mardi, décembre 29, 2009

La Laïcité vue par le Ministre de la religion

Agression contre les chrétiens.

Des adolescents de la Nouvelle-Ville de Tizi-Ouzou ont été poussés par des islamistes à agresser des chrétiens kabyles pour les empêcher de tenir leur messe hebdomadaire, samedi 26/12/2009. Cet incident dont le Ministre de la religion est le principal instigateur, relève d’une démarche officielle qui veut faire d’une pierre trois coups.
Après avoir essayé de contenir, par la loi du 23 mars 2008, l’expansion du christianisme en Kabylie, le pouvoir intolérant de Bouteflika passe à la phase de l’instrumentalisation de la terreur et de la voyoucratie « islamistes » pour réduire cette religion, avant de l’éradiquer sur le territoire de la Kabylie. Ailleurs, elle ne gêne pas. C’est la rencontre de la Kabylie avec le christianisme qui poserait problème aux plus hautes autorités du pays, car renforçant l’occidentalophilie de celle-ci et son combat pour son autonomie régionale.La Kabylie renommée pour son attachement aux valeurs de tolérance, de laïcité et de respect de toutes les croyances va, désormais, être présentée comme un fief islamiste. Des moyens médiatiques colossaux seront mis au service d’une propagande par laquelle les Kabyles vont être présentés comme les plus grands intégristes du monde. Ce que le pouvoir n’a jamais réussi à obtenir par les urnes, un penchant kabyle pour l’islamisme, la manipulation de jeunes égarés va en donner l’impression. D’ailleurs, cette pratique est à mettre en parallèle avec le terrorisme qui, dans les années 90 tout en infestant toute l’Algérie était inconnu en Kabylie. Depuis le « printemps noir » de 2001, le terrorisme, miraculeusement disparu partout, se retrouve concentré en Kabylie où, pourtant, la population les rejette. L’armée qui y a renforcé ses positions se comporte comme une protectrice du terrorisme et non comme son ennemie.
C’est donc la réputation de la Kabylie que le pouvoir tente de salir pour empêcher le peuple kabyle de bénéficier de la sympathie et de la solidarité internationales en cas de grande répression contre lui. C’est l’isolement international de la Kabylie qu’il est en train de tenter.

Le MAK exprime sa solidarité aux chrétiens de Kabylie et de tous les pays où ils sont minoritaires. Il condamne cette agression contre laquelle les services de sécurité n’ont pas voulu intervenir.
Il appelle tous les Kabyles à marcher le 12 janvier 2010 à Tizi-Ouzou et Vgayet (Bougie) pour, en plus des mots d’ordre de Yennayer en faveur de l’identité et de l’autonomie régionale kabyles, dénoncer cette agression honteuse et exprimer notre attachement à la liberté de culte.

Les instances internationales sont alertées contre ces dérives qui ne manqueront pas de porter atteinte à la stabilité régionale.
Kabylie le 27/12/2009

lundi, décembre 21, 2009

Edith Piaf

Source : http://www.youtube.com/watch?v=aMZQsWFuRMg

Source : http://www.youtube.com/watch?v=rgWvmIR5bww

"La foule" d'Edith Piaf revisitée en kabyle par Mucat : un hommage à Edith Piaf :

Source : http://www.youtube.com/watch?v=am6qRtC1wa0

Titre : Lɣaci (la foule en kabyle). Interprète : Mucat

Adaptation du texte : Fadma Amazit-Hamidchi
Arrangements musicaux : Abdennour Djemai

Edit Piaf avait une grand-mère maternelle d'origine berbère.

jeudi, décembre 17, 2009

L'engagement d'un homme kabyle

Le Courrier Picard - 10/12/2009

Source : http://www.kabyle.com/lengagement-dun-homme-kabyle-6516-171209

M. Ferhat Mehenni refoulé de Tunisie.

En ce jour anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le 10 décembre 2009, Ferhat Mehenni, opposant kabyle au régime algérien, a été refoulé à l’aéroport de Tunis-Carthage. Tunis, en exécutant servile des ordres et des basses besognes du dictateur algérien et de son pyromane ministre de l’intérieur, vient de ternir un peu plus son image et surtout de bafouer un droit universellement reconnu : celui de la libre circulation des personnes.

A la demande insistante de sa mère, âgée de 84 ans, qui voulait le revoir au moins une dernière fois avant de mourir, le fils avait convenu avec elle de se rendre en Tunisie. Le choix de ce pays s’est imposé pour sa mère du fait d’un côté de sa proximité par voie terrestre, et de l’autre d’un impossible visa Schengen. M. Mehenni aurait pu se rendre lui-même en Kabylie si ce n’était le mandat d’arrêt émis par le régime algérien contre lui, il y a de cela près d’un an, pour des raisons politiques. En Algérie sa liberté et surtout sa vie y seraient gravement menacées.

Arrivé à Tunis par le vol AF 2584, vers 15h 15’, il se présenta au guichet de contrôle des passeports. Le nom introduit dans le fichier de l’ordinateur de la police des frontières fait ressortir une information selon laquelle il serait recherché en Algérie.

Après des discussions policières au téléphone durant lesquelles il entendit dire « Nous ne voulons pas de problèmes avec l’Algérie ! », il a été mis aussitôt dans le même avion dans lequel il était arrivé et reprit malgré lui la voie des airs vers paris par le vol AF 2585 ; empêchant du coup une mère qui devait y arriver le lendemain, d’embrasser enfin son fils exilé.

