran n twacult, n wegraw. Yennayer nni am akkenni d lweqt id ir’uh’en ad isemlil atamaten illan fer’qen kul yiwen amek acku tezrid’ amek tella lxudma, amek tella amek tella tmurt...
-
Par Hacène Hirèche (2004)
-

lundi, janvier 11, 2010

Qui sont, d'où viennent les Berbères ?

Etymologie, histoire de l'Afrique du Nord :

L’Afrique du Nord était habitée exclusivement par des Berbères.

Le mot Afrique vient du mot berbère Taferka qui désignent les vergers (endroits avec des arbres fruitiers). Les Romains l'ont appelé Africa.

L'histoire de l'Afrique du Nord consiste en une énumération de succession, de domination …
1- Phéniciens
2- Romains (-400, +400)
3- Vandales (+406)
4- Byzantins
5- Arabes
6- Turcs
7- Français (Espagnols et Portugais de façon plus sporadiques)

Ces invasions sont venues d’Est en Ouest, sauf pour les français qui sont venus par Alger. Plus les conquérants allaient vers l’Ouest, plus leur occupation s’affaiblissait vu l’étendue du territoire et la densité la population à l’Ouest.

Les Berbères sont mentionnés comme résistants à la domination. L'historiographie a été l’œuvre des occupants. Gabriel Camps, préhistorien écrit : « Il est facile de reprendre l’histoire de l’Afrique du Nord par les jeunes Républiques mais ces dernières ont négligé le fait berbère et l’ensemble des pays berbères ont considéré que l’histoire est entachée de colonialisme et ont écrit l’histoire pour glorifier la période arabo-musulmane (au 7ème siècle, c’était un jaillissement de lumière et l’éclat ) ».

Dire aujourd'hui que les Berbères sont arabes, c'est dire aussi que les Américains sont anglais !

Origine du mot Berbère :

Le terme de Berbère par lequel sont désignés les plus anciens habitants de l’Afrique de Nord vient du grec Barbaroi : tout ce qui est en dehors de la civilisation européenne. Il désigne ceux dont on ne comprend pas la langue lors des occupations. C’est une appellation méprisante donnée par un vainqueur à un vaincu ou par un voyageur sûr d’appartenir à une civilisation supérieure. Ce n’est pas le nom qu’un peuple se donne à lui-même.
On les a aussi appelés les LEBOUS ou bien les Lybiens, les MAURES, les NUMIDES, les GETULES, les SARASINS.
Les Berbères s’appellent eux-mêmes Imaziɣen (amaziɣ au singulier qui signifie "l'homme libre", imaziɣen au pluriel : "les hommes libres").

Il convient de distinguer les Berbères (l'ensemble des Imaziɣen, i.e les habitants de l'Afrique du Nord) et les berbérophones (les régions berbères).

Ces régions berbères sont :
- les Kabyles -> la Kabylie
- les Rifains -> le Rif
- les Chaouis -> les Aurès
- les Touaregs -> le Sahara
- les Chenouis -> Chenoua
- les Mozabites -> Mzab, ....

Chaque région a développé des spécificités.


Pourquoi les hommes libres ?

La caractéristique fondamentale de la culture berbère est que les Berbères ont toujours refusé le pouvoir central. Mais quand il y a nécessité de survie, ils adoptent un pouvoir central dans lequel peut régner un homme ou une femme et qui peut éventuellement transmettre son pouvoir aux descendants. C'est ce qu'on appelle un pouvoir subsidiaire. Si le village ne résout pas les problèmes, c'est la tribu, et sinon après la confédération.

Donc l’unification des Berbères autour d’un personnage est plutôt rare mais existe. Il y a émergence d’un souverain (agellid) uniquement pour conduire les affaires de la guerre. Un des premiers agellid connus est Massinissa (Mas nsen : « leur seigneur » en berbère).

