On
les a appelés les Lebous ou bien les
Lybiens, les Maures, les Numides, les
Gétules. Ce sont les Berbères. Plus exactement
et justement : les Imaziɣen, « les hommes et les femmes libres ».
Ils s’appellent eux-mêmes comme cela... Historiquement ils occupaient toute
l’Afrique du Nord, leur espace.
L’Afrique du Nord a connu une succession d’occupations,
de dominations :
1- les Phéniciens (-1000)
2- les Romains (- 400 +400)
3- les Vandales (431 533)
4- les Byzantins (533 647)
5- les Arabes (647)
6- les Turcs (1514)
7- les Français (Espagnols et Portugais de façon plus sporadiques) (1830 1962)
Jusqu’à l’arrivée des Turcs, une occupation chasse
l’autre.
Ces invasions sont venues d’Est en Ouest, sauf pour
les français qui sont venus par Alger.
Plus les occupants allaient vers l’Ouest, plus leur
occupation s’affaiblissait vu l’étendue du territoire et la densité la
population à l’Ouest.
Les Phéniciens (domination
punique)
La Phénicie est l’ancien nom
donné à la bande côtière du littoral syro-libanais. Elle regroupe le Liban, la
ville de Tyr (ville et port phénicien près d’Israël) et la Perse. Selon
certaines traditions, les Tyriens auraient fondé des comptoirs sur les côtes
africaines dès le XIIe siècle avant J-C. Si les marins phéniciens avaient ainsi
atteint l’Atlantique, il semble que leur colonisation ait progressé d’Est en
Ouest par bonds successifs, et qu’ils s’installèrent à Carthage avant de porter plus avant leurs colonies.
Le premier royaume berbère
remonte avec l’affrontement de Carthage contre Rome au 5ème siècle.
Les Berbères sont installés sur toute la côte
africaine et vendent des marchandises. Au IIIe siècle avant J-C, l’Afrique du
Nord est divisée entre trois régions berbères distinctes :
- A l’ouest, la Maurétanie, le royaume des Maures. Il s’agit du Maroc
septentrional. La frontière est l’actuelle Moulouya.
- A l’est, près de Carthage, le royaume des Massyles avec le roi Gaïa. Cette région correspond à l’Est-Algérien dominé
par Carthage.
- Au centre de ces deux régions, la Numidie, le royaume des Masaesyles
sur lequel règne le roi Syphax.
Syphax et Gaïa se disputent Cirta (Constantine), la
ville de tous les enjeux et de toutes les convoitises.
Face à l'expansion phénicienne et aux impôts, on assiste déjà à une résistance des Berbères. En multipliant les révoltes, les Berbères manifesteront cet esprit d'indépendance auquel se heurteront tous les envahisseurs.
Carthage (ville fondée en
825 av. J-C sous l’impulsion de la princesse phénicienne Didon) va changer la
donne économique, historique des Berbères. Très florissante, elle devient une
grande puissance économique. Elle devient la rivale, la concurrente de Rome. CARTHAGE va s’opposer à ROME.
Cette opposition va provoquer des guerres : les Guerres Puniques (264 - 146 av. J-C). Trois guerres successives
dans lesquelles les Berbères vont s’investir quand-même. Carthage va prendre
des Berbères et des Siciliens pour se
battre contre Rome. Les Berbères vont prendre leur revanche contre ceux qui
leur font payer les impôts et vont s’allier aux Romains. Ceci aboutit à la
destruction de Carthage. C’est Massinissa, roi
berbère, fils de Gaïa, qui a été d’un poids décisif qui fait la perte de
Carthage face à Rome. Carthage est rasé par les Romains. Soumis par les Romains
au 1er siècle avant J-C elle devient capitale romanisée.
La culture et la langue puniques se sont propagées
sur l’ensemble du territoire africain et beaucoup de berbères adoptèrent la
langue punique comme langue de commerce.
Les berbères vont rester en marge de l'occupation romaine et garde beaucoup d'élément de la culture punique jusqu'à St-Augustin (430), père fondateur de la chrétienté.
La période romaine (8
siècles), présence romano-chrétienne (-400,+400)
La chute de Carthage (146 avant J-C) marque le début de la domination romaine en Afrique. Les Romains viennent donc remplacer les Phéniciens. Les possessions carthaginoises sont transformées en province romaine. Ainsi naît l’Africa.
La chute de Carthage (146 avant J-C) marque le début de la domination romaine en Afrique. Les Romains viennent donc remplacer les Phéniciens. Les possessions carthaginoises sont transformées en province romaine. Ainsi naît l’Africa.
Son étendue
est modeste puisqu’elle ne représente, avec moins de 25 000 km2, que le tiers Nord-Est de
la Tunisie actuelle. Selon la coutume romaine, le territoire est découpé en
centuries carrées (environ 50 hectares). Le gouvernement de l’Africa est confié
à un magistrat qui reçoit le titre de proconsul.
Il réside à Utique, avec ses légats
et ses attachés choisis à son gré. Il administre, pratiquement sans contrôle,
sa province avec le concours du questeur
désigné par le Sénat.
Sept villes
d’Afrique avaient reçu la liberté pour le prix de leur rupture avec
Carthage ; elles s’administrent librement, mais sont soumises à des
obligations militaires et financières.
Les
propriétés des Carthaginois sont transformées par Rome en domaine public. Les
colons s’installent en Afrique et se partagent, par tirage au sort, 150
000 hectares.
L’extension
de la présence romano-chrétienne est faite sur la Berbérie pendant 8 siècles
avec une influence inégale sur les différentes régions de la Berbérie. Les deux
derniers siècles sont vraiment chaotiques puisqu’ils connaîtront énormément de
batailles.
On constate que malgré 800 ans d’occupation, il
n’y a aucun effet sur le devenir de cette région : il y a inadéquation
entre les Romains et ce qu’ils ont occupé.
Malgré son pouvoir central aussi bien du côté de
Carthage que du côté de Rome et malgré sa tradition scripturaire, sa religion
et une très forte armée de métier, la civilisation romaine n’a pu venir à
bout de la civilisation berbère. Pourtant elle paraît à priori fragile
puisque :
- c’est une civilisation orale,
- les villages et les tribus sont désunis et épars,
- il n’y a pas de pouvoir central ; lorsqu’il
en émerge un, il est plutôt marginal.
3 temps dans l’extension progressive de Rome :
1- Carthage
et les environs (actuel constantinois + actuelle Tunisie)
2- Milieu du
3e siècle : l’occupation est à son zénith. Toute la partie
riche de la Berbérie est occupée (Djerba, jusqu’à Rabat(Ouest)). Rome n’a pas
pu s’imposer à l’ensemble de la Berbérie.
3- Milieu du
4e siècle : ce n’est plus une avancée mais un reflux. La
présence romaine se limite à l’embouchure de l’actuelle rivière (El Asnam).
A l’intérieur même de cette ère géographique
occupée, certaines régions petites en surface mais très peuplées sont restées
complètement inaccessibles (régions montagneuses du Rif, dans le Nord Marocain,
dans tout l’Atlas Marocain, de l’Ouarsenis (massif calcaire de l’Algérie au sud
du Chélif) et la Kabylie ).
En résumé, il faut dire que les Romains ne se sont
opposés qu’à une partie restreinte de la Berbérie et qu’à un niveau historique
c’est de cette partie dont il est question. De la masse des Berbères restée
indépendante, nous savons qu’ils ont été irréductibles.


















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