Bouteflika, non content d’interdire à un citoyen de rentrer chez lui, s’emploie à lui interdire de se rendre même dans d’autres pays.

La Tunisie qui se couche devant l’Algérie ne regarde que les Tunisiens. Le régime despotique d’Alger est quant à lui notre affaire. Cet épisode qui aurait pu se terminer de manière encore plus grave pour la victime vient rappeler les tentations hégémonistes et dictatoriales de l’Algérie sur les peuples voisins. Il nous montre une fois de plus, combien la construction d’un Etat kabyle est une nécessité vitale pour l’avenir des enfants kabyles.

Le MAK révolté par cet acte qui attente à la liberté d’un démocrate, élève une protestation solennelle contre la Tunisie et l’Algérie auprès des Nations Unies, de l’Union Européenne et des ONG dont Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH…

En ce jour symbolique de la célébration des Droits de l’Homme durant lequel le Président des Etats-Unis, Mr Barack Obama s’est vu remettre le Prix Nobel de la Paix, ce sont les dictateurs d’Alger qui ont à craindre pour leur avenir et non les démocrates épris de liberté.

Kabylie le 11/12/2009.

Source : http://mak.makabylie.info/M-FERHAT-MEHENNI-REFOULE-DE,00632?lang=fr

Ferhat Mheni i Yemmas - ass 11-12-2009 tadukli.fr - Brtv.fr
envoyé par tadukli.

mardi, décembre 15, 2009

L'engagement de Mouloud Feraoun. Témoignage de Jacqueline Macek.