Les Royaumes (Massinissa, Jugurtha) étaient éphémères et essentiellement fondés sur une conjoncture précise : celle de résister à l’occupant. Les Berbères n’ont jamais ressenti le besoin de créer une administration, une armée. Les villages étaient eux-mêmes de véritables républiques minuscules mais réelles avec les assemblées de villages (agraw n taddart, tajmaat depuis le Moyen-Âge).
Ces villages ou tribus se sont toujours confrontés. La structure segmentaire de la société berbère construite sur le modèle familial n'a pas permis de création d’un état. La famille forme un groupe, un clan économique, politique et social.
Il y a une opposition constante entre les groupes pour garder chacun son indépendance, sa souveraineté.
Les groupes ne se rassemblent que pour discuter des tâches extérieurs au groupe :
- construire une maison qui demande de déplacer des pierres de très loin ,
- lutter contre un autre village,
- en fonction des tâches, on peut demander l’aide à un autre village, ex : combattre l’ennemi d’où l’émergence d’un pouvoir central mais dont le sens n’est pas celui donné en Europe ,…
Les Berbères se désolidarisent lorsque l’ennemi est vaincu.
Les Berbères n’ont jamais voulu être gouvernés.
Les occupants ont voulu récupérer les Berbères par une propagande. Ils se sentaient chez eux : ils voulaient assimiler les Berbères.


Le village (en berbère : taddart qui vient de dder : vivre ):

On ne trouve jamais de village isolé. La nécessité de se défendre contre toute menace a poussé les Berbères à occuper les plateaux ou les versants de montagnes mais le plus souvent les crêtes. Cette configuration géographique détermine aussi la structure du village dont la fonction essentielle est de protéger l’intimité du groupe.
DJEMÂA est au centre du village. Autour d’elle s’agglutine l’ensemble des maisons comme pour chercher la protection.
Le groupe familial traditionnel habite dans de petites maisons groupées autour d’une cour commune.


Plusieurs Iderma ( fraction : adrum ssef ) constitue lhara ufella et nbwadda. Adrum est la cellule de base constituée autour de lien de consanguinité. Chaque adrum a son emplacement. Un étranger du village ou d’ailleurs peut être accepté dans un adrum s’il demande à y être intégré, et s’il accepte de respecter les conditions.

Malgré les occupations, les Berbères continueront à vivre selon leurs anciennes coutumes locales. La vie des gens est rythmée en fonction des saisons. Les croyances également, les rites existent en fonction du temps.

Les Berbères étaient animistes. Ils ont connu suite aux occupations les trois religions (le polythéisme, le christianisme, l'islam).

L’ancienne religion des Berbères était basée sur le polythéisme. Ils croyaient à l’existence de plusieurs dieux mais de dieux locaux représentés par les éléments naturels : les arbres, les sources d’eau. Autrefois on invoquait le dieu de la pluie, Anzar, lors de cérémonies où l'on demandait la pluie lorsqu'elle venait à manquer en période de sècheresse... Une jeune fille joue le rôle de "tislit n wanzar" : toilette et parure dues à une mariée, cortége nuptiale. Elle tient en main "aɣenja" une louche et la procession chante des invocations à Anzar, le roi de la pluie, tout en quétant de porte à porte. On reçoit ainsi semoule, viande, graisse, oignons etc... Arrivé dans un sanctuaire, le cortège s'arrête et les femmes préparent un repas cérémonial avec ce qui a été rassemblé. Tous les accompagnateurs y prennent part. Lors de ce rituel on marie Anzar à une femme pour appeler la pluie. Lorsque la pluie tombe, c’est la fécondation de la terre.

Pour les Berbères, dans la mythologie, les choses peuvent avoir une âme comme les êtres humains. La pluie et la terre étaient considérées comme des dieux mâles et femelles. Les Berbères pratiquent toujours le culte des saints (offrandes dans les mausolées).

