Y en a qui prennent un livre religieux pour donner un sens à leur existence à en devenir fa-na-ti-ques, y en a d’autres, comme moi, ceux pour qui la religion c’est le néant total, « l’emptiness » assuré, qui prennent des livres pour enrichir leur esprit. J’ai lu « L’audace d’espérer » de Barack Obama qui contient des paroles de bons sens. Barack Obama, c’est devenu comme une-drogue-dure, je vous dis ! Ce n’est pas étonnant que beaucoup de femmes tombent amoureuses de Monsieur Barack Obama. Le coup de foudre total ! Si tous les hommes étaient (au moins pensaient ou se comportaient) comme lui, si toutes les femmes du monde éduquaient leurs fils en leur inculquant des valeurs qui feront d’eux de « grands hommes » dans leurs comportements, le monde irait peut-être mieux…
Lectrices, lecteurs, je vous laisse le soin d’apprécier ou pas ces quelques passages écrits par Barack Obama :
Lectrices, lecteurs, je vous laisse le soin d’apprécier ou pas ces quelques passages écrits par Barack Obama :
« Je souriais en hochant la tête et je répondais généralement que je comprenais ce scepticisme mais qu’il y avait, qu’il y avait toujours eu, en politique, une autre tradition, qui allait de la fondation du pays aux heures de gloire du mouvement pour les droits civiques, une tradition reposant sur l’idée simple que chacun de nous est concerné par ce qui arrive aux autres, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare, et que si suffisamment de gens croient à cette idée et agissent en conséquence, nous ne réglerons peut-être pas tous les problèmes mais nous ferons au moins quelque chose qui aura un sens. (ça c’est page 10 au sujet de la politique que les gens trouvent souvent « sale »).Pour la première fois de ma carrière, j’ai souhaité voir des hommes politiques plus jeunes réussir là où j’avais échoué, occuper des fonctions plus élevées et faire avancer les choses. Les plaisirs de la politique – les poussées d’adrénaline pendant un débat, la chaleur animale d’une foule dans laquelle on plonge pour serrer des mains – ont commencé à pâlir face aux côtés plus ingrats du métier : les collectes de fonds, les longs trajets de retour en voiture après un banquet ayant duré deux heures de plus que prévu, les repas infects, l’air vicié, les conversations téléphoniques tendues avec une épouse qui m’avait soutenu jusque-là mais qui en avait assez d’élever nos enfants seule et commençait à mettre en question mes priorités. … Je me suis mis à douter du chemin que j’avais choisi, à éprouver ce qu’un acteur ou un sportif doit sentir, j’imagine, quand, après des années passées à poursuivre son rêve, à faire le serveur dans un restaurant entre deux auditions ou à batailler péniblement dans un championnat de seconde zone, il se rend compte que ni son talent ni la chance ne le mèneront plus loin.
Le rêve ne se réalisera pas, il doit l’accepter en adulte et passer à des activités plus sensées, ou continuer à refuser de regarder la vérité en face pour finir dans la peau d’un individu aigri, querelleur, le plus souvent pitoyable.
Refus d’admettre la réalité, colère, marchandage, désespoir : je ne suis pas sûr d’être passé par tous les stades décrits par les experts. A un certain point, je suis cependant parvenu à accepter mes limites et, d’une certaine façon, mon caractère mortel. Je me suis concentré de nouveau sur mon travail au Sénat de l’Illinois, tirant une certaine satisfaction des réformes que ma position me permettait d’appuyer ou d’initier. J’ai passé plus de temps chez moi, j’ai regardé mes filles grandir, j’ai donné à ma femme l’amour qu’elle méritait et j’ai réfléchi à mes obligations à long terme. J’ai fait de l’exercice, j’ai lu des romans, j’ai fini par prendre plaisir à la course de la Terre autour du Soleil, au simple fait que les saisons se succèdent sans que j’y sois pour quelque chose.