Vendredi 11 décembre, dans le cadre de la Dyoniversité, Jacqueline Macek, fille de l'écrivain Emmanuel Roblès, est venue parler de l'attitude de son père et d'écrivains proches comme Mouloud Feraoun ou Albert Camus pendant la guerre d'Algérie.
Jacqueline Macek est la fille d'Emmanuel Roblès, romancier ("Les hauteurs de la ville", "Cela s'appelle l'aurore"...) et dramaturge ("Montserrat"). En tant que directeur de collection, Roblès a édité et défendu Mouloud Feraoun, écrivain kabyle ("Le fils du pauvre", "Journal 1955-1962"...). Tous deux ont été également proches d'Albert Camus.
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Mouloud Feraoun était instituteur en Kabylie et écrivain. Il fut assassiné par l’OAS le 15 mars 1962. Emmanuel Roblès, proche d’Albert Camus, était son ami. Des liens d'amitié très forts. A travers ses écrits, ses romans, Mouloud Feraoun décrit la réalité des Kabyles. Bon, tendre et humaniste, telles sont les qualités attribuées à Mouloud Feraoun par tous ceux qui l’avaient côtoyé. Jacqueline Macek insiste sur cette dimension universaliste, "il a voulu aller dans cette notion universaliste, dans l'humain" dit-elle.
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Biographie :
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Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel en Kabylie, son vrai nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l'état-civil français. Il fréquente l'école de Tizi-Hibel à partir de l'âge de 7 ans. C'est un garçon très studieux qui étudie jusqu'à tard le soir.
En 1928, il est boursier à l'école primaire supérieure de Tizi-Ouzou. En 1932, il est reçu au concours d'entrée de l'école normale de Bouzaréah Alger (actuelle École normale supérieure de lettres et sciences humaines). Il y fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa. En 1952, il est nommé directeur du cours complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l'école Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour Alger. Dans la préface du roman "La Terre et le Sang", Emmanuel Roblès écrit : "Mouloud Feraoun avait dû quitter Fort National où il enseignait, à la suite d'une mauvaise affaire avec un fonctionnaire, réputé pour sa cruauté. Il accepta la direction d'une école en bordure d'Alger, au Clos Salembier, parce que cela nous rapprochait. J'habitais alors un quartier voisin. Malgré l'amitié dont nous l'entourions, il ne cessait de regretter la Kabylie. Il n'aimait pas Alger, où à la lettre, il se sentait déraciné. Puis vinrent pour Feraoun comme pour nous tous les premières lettres de menace. Loin d'en être intimidé, ces lettres anonymes parurent au contraire l'affermir davantage dans ses convictions, dans son espoir d'une Algérie où il n'y aurait plus ni vainqueurs ni vaincus, mais seulement des hommes délivrés "d'une séculaire injustice". Cependant elles ajoutaient à son angoisse. Elles étaient le signe même de cette folie qui allait amplifier encore le malheur des uns et des autres, de cette folie qui devait le tuer à l'approche d'un printemps de mort. De toute manière, ces menaces l'incitèrent à agir et à témoigner. On le vit, à Alger, à la tribune d'une manifestation de libéraux. On lut à Paris des messages de lui, lucides et réfléchis."
En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine La Terre et le Sang, récompensé en 1953 par le Prix du roman populiste.
En 1960, il est inspecteur des centres sociaux (créés sur l'initiative de Germaine Tillion) à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, dont l'inspecteur d'académie Max Marchand, c'est là qu'il est assassiné par l'OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu.
Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique Le fils du pauvre en 1939 ; il n'est publié qu'en 1950 à compte d'auteur. Ce n'est qu'en 1954 que Le Seuil le publie, expurgé des soixante-dix pages relatives à l'école normale de Bouzaréah.
Les éditions du Seuil publient, en 1957, Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu'après sa mort.
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Extrait d'une interview du 27 février 1953 :
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Aujourd’hui, nous sommes heureux de publier une interview exclusive de Mouloud Feraoun dont le deuxième roman, La Terre et le Sang, va bientôt paraître aux éditions du Seuil. Ce livre, que l’on dit remarquable, est appelé à connaître un grand retentissement car il traite de l’émigration des Kabyles vers la métropole.
"Mouloud Feraoun est à mes côtés. Il m’arrive tout droit de sa Kabylie. Voulez-vous que je vous l’envoie ? Tout de suite ?"
Du bout du fil, me parvenait la voix d’Emmanuel Roblès. Bien entendu, j’acceptais. Une demi-heure plus tard, celui qui restera pour moi "le fils du pauvre", pénétrait dans mon bureau.Ses mains étaient encombrées d’un parapluie et d’une serviette de cuir. Il se débarrassa de ces objets gênants avant de me serrer la main avec amitié.Mouloud Feraoun est discret, effacé, presque timide. Mais dès qu’il se trouve en confiance, il s’anime, il s’ouvre, et c’est l’homme le plus charmant que je connaisse.
Pendant qu’il me parle, je l’observe sournoisement. Derrière les verres de ses claires lunettes d’écaille, pétillent deux bons yeux où tremble la lueur d’une profonde vie intérieure.Il a posé ses deux mains très brunes sur ma table. Chaudement vêtu, nu-tête, il me paraît engoncé dans son pardessus marron.Visage accueillant et sympathique, traversé de rides. Cheveux souples et noirs comme la moustache, cette petite couronne du sourire.
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Parlez-moi de votre premier roman...
J’ai écrit Le Fils du pauvre pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être.
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Roman autobiographique, n’est-ce pas ?
Oui... Je suis très attaché à ce livre, d’abord parce que je ne mangeais pas tous les jours à ma faim alors qu’il sortait de ma plume, ensuite parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mes moyens. Le succès qu’il a remporté m’a encouragé à écrire d’autres livres.
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Mon interlocuteur me précise qu’il est né à Tizi Hibel, commune mixte de Fort-National, en Haute-Kabylie, le 8 mars 1913, dans un foyer très pauvre.
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Que faisait votre père ?
A l’époque de ma naissance, il était cultivateur. Mais, dès avant 1910, il avait dû quitter le sol natal pour chercher ailleurs du travail. En ce temps-là, les Kabyles n’allaient pas encore en France, mais dans le Constantinois. Par la suite, il se rendit dans les mines du Nord – à Lens, exactement – et de là dans la région parisienne. Il travaillait aux Fonderies d’Aubervilliers lorsqu’il fut accidenté. On peut dire de mon père qu’il s’est donné beaucoup de mal pour élever sa nichée.
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Combien eut-il d’enfants ?
Cinq dont deux garçons. Mon frère cadet est aussi instituteur.
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Dans Le Fils du pauvre, vous avez raconté – bien sûr en les transposant sur le plan romanesque – votre enfance et vos études. Vous êtes arrivé à votre but à la force des poignets. J’ai beaucoup admiré votre courage...
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Grâce à la compréhension d’un de mes maîtres, j’obtins une bourse, commençais mes études à Tizi Ouzou et les achevais à l’Ecole normale d’Alger.
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Quand avez-vous été nommé instituteur ?
En 1935. Depuis cette date, j’ai enseigné dans différents postes et principalement à Taourirt Moussa, à deux kilomètres de mon village natal, de 1946 à 1952.
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Vous êtes actuellement directeur de l’école de garçons de Fort-National ...
Oui, depuis octobre dernier. Ecole de 300 élèves avec cours complémentaires.
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Satisfait ?
Ça va. Nous avons l’eau courante et l’électricité. Le médecin et le pharmacien sont à proximité. Les enfants travaillent ; ils sont assidus, sans doute parce qu’ils sont dévorés du besoin de connaître.