La société berbère a pour cellule essentielle la famille agnatique, fondée sur la parenté en ligne paternelle. L’autorité du patriarche est absolue. A sa mort, la souveraineté passe non à son fils aîné, mais au plus âgé des agnats. La vie pastorale ou agricole impose la constitution de groupements qui constituent de petites républiques soumises à une assemblée gérontocratique. Au-dessus des familles d’agnats, des groupes de familles pastorales, des républiques villageoises, les tribus sont de petits états. Formé pour la défense et l’attaque, les tribus triomphent ou disparaissent, s’étendent ou se replient au hasard des guerres.

Sources : Divers historiens et personnes qui se sont penchés sur l'histoire des Berbères

Rois et reines berbères

De très grandes figures de résistants amaziɣs se sont imposés dans l’histoire.
Ces figures historiques ont marqué l'histoire de l'Afrique du Nord qui est au fondement amaziɣe avec un peuple amaziɣ, une langue amaziɣe, le tamaziɣt, une culture amaziɣe millénaire qui va traverser les siècles malgré les différentes invasions extérieures.
-
Ces rois amaziɣs (appelés aussi rois "berbères")  sont :
- l’ambitieux Massinissa
- Micipsa
- Jugurtha
- Juba I
- Juba II
- Tacfarinas, chef de guerre
- ...
-
Des femmes également ont combattu. Il s’agit principalement de la célèbre reine Kahina : un personnage légendaire de l’histoire des Berbères. Plus près de nous, Lalla Fatma N’Soumeur « prophétesse berbère » de la tribu des Illilten en Kabylie algérienne, est souvent oubliée mais elle aussi est une véritable combattante berbère : dans les années 1850-1855, elle a organisé la résistance armée contre la colonisation française en Grande Kabylie.


-
Massinissa



Monnaie à son effigie
sur lesquelles il porte le diadème et la couronne laurée

Massinissa est le fils du roi Gaïa :


Massinissa :
Mas nsen : « leur seigneur » en berbère
· né en –238 , mort en –149 à l’âge de 90 ans
· Roi des Numides orientaux
· Elevé à Carthage, il fut d’abord l’allié des Carthaginois, avec lesquels il combattit Syphax, roi des Numides occidentaux, puis les Romains en Espagne. Ce sont les tribus massyles qui ont donné la puissance à Massinissa jusqu’à en devenir un grand roi.
· Puis il participa à la victoire de Rome face à Carthage dans le but de libérer la Berbérie de l’emprise du pouvoir carthaginoise.
Vers –206, il noua des intelligences avec le général romain Scipion et seconda désormais les Romains dans leur lutte contre Carthage ; grâce à leur appui, il put faire prisonnier Syphax (–203), dont il épousa la femme, Sophonisbe (carthaginoise, fille du général Hasdrubal). Scipion désapprouva ce mariage parce qu’il voulait faire paraître Sophonisbe à son triomphe mais Massinissa, pour épargner cette honte à la princesse numide, lui envoya du poison.
· Il commanda la cavalerie à Zama, où il contribua beaucoup à la victoire (–202) et devint le plus puissant souverain de l’Afrique du Nord, imposant son autorité depuis la frontière tunisienne jusqu’à la Moulouya. Ce grand roi berbère étendit largement la civilisation punique mais ouvrit aussi son royaume aux influences helléniques. Il régna sur toute la Numidie pendant 60 ans et construit des villes de 5000 habitants.
· Massinissa est un grand indépendantiste. Son projet politique le plus cher fut l’ « unification de tous les royaumes numides » (L’Afrique du Nord). Contre les étrangers, qu’ils fussent Phéniciens ou Romains, il proclamait, assure Tite-Live, que l’Afrique devait appartenir aux Africains. C’est lui qui lança le slogan « l’Afrique aux Africains ».
· A sa mort, sur ses fils encore vivants, trois seulement sont nés d’épouses légitimes : Mastanabal, Micipsa, Gulussa. Massinissa veut transmettre son trône à son fils aîné mais les Romains vont s’immiscer dans les affaires politiques.
· Dix ans après sa mort, on lui éleva un temple à Dougga en Constantine.
-
A 37 ans, Massinissa devient un des plus puissants souverains du monde, et grâce à lui la Numidie entre glorieusement dans l’histoire universelle. Pendant le demi-siècle que dure son règne, il travaille à faire des deux royaumes numides réunis un véritable Etat qui pourra lui survivre. Il encourage l’agriculture, persuadant les nomades de travailler la terre, car il est plus facile de lever des impôts sur des paysans sédentaires que sur des éleveurs à l’esprit indépendant, toujours prêts s’enfuir et à se rebeller contre le pouvoir central. Certes, avant lui, la Numidie était déjà un pays agricole prospère, mais Massinissa augmente encore la surface des terres cultivées, des champs de blé et d’orge, mais aussi de grands vergers de figuiers et d’oliviers. Lui-même donne l’exemple en créant un domaine royal important. A sa mort, il lèguera à chacun de ses fils encore vivants une propriété de 850 hectares, avec tout le matériel nécessaire à l’exploitation. Lorsque Rome a besoin de blé pour nourrir son armée, c’est en Numidie qu’elle l’achète, ainsi que les éléphants pour la guerre, et les lions et les panthères pour les jeux du cirque dont le peuple raffole. En même temps, les villes numides s’agrandissent et s’ornent de monuments ; les bourgs fortifiés se multiplient pour protéger le paysans contre les incursions de tribus nomades restées rebelles, ou qui lancent des raids depuis les confins du pays. Massinissa possède une armée, une flotte et fait frapper des monnaies de bronze à son effigie sur lesquelles il porte le diadème et la couronne laurée. Il vit à Cirta, sa capitale, dans l’ancien palais de Syphax.
-
-
Micipsa :