C’est cette acceptation de la réalité, je crois, qui m’a conduit à l’idée complètement insensée de me présenter au Sénat des Etats-Unis. La stratégie du tout ou rien, voila comment j’ai présenté l’affaire à ma femme : une dernière tentative pour mettre mes idées à l’épreuve avant de passer à une existence plus calme, plus stable et mieux rémunérée. Plus par commisération que par conviction, peut-être, elle a accepté cette dernière tentative, en précisant toutefois qu’étant donné sa préférence pour une vie familiale paisible et ordonnée je ne devais pas nécessairement compter sur son vote… (en pages 12 et 13)
Je suis contre la politique qui favorise constamment les riches et les puissants au détriment des Américains moyens et je soutiens que le gouvernement doit contribuer à donner une chance à chacun. Je crois à l’évolution, à la recherche scientifique et au réchauffement de la planète ; je crois en la liberté d’expression, politiquement correcte et incorrecte, et je ne suis pas partisan d’utiliser le gouvernement pour imposer des convictions religieuses, quelles qu’elles soient - y compris les miennes -, aux non-croyants. En outre, je suis prisonnier de ma propre histoire : je ne peux m’empêcher de voir l’expérience américaine à travers le prisme d’un Noir à l’héritage métissé, gardant sans cesse à l’esprit que des générations d’hommes et de femmes qui me ressemblent ont été asservis et stigmatisés, toujours conscient des manières subtiles et moins subtiles dont l’appartenance à une race et à une classe sociale continue à modeler nos vies. (en page 20)
Le problème, c’est le fossé entre l’ampleur des défis à relever et l’étroitesse de notre politique, la facilité avec laquelle nous nous laissons détourner par le mesquin et le trivial, nos dérobades constantes devant les décisions difficiles, notre incapacité apparente à créer un consensus viable pour nous attaquer à un problème important. (en page 34)
Comme pour la plupart de mes valeurs, j’ai appris l’empathie avec ma mère. Elle rejetait toute forme de cruauté, de manque d’égards ou d’abus de pouvoir, qu’il s’agisse des préjugés raciaux, des persécutions dans la cour de l’école ou des salaires de travailleurs sous-payés. Chaque fois qu’elle décelait en moi une trace de ce comportement, elle me forçait à la regarder dans les yeux et me demandait : « quel effet ça te ferait, à toi ? »
C’est cependant à travers mes rapports avec mon grand-père que j’ai intériorisé pour la première fois la pleine signification du mot « empathie ». Du fait de sa profession, ma mère résidait à l’étranger, et j’ai souvent vécu chez mes grands-parents pendant mes études secondaires ; aussi, en l’absence d’un père à la maison, c’était mon grand-père qui était la cible principale de ma rébellion adolescente. Il n’était pas lui-même toujours facile à vivre puisqu’il avait un tempérament irascible et qu’en outre on pouvait facilement blesser ses sentiments parce qu’il n’avait pas eu une carrière particulièrement réussie. Quand j’avais seize ans, nous nous heurtions sans cesse, généralement parce que je ne me pliais pas à ce que je considérais comme une série interminable de règles mesquines et arbitraires, par exemple refaire le plein d’essence après lui avoir emprunté sa voiture, ou rincer la brique de lait vide avant de la jeter à la poubelle.
Avec un certain talent pour la rhétorique, assorti d’une confiance absolue dans le bien-fondé de mes opinions, je remportais généralement ces joutes, au sens étroit où je laissais mon grand-père décontenancé et furieux. Mais au bout d’un certain temps, peut-être en terminale, ces victoires ont commencé à me paraître moins satisfaisantes. J’ai songé aux combats et aux déceptions qui avaient marqué sa vie, j’ai compris son besoin de se sentir respecté sous son toit. Je me suis rendu compte que respecter ses règles me coûterait peu et aurait une grande importance pour lui. J’ai pris conscience qu’il avait parfois raison et qu’en exigeant de n’en faire qu’à ma tête tout le temps, sans tenir compte de ses sentiments ou de ses besoins, je me rabaissais d’une certaine façon.
Cette prise de conscience n’a rien d’extraordinaire, bien-sûr. Nous devons tous passer par là, d’une manière ou d’une autre, pour devenir adultes. Pourtant je me surprends à revenir constamment au principe simple de ma mère - « quel effet ça te ferait, à toi ? » - pour me guider dans mon action politique.
C’est une question que nous ne nous posons pas assez souvent, je crois. En tant que pays, nous souffrons d’un manque d’empathie. Nous ne tolérions pas des écoles qui n’enseignent rien, qui pâtissent d’un manque chronique de crédits, de personnel, si nous pensions vraiment que les enfants qui les fréquentent sont comme les nôtres, sont les nôtres. On imagine mal qu’un P-DG s’accorderait une prime de plusieurs millions de dollars tout en réduisant l’assurance maladie de ses ouvriers s’il les considérait d’une façon ou d’une autre comme ses égaux. De même, on peut présumer que les gens au pouvoir réfléchiraient davantage avant de déclencher une guerre s’ils pouvaient se représenter leurs propres fils et filles tombant au front. (en pages 88, 89, 90) »
Auteur : Barack Obama.
L'audace d'espérer un nouveau rêve américain.
Document publié en octobre 2006, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Martinache.
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