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Vous êtes marié, n’est-ce pas ?
Et j’ai six enfants ; mon aîné a 13 ans.
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Nous en venons à La Terre et le Sang. Mouloud Feraoun parle, parle... On sent que ce livre a requis toute sa sollicitude pendant de longs mois. L’œuvre vit encore en lui, bien que le manuscrit soit déjà à Paris.
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Comment vous est venue l'idée de ce nouveau roman ?
Je vous disais à l'instant que le succès de mon premier ouvrage m'avait encouragé à écrire d'autres livres. Il faut ajouter ceci : l'idée m'est venue que je pourrais essayer de traduire l'âme kabyle. D'être un témoin. Je suis de souche authentiquement kabyle. J'ai toujours habité la Kabylie. Il est bon que l'on sache que les Kabyles sont des hommes comme les autres. Et je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire. Vous noterez que ma décision prise, quelqu'un m'a constamment tarabusté, mis la plume entre les pattes. C'est mon ami Roblès que je connais depuis 20 ans. Chaque fois : "Où en es-tu ?", "Travaille sec", "J'attends ton roman". Il est venu à plusieurs reprises me relancer à Taourirt et, pour sa voiture, ce fut chaque fois une expédition. Dites bien que, pour lui, l'amitié n'est pas un vain mot.
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Quel est le sujet de "La Terre et le Sang ?"
J'ai pensé que l'émigration des Kabyles pouvait donner matière à un ou plusieurs ouvrages dignes d'intérêt. J'ai distingué deux périodes : de 1910 à 1930 et de 1930 aux années que nous vivons. " La Terre et le Sang " est consacré à la première période. J'écrirai un autre roman sur la seconde période.
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Pourquoi deux périodes?
A mon avis, il y a une grande différence entre ces deux périodes. La psychologie des Kabyles d'aujourd'hui se rendant en France n'est plus du tout celle des Kabyles qui leur ont ouvert la route. Les Kabyles de 1953 sont mieux armés que leurs devanciers, parce qu'ils s'adaptent plus facilement aux faons de vivre de la métropole. Par contre, il me semble que les anciens étaient davantage attachés à leur village, à leur terre, aux murs kabyles ; ils se hâtaient de retourner chez eux avec leurs économies pour améliorer leur situation au village, ce qui n'est pas automatique aujourd'hui.
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Le sujet ?
"La Terre et le Sang" relate l'histoire d'Amer, un garçon de 14 ans, envoyé à Paris avec des voisins. Cela se passe avant la Première Guerre mondiale. D'abord cuisinier de la petite colonie de son village, le jeune Kabyle ne tardera pas à travailler dans la mine, comme ses compagnons. Un soir, il tuera accidentellement un de ses compatriotes. N'osant plus rentrer en Kabylie (où il risque d'être exécuté par la famille du défunt), il décide de vivre désormais en France. Quinze années passent. L'appel du sol natal et le désir d'une existence plus simple l'emportent sur la prudence. Accompagné de sa femme Marie, une Parisienne que la vie a meurtrie, il rentre dans son village. Deux ans après son installation, la tragédie éclatera...
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Avez-vous d'autres projets ?
Oui, car le domaine qui touche à l'âme kabyle est très vaste. La difficulté est de l'exprimer le plus fidèlement possible.
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Y aura t -il une suite au "Fils du pauvre" ?
Ce n'est pas impossible... Mais avant, je publierai très certainement un ouvrage illustré par Brouty, gerbe de scènes de la vie kabyle : une réunion publique, la fontaine du village, le marché, le retour des voyageurs de France, etc. Ce livre s'achèvera sur des contes kabyles.
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Quand écrivez-vous ?
Je consacre ma journée à ma tache professionnelle. J'écris mes livres la nuit et les jours de congé. Je noircis presque tous les jours de trois à quatre pages, sauf quand l'inspiration me fuit. Dans ce cas, je n'insiste pas.
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Travaillez-vous d'après un plan ?
Je commence par établir une grossière ébauche du livre, et c'est en écrivant que j'ordonne mon récit. En gros, je sais où je vais. Mais au fur et à mesure qu'avance le travail, surviennent des scènes et des situations que je n'avais pas prévues.
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Quelle attitude prenez-vous à l'égard de vos personnages ?
Je me mets honnêtement à leur place. Je les sollicite. Et, finalement, ce sont les personnages qui me disent ce que je dois écrire.
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Quels livres aimez-vous?
J'ai beaucoup lu, et de tout. Je suis aujourd'hui plus exigent que je ne l'étais hier. Je goûte les livres vraiment humains, ceux où l'écrivain a essayé d'interpréter l'homme dans toute sa plénitude. Car l'homme n'est ni franchement bon, ni franchement mauvais. L'écrivain, voyez-vous, n'a pas le droit de parler des hommes à la légère. N'êtes-vous pas de mon avis ?
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Par Maurice Monnoyer.
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"J'ai pour la Kabylie, écrivait-il, une tendresse filiale que j'ai voulu exprimer dans mes livres. J'en ai donné une image sympathique mais non une image trompeuse. Que puis-je écrire à présent alors que l'angoisse me noue la gorge ? Dirai-je sa souffrance, sa révolte… Il s'agit seulement de comprendre pourquoi cette unanimité à la rébellion, pourquoi le divorce est si brutal. La vérité est qu'il n'y a jamais eu mariage ! Les Français sont restés à l'écart. Ils croyaient que l'Algérie c'était eux. Ce qu'il eût fallu pour s'aimer ? Se connaître d'abord, or nous ne nous connaissons pas. Qu'on demande à une femme Kabyle ce que c'est qu'un français. Elle dira que c'est un mécréant, un homme souvent beau et fort mais sans pitié. Il est peut-être intelligent. Son intelligence, il la tient du démon, de même que sa force. Qu'attend-elle du Français, rien de bon. Ni sa justice coupante comme glaive ni sa charité qui s'accompagne d'insultes ou de bousculades. Qu'est-ce qu'un indigène pour un Européen ? C'est l'homme de peine, la femme de ménage. Un être bizarre aux mœurs ridicules, au costume particulier, au langage impossible. Un personnage plus ou moins sale, plus ou moins déguenillé, plus ou moins antipathique En tout cas un être à part, bien à part et qu'on laisse où il est. Voilà des lieux communs qu'il est presque puéril de rappeler si sommairement. Mais le mal vient de là. Inutile de chercher ailleurs. Un siècle durant, on s'est coudoyés sans curiosité, il ne reste plus qu'à récolter cette indifférence réfléchie qui est le contraire de l'amour... ( … ) Les comptes, c'est la reconnaissance de notre droit à vivre, de notre droit à l'instruction et au progrès, de notre droit à être libres. " (Le Journal 1955-1962)
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Sur la valeur de l’écriture pour les écrivains algériens de langue française, Mouloud Feraoun dit :
"Les plus significatives de nos oeuvres contiennent tout l’essentiel de notre témoignage : on le retrouve un peu partout, discret ou véhément, toujours exprimé avec une égale fidélité et le même dessein d’émouvoir. Chacun a parlé de ce qu’il connaît, de ce qu’il a vu ou senti et, pour être sûr de dire vrai, chacun a mis dans son livre une grande part de lui-même. Mais puisque la vision reste la même sous des angles différents, des drames identiques ont été observés : drames sociaux d’où résultent le chômage et l’émigration ; drames politiques avec des luttes intestines, les brimades administatives ou l’inhumaine opposition des races ; ceux enfin de l’ignorance qui sont aussi cruels que les autres auxquels on voudrait imputer l’origine de tous nos maux. (...)"
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«Tout va bien mais c’est vraiment très dur par ici.» Derniers mots prémonitoires de Mouloud Feraoun, la veille de son assassinat par l’OAS avec cinq de ses compagnons : c’était le 14 mars 1962 dans une lettre adressée à Henri Combelles à partir d’Alger et citée par Emmanuel Roblès dans l’ouvrage Lettres à ses amis paru en 1969 aux éditions du Seuil.