Après la mort de Mastanabal et Gulussa, Micipsa hérita du royaume et régna pendant 30 ans (148- 118 av J-C).
Il adopta son neveu Jugurtha (le fils de Mastanabal) comme son propre fils.
Micipsa continua l’œuvre de son père, embellit la capitale et attira vers la Numidie des Grecs cultivés pour propager, à travers le pays, les arts et la culture.
La puissance de la Numidie unifiée inquiéta Rome, qui accentua la pénétration et obligea Micipsa à partager le royaume en indivis entre ses 2 fils Hiempsal I et Adherbal (ses fils légitimes) et son neveu Jugurtha (son fils adoptif).

Rome va connaître un adversaire redoutable : JUGURTHA (ou Yugurthen qui signifie yugar iten « le plus fort d’entre eux »). Beau, intelligent, habile à utiliser les faiblesses de ses adversaires, il est un personnage de premier ordre.
-
-Jugurtha :
· né en –160, mort en –104 à Rome
· Roi de Numidie de –118 à –105
· Fils illégitime de Mastanabal, le plus jeune des fils de Massinissa, il fut élevé à la cour de son oncle Micipsa qui, à sa mort (–118), partagea ses Etats entre ses deux fils, Hiempsal et Adherbal, et Jugurtha. Ambitieux, rusé et cruel, impatient de régner seul, Jugurtha fit égorger Hiempsal. Adherbal demanda la protection de Rome mais Jugurtha acheta les sénateurs romains et obtint en –116 un nouveau partage du royaume. Envahissant ensuite les Etats d’Adherbal, il s’empara de Cirta (–113), tua Adherbal et massacra les marchands romains installés à Cirta.
· Jugurtha, petit fils de Massinissa, lutta contre Rome pendant 7 ans de –112 à –105. Il gagna de nombreuses victoires soit par la force soit par la ruse. Il donnait de l’argent, corrompait les sénateurs avec l’or africain.
Jugurtha fut vaincu en –107 par un général romain Marius avec la complicité de son beau-père Bocchus (le roi des Maures) lequel trahit Jugurtha et le livra à Sylla (général et homme d’état romain, questeur de Marius) en –105.
· Jugurtha est emprisonné à Rome, meurt de faim et de soif dans un cachot en –104.
· Jugurtha voulait déromanisé la Berbérie en chassant toute présence étrangère. Il a réussi à créer un Etat berbère centralisé contre Rome et Carthage.