lundi, décembre 14, 2009

De l'amour dans les yeux d'Isabelle...

Clara et les chics types
Film de Jacques Monnet de 1981
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Synopsis : A Grenoble, Michey, Bertrand, Frédéric, Charles, Louise et Aimée, réunis par un même amour de la musique, ont formé un groupe, les "Why Notes". Un jour, Bertrand remarque Clara, au moment où elle s'enfuit de l'église où elle devait célébrer son mariage. Elle propose à Bertrand de fuir avec elle et disparaît...

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jeudi, décembre 10, 2009

Love me or leave me



Video (par emmaalouest) : http://www.youtube.com/watch?v=OfcjR_xeBQc

Chanson interpretée par independently blue Isabelle lors du "Show", diffusé sur TF1 le 5/10/1984 pour présenter l'album Pull Marine

Love me or leave me

Love me or leave me or let me be lonely
You won't believe me but I love you only
I'd rather be lonely
than happy with somebody else

Night time the right time
for hugging and kissing
But night time is my time
for just reminiscing
Regretting instead of forgetting
with somebody else


I want no one unless
that someone is you
I intend to be
independently blue


I want your love
but I don't want to borrow
to have it today
and to give back tomorrow
For my love is your love
there's no love for nobody else

I want no one unless
that someone is you
I intend to be
independently blue

I want your love
but I don't want to borrow
to have it today
and to give back tomorrow
For my love is your love
there's no love for nobody else

vendredi, décembre 04, 2009

Jeff Buckley, The Last Good Bye





Jeff Buckley, Last Good Bye
This is our last goodbye
I hate to feel the love between us die
But it's over
Just hear this and then i'll go
You gave me more to live for
More than you'll ever know

This is our last embrace
Must I dream and always see your face
Why can't we overcome this wall
Well, maybe it's just because i didn't know you at all

Kiss me, please kiss me
But kiss me out of desire, babe, and not consolation
You know it makes me so angry
'Cause i know that in time
I'll only make you cry, this is our last goodbye

Did you say "no, this can't happen to me,"
And did you rush to the phone to call
Was there a voice unkind in the back of your mind saying
Maybe you didn't know him at all
You didn't know him at all, oh, you didn't know

Well, the bells out in the church tower chime
Burning clues into this heart of mine
Thinking so hard on her soft eyes and the memories
Offer signs that it's over... it's over

Traduction française :

C'est notre dernier au revoir
Je deteste sentir qu'entre nous l'amour meurt
Mais c'est fini
Entends juste ceci puis je m'en vais
Tu m'as donné pour vivre plus que necessaire
Plus que tu ne le sauras jamais

C'est notre dernière etreinte
Devrai je rêver et toujours voir ton visage
Pourquoi ne pouvons nous pas surmonter ce mur?
C'est peut etre juste parce que je ne te connaissais pas du tout

Embrasse moi, s'il te plait embrasse moi
Mais embrasse moi par désir, bébé, et non par consolation
Tu sais cela me rend tellement en colère
Car je sais que finalement
Je ne ferai que te faire pleurer, c'est notre dernier au revoir

As tu dit " non cela ne peut pas m'arriver
Et t'es tu précipitée vers le téléphone pour appeler?
Y avait-il au fond de ton esprit une cruelle voix disant :
Peut-être ... que tu ne le connaissais pas du tout
Tu ne le connaissais pas du tout, oh tu ne le connaissais pas

Alors les cloches sonnent en haut de l'église
Brûlant les indices dans ce coeur qui est le mien
Qui pense si fort à ses doux yeux et se souvient
De ses soupirs : " c'est fini ... c'est fini ... "
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Quand Isabelle Adjani danse sur les rythmes de Jeff Buckley sur la Promenade des Anglais à Nice :
(extrait du film de la Repentie de Laëtitia Masson)

jeudi, décembre 03, 2009

Mercredi 2 décembre 2009 : Rencontre avec Tassadit Imache

Ce mercredi 2 décembre à l’ACB de Ménilmontant, Tassadit Imache présentait son dernier écrit paru en mars 2009 : Des Nouvelles de Kora.

Je dois dire que c’est très troublant d’aller à la rencontre d’une écrivaine que vous avez appréciée par ses mots, son intelligence, sa lucidité, qui vous a littéralement chamboulée par des mots, des phrases, des ponctuations, un rythme, une histoire que vous avez lu. Cette rencontre était magique. Tassadit Imache est BELLE à l’intérieur et à l’extérieur, et d’une sensibilité extrême (ça je le sais par ses récits). Elle a de ces yeux bleus magnifiques qui vous transpercent, tout comme ceux d’Isabelle Adjani énigmatiques qui interrogent. Ce qu’elle dit est toujours précieux, ses mots sont toujours pesés. Alors vous n’imaginez pas comme c’est difficile de parler à celle qui vous a tant ému ! Je me sentais toute petite, j’éprouvais de la gêne...



Le récit d'ELLE que j’ai découvert en premier c’est : « Je veux rentrer ». C’est le récit d’une vie, celle de Patricia/Sara, qui vient d'une banlieue, un personnage aux allures un peu froides mais dont la froideur permet peut-être ici de mettre de la distance, de prendre du recul sur ce qu’elle vit. La vie de Patricia Loiseau est une énigme aussi. L’écriture m’a littéralement transportée dans son monde intime, dans le monde de ses pensées, de son ressenti, et de tous ces non-dits que l’on se dit dedans. Et là je me suis dit : j’ai donc raison de penser ce que je pense quand je vois ce que je vois et que j’entends ce que j’entends ?! Je me suis sentie grandir d’un coup ! Merci à celle qui nous a laissés ces belles traces de vies et de mémoires.

Je vous laisse le soin d’apprécier ces quelques passages extraits du livre « Je veux rentrer » :

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« Contrairement aux apparences, il y avait un tas de raisons sensées à ce voyage, rumine Sara. Elle sait maintenant pourquoi elle n’a pas voulu rester le week-end à Paris. Elle dira la vérité à Rachel. Dès mardi midi, à la cantine de la mairie, elle lui parlera de Pierre. Son amie lui répète dans cesse qu’on ne peut pas passer toute son existence à ne rien faire. Encore moins rater sa vie pour quelques lundis soir avec un homme, ajoutera-t-elle. » (en page 44)

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« Ce qu’on continuait d’espérer le soir, au fond du lit : celui qui a pu sortir et ne revient pas, c’est qu’il a trouvé un autre matin. » (en page 58)

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« - A quoi reconnaît-on, lorsqu’on la rencontre, la personne qui comptera ? a-t-elle demandé l’autre jour à Rachel.

- A un moment, tu verras, ce n’est pas naturel mais tout coule de source, a répondu son amie d’un ton mystérieux.

Sous prétexte que Rachel faisait partie des gens du Livre, elle s’ingéniait à lui parler par énigmes. Enceinte, elle accentuait le style. Sara avait planché tout l’après-midi sur l’oracle, au lieu de faire son travail. Rachel voulait-elle dire qu’à un moment on arrêtait de compter les hommes et les saisons pour s’attacher sans raison à une personne qui n’était pas de sa famille ? Ou insinuait-elle qu’il fallait plus de neuf rendez-vous pour avoir une chance de décrocher le moment gagnant ?

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Elle n’avait jamais parlé à Rachel de Pierre avec qui elle en était au neuvième rendez-vous. C’est qu’elle avait l’intuition que son amie trouverait cette histoire-là pas du tout naturelle. » (en page 60)

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« Heureusement Sara n’est pas seule dans la vie. Elle aime une famille qui n’est pas la sienne : Rachel, ses deux enfants, sa nouvelle grossesse, et son mari au teint mat de Périgourdin. Elle déjeune chez eux, trois dimanches par mois. Son amie la questionne souvent. Sara lui répond qu’elle aime vivre seule. Et qu’il y a beaucoup de choses agréables et légères dans son existence à elle. Qui ne pèsent pas. Qui la mettent souvent en joie, même. C’est ce qu’elle a répété à Rachel le vendredi midi suivant à la cantine. Elles avaient eu du mal à trouver une table libre.

- Ah, et quoi, par exemple ? a demandé Rachel, renversée sur son siège, attendant la réponse avec une moue sceptique. » (en page 81)

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« - Je pars demain, pour quelques semaines, à Amsterdam, dit-il soudain.

Elle a couru aussitôt à ses yeux noirs. Dire que ce voyageur ignore où elle habite, n’a jamais eu envie d’aller voir.

- Est-ce que vous venez ?...

Ce n’est pas une double mise. Juste un caillou lancé dans l’eau grise dont personne ne se souciera de compter les ricochets.

- Ce n’est pas possible, invente-t-elle, le cœur glacé.

Pensant, on se cache trop la réalité des choses, Rachel, à propos de l’amour en général, et de ce qui démange les hommes en particulier. Si j’avais prévu ça, murmure-t-elle dans sa tête. Malgré tout, prise de vertige d’avoir sauté, sur ce coup, dix cases avec lui, comme ça, pour rien. Comprenant enfin pourquoi personne n’a jamais entrepris de trouver une martingale au jeu de l’oie. Plus malins, les gosses d’aujourd’hui s’entraînent à décapiter et pulvériser sur écran vidéo à coups de pouce frénétiques. Savent de plus en plus tôt que, dans la vie, on peut vous gommer d’un mot ou d’un regard. » (en page 135)



http://www.mediapart.fr/club/edition/bookclub/article/010609/tassadit-imache-interview

mercredi, décembre 02, 2009

Quand Isabelle Adjani est à la UNE de FEMMES...

pour nous souhaiter certainement de bonnes fêtes de fin d'année..
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Site : http://www.femmes.com/societe/actualite/femme-phoenix-14449