« Pour Jugurtha, écrit Jean Amrouche, vivre c’est rester souple, pour faire face aux circonstances changeantes ». Parce que les autres ont le pouvoir de changer les circonstances au gré de leurs intérêts et à Jugurtha il ne revient que de s’y adapter.
Le problème est que Jugurtha est coincé dans un dilemme : il s’exclut s’il veut rester soi ; s’il participe, il se renonce.
César (empereur romain) élargit les possessions vers l’Ouest et engloba Bonne Hippône, le Sud Tunisien et Guelma (Aurès). C’est la première avancée de la civilisation.

En récompense, Bocchus reçut une partie de la Numidie jusqu’à l’Est d’Alger avec le titre d’allié et d’ami du peuple romain. L’Ouest a été laissé à la famille de Massinissa.
Après la chute de Jugurtha, les Romains placent son frère, Gauda (roi de – 104 à – 88), sur le trône massyle. Le royaume connaît la paix pendant dix-sept ans. Ce n’est qu’en 88 avant J-C, au moment où Gauda meurt et où lui succède son fils Hiempsal II, que des troubles font de nouveau vaciller la couronne massyle.
A Rome, la guerre civile sévit entre le parti populaire de Marius et le parti aristocratique de Sylla. Lorsque Marius s’empare du pouvoir à Rome, l’agitation atteint l’Afrique du Nord et Hiempsal est renversé au profit de son frère, Hiarbas, favorable aux idéaux démocratiques.Tandis que l’ordre revient à Rome, avec le retour de Sylla au pouvoir, la situation ne change pas chez les Massyles jusqu’à l’intervention d’un jeune général proche de Sylla, Pompée, qui bat Hiarbas et rétablit Hiempsal II (roi de – 88 à – 68) sur son trône. Les princes n’oublieront pas ce qu’ils doivent à Pompée.
En 68 avant J-C, Juba succède à son père sur le trône massyle.
Les crises qui éclatent à Rome ont une fois de plus des répercussions en Afrique du Nord. En 50 avant J-C, commence une guerre civile entre les deux proconsuls, César et Pompée, deux hommes aussi ambitieux l’un que l’autre. Juba Ier choisit le camp de Pompée.
-
Juba I :


· Fils de Hiempsal II
· Roi de Numidie de – 68 à – 46, du parti de Pompée.
· Battu par César à Thapsus (46 avant J-C), il se donna la mort.

De nombreux Berbères ont été romanisés après avoir été punicisés. Ils ont encouragé la domination. Le plus connu est JUBA II qui a été élevé à Rome et marié à la fille de Cléopâtre (reine d’Egypte) et Antoine. Il était l’intermédiaire entre les Berbères et Rome. La capitale s’appelait Caesarea (Cherchell).
-
-
Juba II :