Elle dit... «-

C comme Cinéma
Pour l'année qui arrive, le cinéma est sacrément prévu dans mon agenda. Je viens déjà de tourner Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine, les créateurs de Groland [sortie du film prévue pour le 20 avril 2010]. Le rôle transversal et fugace d'une femme fantôme, dans l'histoire amusante et touchante d'un retraité tout frais, Gérard Depardieu, à qui il arrive de drôles de péripéties. Ensuite, c'est un thriller, De force, écrit et réalisé par Franck Henry, le scénariste de la série à succès Braquo sur Canal+. Je joue le rôle inédit pour moi d'un commandant de brigade de la répression du banditisme : une promotion hors pair! Il y a, parmi mes autres projets, le tournage à la fin du printemps de l'adaptation du roman de Catherine Rambert, Impostures sur papier glacé, dans lequel j'interpréterai la rédactrice en chef plus épouvantable que nature d'un magazine people qui marche, hélas! Mon premier rôle de méchante intégrale, auquel je n'avais pas encore eu droit dans ma carrière. C'est un film que je suis excitée de coproduire, car j'avais optionné les droits du roman, emballée par l'idée.
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D comme Désir
Pas de désir sans frustration. Je fais comme pour mes enfants, je m'impose des limites, pour les dépasser autrement qu'en y cédant. Je préfère le chemin pour accéder au désir, quel qu'il soit, plutôt que le désir assouvi. Le tube planétaire Satisfaction, que chantent les Stones, donne la pêche, avec son refrain "I can't get no... satisfaction"

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E comme Engagement
Essentiel, éthique, édifiant, efficace, entraînant, épatant, espérant... "Nous sommes engagés ou nous sommes des caillasses", comme disait Sartre. J'aime l'engagement dans le cinéma aussi, avec celui de Dominique Marzotto, la créatrice de Cinéma Vérité, un festival annuel porteur d'un message social et humanitaire. Moi, je ne suis ni pasionaria ni militante, je n'ai ni l'énergie ni la conviction idéologique pour ça, mais je ne veux pas être une pierre, encore moins un boulet. Je fais partie des marraines de l'association Innocence en Danger, qui lutte contre la pédophilie cybernétique, accompagne le juridique des victimes, et aussi leur convalescence psychologique.
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F comme Fougues, foule, fuir
Je n'ai pas la trempe d'une rock star. Je ne suis pas à l'aise dans la foule, même si elle crie parce qu'elle m'aime avec fougue. Tous ces appareils photos et ces portables qui font caméra, ça me fait peur et ça me donne envie de fuir, de disparaître dans la foule justement.

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K comme K.-O. Qu'est-ce qui vous met K.-O.?

Le pouvoir de l'ignorance

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L comme Lit, littérature
Oui, bien évidemment, des livres et un bon lit, un lit et des bons livres. Je pourrais rester des heures à m'abandonner à des paresses livresques, c'est mon côté intello, et sans aucune culpabilité, c'est mon côté midinette... mais j'en ai de moins en moins le loisir.

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P comme Passion, phœnix
J'aime les gens dont la vie est consacrée à une passion. Certains artistes et certains amateurs d'art, par exemple. Sans passion artistique, je n'aurais jamais pu incarner certains rôles jusqu'à la communion avec le public ou avec l'invisible. Mais sans passion amoureuse, j'aurais sûrement pu vivre un carriérisme serein, sans m'interrompre sans fin, pour devoir renaître sans fin à moi-même et à mon travail d'interprète. Oui, je suis une femme phœnix.

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Q comme Question qui ne vous a jamais été posée

Voulez-vous que je vous emmène sur mon cheval blanc pour vous rendre la plus heureuse du monde ?

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T comme Terreur, terrorisme
Une des maladies de ce nouveau siècle perdu par la religion qui a fait du hors-la-loi sa loi... sans foi.

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X X: être anonyme
Ah ! Quand c'est possible, quel soulagement ! »

vendredi, novembre 20, 2009

Tableaux berbères de Hawad

Hawad, poète et peintre touareg
« Dans le travail d'écriture autant que de peinture que je mène depuis près de vingt ans, mon objectif a été de tenter de dépasser le pouvoir clos des mots, des signes et des représentations. Sur le plan graphique, ma démarche est partie d'un outil hérité de mes ancêtres, les signes tifinagh (alphabet touareg) dont je m'empare pour les pousser au bout de leur trajectoire, que je détourne, décompose et recompose pour les remettre en mouvement . C'est cela que j'ai appelé la « furigraphie », furieuse comme le cri de rage qui fait voler en éclat les barrières, les entraves et les immobilismes les plus fossilisés. La furigraphie est un moyen de sortir de soi, d'arriver à un surnomadisme hors d'un temps et d'un espace confisqués, de dessiner un soi multiple et insaisissable, doué d'ubiquité. C'est une tentative pour dépasser les contraintes, les contradictions et l'écartèlement entre passé, présent et futur, entre intérieur et extérieur, entre soi et les autres. Et l'horizon n'est pas seulement devant nous, il est aussi celui qui nous épaule et que nous halons. Il faut faire fusionner ces horizons, les malaxer et les réinventer, fabriquer les passerelles de paraboles et de paradoxes pour obtenir un tissage inédit. Pour moi, voici la force même de la poésie et de l'art. Recycler en surnomadisme le nomadisme exclu de son espace et de son temps... »
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Les tableaux ci-dessus ont été publiés dans le n° 2549 de "Jeune afrique" de ce mois de novembre 2009.
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mardi, novembre 10, 2009

On ne sert à rien si on est utile à personne...