· Fils de Juba Ier
· Elevé par la nièce de Jules César, Octavie, Juba avait reçu l’éducation soignée de tout enfant appartenant à l’aristocratie romaine.
· Il fit ses premières armes aux côtés d’Octave. En –31, il participa à la bataille d’Actium à l’issue de laquelle Octave bat la reine d’Egypte, Cléopâtre VII, et le général romain Marc-Antoine, ancien époux d’Octavie.
· Roi de Maurétanie de –25 à 23 après J-C :
Seul maître de l’Empire et conscient des difficultés que provoquerait pour Rome le maintien de l’Afrique du Nord sous le joug romain, Octave-Auguste, confiant dans l’intelligence et dans la loyauté de Juba, lui offra, en 25 avant J-C , la couronne de Maurétanie. Le royaume correspond à l’actuel Maroc et à une partie de l’Algérie.
· Devenu roi, Juba II s’intalla à Iol (actuellement Cherchell) à laquelle il donna le nom de Caesarea en hommage à Octave Auguste, le nouveau César. Sous son impulsion, Caesarea, ville presque aussi étendue que Rome, devint une superbe cité et une plaque tournante du commerce méditerranéen. Temples, jardins, théâtre vinrent embellir la ville.
· Il épousa Cléopâtre-Séléné (fille de Cléopâtre VII et de Marc-Antoine) en – 19.
· Auteur en grec d’ouvrages d’histoire :
Juba II écrivait des ouvrages consacrés à l’histoire, à l’archéologie, au théâtre, à la peinture… Cette frénésie de savoir le conduisait à s’intéresser à tous les domaines : les astres, la flore, la faune, la géographie. Juba II avait su réunir dans l’harmonie toutes les composantes de la culture méditerranéenne, et il s’était appliqué à les diffuser. Il sera pour son peuple l’objet d’un culte jusqu’au IVe siècle.

Juba et Séléné

Juba II avait pour nom Caius Iulius Iuba, son fils celui de Caius Iulius Ptolemaeus, et Séléné, qui pourrait avoir adopté le nom de son père, serait une Antonia.
Juba et Cléopâtre-Séléné, tous deux enfants de vaincus furent élevés sans doute ensemble à la cour d’Octavie, sœur d’Octave et première épouse d’Antoine. Juba, âgé de cinq ou six ans lors de la défaite de son père, avait fait partie du cortège triomphal qui célébra la victoire écrasante de Jules César sur les Pompéiens et leurs alliés en 46 avant J-C. Quant à Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII et de Marc Antoine, elle figurait, après la disparition de ses parents, au triomphe organisé par Octave en 29. C’est ainsi que, seule survivante des enfants de la grande reine, elle reçut une éducation romaine à la cour impériale.
Malgré la perte de leurs royaumes, les deux enfants n’en conservaient pas moins le prestige qui s’attachait à leur lignée et au rang élevé qu’ils avaient tenu. C’est ainsi que Juba restait le seul prince numide de sang royal et n’oublia jamais la gloire de ses ancêtres. La renommée qui entourait le nom de la princesse était plus brillante encore : non seulement ses parents avaient été des personnages de premier plan, qui jouèrent un rôle fondamental, tant à Rome qu’en Orient, mais elle-même, encore enfant, s’était vue dotée du titre royal : Antoine l’aurait nommée reine de la Cyrénaïque, l’actuelle Lybie, tandis que sa mère et ses frères recevaient d’autres territoires. Cette répartition des royaumes orientaux entre les enfants de Cléopâtre eut lieu en 33 avant J-C, à Alexandrie, au cours d’une cérémonie fastueuse qui dut laisser des traces brillantes dans la mémoire de la toute jeune princesse.
L’union d’un prince numide avec une princesse égyptienne de la maison de Marc Antoine, offrait des avantages politiques évidents : elle mettait un terme, d’une manière discrète encore, bien éloignée des prises de position fracassantes que prendra Caligula, quarante ans plus tard, à la condamnation de la politique antonienne, c’est-à-dire, finalement, à des mois d’une guerre que Florus jugerait sans doute à la fois civile et étrangère.
Elle établissait enfin une continuité entre les deux grands ensembles de l’Empire, jusqu’alors gérés selon des principes différents. Les souverains étaient préparés à ce rôle d’intermédiaires entre deux civilisations qu’Auguste voulait leur faire jouer : Cléopâtre-Séléné, grecque d’origine et issue des pharaons d’Egypte, avait reçu une éducation romaine, tandis que son époux, attaché par sa famille à l’Occident, montrait un goût passionné pour l’hellénisme.
Certains indicent amènent à situer ce mariage vers 19 av. J-C : Juba II et Séléné sont tous deux nés autour de l’année 50, et la première monnaie émise aux noms des deux souverains et portant la date R.A.VI (= Regni anno VI) pourrait célébrer l’année de leur mariage, puisque Juba monte sur le trône en 25 av. J-C. Ce denier est le seul à proposer une datation avant les séries qui suivent la mort de Séléné, et sur lesquelles l’année du règne de Juba II apparaît désormais avec régularité (à partir de l’an XXX/5 ap. J-C).

Cléopâtre-Séléné exercait une grande influence sur le roi de Maurétanie. De nombreuses statues d’origine égyptienne ornaient les lieux publics de Caesarea et les croyances égyptiennes connaissaient un développement certain dans tout le royaume berbère.
Lorsqu’un fils nacquit, en – 5, Juba II et Séléné donnèrent au jeune prince berbère le nom de Ptolémée, en hommage à ses ancêtres égyptiens.
-


Monnaies sous le règne de Juba II
Ptolémée :
· Fils de Juba II
· Roi de Maurétanie de 23 à 40 après J-C
· En 24 il participa à l’écrasement de Tacfarinas qui troublait, depuis bien des années, l’ordre et la tranquilité du royaume maurétanien et de la province romaine d’Afrique. Dans les années suivantes, le roi changea d’attitude : il mit de plus en plus en avant ses origines africaines, berbères et égyptiennes, au détriment des repères grecs et romains chers à Juba II.
· PTOLEMEE qui acceptait mal la domination romaine fut tué par Caligula lequel a annexé tout le royaume.

Les deux hommes – Ptolémée et Caligula – sont tous les deux petits-fils de Marc-Antoine. Alors que Ptolémée règne sur la Maurétanie, à Rome Caligula devient empereur. Il tue Ptolémée en 40 après J-C. Ce crime permet à Caligula de s’emparer de l’immense fortune de Ptolémée et des richesses du royaume maurétannien.
A l’annonce de la mort du roi, un soulèvement a lieu. Plusieurs mois seront nécessaires à l’armée romaine pour venir à bout de la résistance des Berbères, très attachés aux princes de leur dynastie.


Tacfarinas :

· Tacfarinas est un insurgé qui a entraîné beaucoup de tribus avec lui. Il a été traité de brigand et de bandit par les Romains car il pillait les biens des riches.
· Il a deserté, quitté l’armée romaine. Il devient un général commandant de la région des Aurès. Roi de la région des Aurès, il entraînait ces peuples contre les dominants.

Contemporain de Ptolémée, Tacfarinas dirigea la révolte des Numides contre l’impérialisme romain ; sous le règne de Tibère. Dès l’année 17 de notre ère, il livra une guerre sans merci aux armées romaines. Cette lutte indépendantiste dura 8 années.
Le guerrier Mazipsa, combattit à ses côtés. Malgré les demi-défaites de Tacfarinas ; la guerre sanglante entre les Numides et Rome ne prit fin qu’en l’année 24, dans la bataille que lui livra le pré-consul Donabela en Auzia (Aumale), où Takfarinas trouva la mort au champ d’honneur comme le voulait la tradition numide.

Tacite consacre à Tacfarinas une place importante dans les livres II et III de ses Annales et malgré le ton méprisant qu’il emploie envers le chef Numide, la personnalité de celui-ci en sort grandie.
Tacfarinas tint tête à César, à qui il envoya des ambassadeurs. César, refusa ses revendications, argumentant que même celles de Spartacus n’avaient pas été prises en considération.
Tacfarinas s'adressant à Juba II, Roi de la Mauritanie césarienne :
"Qu'as-tu à faire avec les Romains, dis-moi ?
Ton père a perdu son trône au cours de leurs disputes ! Toi, ils t'ont enchainé pour te montrer, esclave, devant le char de César ! Et tu nommes Caesarea, ta capitale ! Tu ne crois pas que ton sacrifice a assez duré ? Est libre celui qui veut l'être ! Es-tu de la race des pantins pour te montrer ainsi guidé par les Césars ? Trop de mollesse, Juba, trop de compromissions ! Relève la tête, retrouve le sang de tes ancêtres , celui de Jugurta."