On ne sert à rien

(Lionel Florence / Pascal Obispo)

Album 10 ans ensemble (Sidaction) - 2004

Voix : Isabelle Adjani & Pascal Obispo

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Comme un bateau qui reste à quai,

Un avion cloué au sol

Je peux toujours scruter le ciel

La solitude pèse des tonnes

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Je fais quoi du soleil

Si ce n’est plus pour te regarder

Et je fais quoi de mes nuits

Si je n’ai plus à qui rêver

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Qu’importe ce qu’on vous donne,

Quand on sait plus quoi faire de ses mains,

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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Comme une maison sans fenêtre,

Une porte condamnée

L’avenir devient une île déserte

Le passé une forêt décimée

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Pourquoi m’avoir sorti de l’ombre,

Pour qu’ensuite tu m’enterres

Pourquoi faut-il toujours payer

Un peu de bonheur par un enfer

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Qu’importe qu’on vous console

Quand on ne veut plus aller plus loin

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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J’en fais quoi de mes chansons

Si t’es plus là pour les entendre

Et je fais quoi de cet amour

Dont il ne reste qu’un tas de cendres ?

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Qu’importe ce qu’on vous donne,

Quand on vous a coupé les mains,

On ne sert à rien, on ne sert à rien

Si on est utile à personne

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lundi, novembre 09, 2009

Iness Mêzel

Un son groove, jazzy et des rythmes kabyles. Un travail d’orfèvre, aussi bien au niveau du texte, du son mais surtout de l’interprétation vocale.

Iness Mêzel dit : Lën, "il y en a..." et, pour toujours ! de ces êtres libres qui ne s'en laissent pas compter, ni par les choses matérielles, ni par les détours et manigances de l'esprit, mais qui donnent un peu de leur âme pour des idées de résistance. Quelle insolence, n'est-ce pas ?


Iness Mêzel : Lën (il y en a...) - 18 septembre 2009 - France 2
Traduction française des paroles de Lën :

-

Entre ceux emprunts de pessimisme

qui se complaisent dans le drame ou le malheur

et ceux dont le bonheur est fait de petits riens,

J'ai choisi les éclats de rire

Les éclairs de bonheur

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A ceux qui par Amour ouvrent leur coeur et reçoivent tellement,

Tant ils ont su donner




Iness Mêzel : Aker (Lève toi)

Source : http://www.youtube.com/watch?v=49gFX4aS4Zk

Site : http://www.myspace.com/inessmezel

~
Traduction française des paroles de "Aker" :

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Eh vous ! n'en avez-vous pas assez de vous asseoir sur vos consciences

Et d'attendre que jeunesse se passe

Je chante la jeune fille qui devient femme

Toi qui t'allonges encore dans des rêves, tous les soirs

tu briseras, demain ton miroir d'un geste rageur l'image qu'il te renvoie est la juste réalité pourtant !

Tu n'es ni belle, ni moche, ni géniale ni complètement stupide, juste toi faut-il en savoir plus ?

Laisse-moi te chanter un plus loin

Ton petit monde d'enfance, ton petit monde à toi, tout ensommeillé,

Foutaises ! ne dure qu'un temps !

Il se brisera contre l'implacable genre humain

La vie est un risque ! Il suffit d'avoir conscience de ce que tu risques !

Je chante la jeune fille qui devient femme

Ouvre tes yeux pleins de poussière de rêve

affronte ceux qui ne savent pas encore qu'ils te trahiront,

affronte les idéaux que tu devines à peine en toi

dont tu auras beaucoup de mal à te défaire pour pleurer dans le noir amer de tes désillusions

Clichés ! Clichés parmi tant d'autres pourtant, qui viendront conformer ton quotidien à ce qui est grisâtre, jaunâtre, saumâtre...

Bref, il faut savoir lire ce qui n'est pas écrit

Voir ce qui est invisible

décolorer les cheveux de ces vieilles folles d'évidences

Toi qui sais encore jouer avec n'importe quoi

surtout n'oublie pas de te jouer de tout

Je chante la femme accomplie qui sait voir et comprendre d'instinct

Mais qui sait, combien il lui en coûte d'être lucide !

mercredi, novembre 04, 2009

Adresse au Président par Matoub Lounès (1984)

"Monsieur le Président", titre de 1984 :
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Monsieur le Président,

C'est avec un coeur lourd que je m'adresse à vous. Ces quelques phrases d'un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m'adresse à vous avec une langue empruntée pour vous dire simplement et clairement

que l'Etat n'a jamais été la patrie. D'après Bakounine,

c'est l'abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie.

Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie,

mais c'est un amour réel, naturel, pas une idée : un fait.

Et c'est pour cela que je me sens franchement

le patriote de toutes les patries opprimées.

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Matoub Lounes, le 17 janvier 1998 au Zénith de Paris...
...son dernier concert :
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Matoub par Yalla Seddiki :
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vendredi, octobre 30, 2009

Rock kabyle - Les Abranis


Belaid Branis : Ttir n swahel (Oiseau des grandes plaines) - 2009

Sources : http://www.youtube.com/watch?v=QMo1OvFeAQM

http://abranis.com/site/




Les Abranis (groupe) : Cnuɣ le blues (J'ai chanté le blues) - années 70




Les Abranis (groupe) : "Theggaeledh" - 1973

(qualité vidéo moyenne : décalage entre image et son constaté)

Source : http://www.youtube.com/watch?v=8av7l9CM1zA


 
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