Dihya :

Reine amazir qui a combattu l’invasion arabe.
Au VIIe siècle, elle résista aux troupes du général Arabe Hassan. Entre son amour pour Khaled, le neveu de son ennemi et son implacable désir de victoire, elle incarne le destin d’une femme exceptionnelle qui, jusqu’à la mort, commanda aux hommes, des montagnes de l’Aurès aux plaines de l’oued Nini.
Dihya est surnommée Kahina par les Arabes.

Abandonnée par les sédentaires qui voulaient sa perte, la Kahina fut vaincue. On voit près de Bir-el-Ater, sur la piste entre Tébessa et Négrine, un puits qui porte le nom de Bir-el-Kahina. Ce n’est pas là que la reine a été tuée contrairement à ce que certains affirment. On évoque ce puits de Kahina car durant l’invasion arabe, la reine avait empoisonné tous les puits pour faire fuir ses ennemis venus occuper son territoire et camper sur son territoire.

Cette femme chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu’aux reins. Vêtue d’une tunique rouge, elle était d’une grande beauté. Devineresse, cette passionaria berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l’Arabe Hassan.

Kahina était une femme très libre et avait une intelligence d’esprit inconsidérable. Kahina était une guerrière berbère qui voulait unifier toutes les tribus berbères nomades et sédentaires.

La malédiction de Kahina :
Avant de mourir, la Kahina aurait proféré une malédiction sinistre : « Ici règneront la terreur et les pleurs. Massacres, tueries et viols se succéderont sans discontinuer tout au long des siècles, empêchant le pays de sortir de l’enfer dans lequel il s’engouffre. »

Kahina est morte en reine digne. Elle ne s’est pas suicidée contrairement à ce que certains affirment. L’ennemi lui a tranché la tête avec un sabre. Après sa mort, l’ennemi aurait prononcé la phrase suivante : « Ce n’était qu’une femme ».

Portrait de Dihya par Noureddine Zekara :


Fathma n soummer :

Portrait de Lalla Fathma'n Soummer

Ecritures

Les Berbères, dont la langue était et demeurait un instrument principalement oral, possèdent deux écritures :

  • l'écriture Tifinaɣ : une écriture d’origine mystérieuse – peut-être phénicienne – dont les signes sont proches de l’actuelle écriture des Touaregs.

Tifi nnaɣ veut dire en berbère "notre trouvaille". Chacune des 25 lettres communes aux différentes langues berbères est en soit un symbole. Une fois combinées elles sont censées créer un effet magique, des formes extrêmement géométriques propices aux illusions d'optique.

La lettre Z de l’alphabet tifinar a effectivement donné le signe imaziɣen. Cette lettre représente les Imaziɣen, ces hommes libres. Z comme Zemer qui chez les Touaregs désigne la colonne vertébrale. Il signifie « porter le mal », « porter le fardeau ». Traduit du kabyle : « Je suis capable, je peux », ce n’est autre qu’un symbole de résistance. Il symbolise la liberté et l’indépendance du sujet.

  • l'écriture latine : une écriture fixée par Mouloud Mammeri et un groupe de travail en 1973.

Il existe 3 voyelles en berbère (a, i, u), pas plus. Le "e" est un instrument euphonique.

lundi, janvier 04, 2010

Asseggwas amgaz, Assegwas amerbuh 2960, Meilleurs voeux 2010


Azul, atan ihi, assegwas ilhan, assegwas ara d yawin liser i ddunit merra. Ssarameɣ ad yenqer yitij fell-awen, ad tawden er lebɣi nwen ! Ssarameɣ taluft n tamurt nneɣ taazizt ad af abrid-is ! Tamaziɣt, Imaziɣen ukk Timaziɣin, lën, ad ilin, ad alin !

 
Free counter and web stats