Le Printemps berbère (Tafsut Imaziɣen) désigne l'ensemble des manifestations de mars à avril 1980 réclamant une place à Tamaziɣt.
Le déclenchement de cette revendication est l'interdiction d'une conférence sur "les poèmes kabyles anciens" que l'écrivain Mouloud Mammeri devait présenter le 10 mars 1980 devant des étudiants à l'université de Tizi-Ouzou.
Mouloud Mammeri :
"Le temps n'est plus où une culture pouvait se tuer dans l'ombre par la violence ouverte et quelquefois avec l'acquiescement aliéné des victimes."
"Quand
je regarde en arrière, je n'ai nul regret, je n'aurai pas voulu vivre
autrement... De toutes façons, un fantasme n'est jamais que cela. Je ne
me dis pas : J'aurais voulu être un citoyen d'Athènes au temps de
Périclès, ni un citoyen de Grenade sous les Abencérages, ni un bourgeois
de la Vienne des valses. Je suis né dans un canton écarté de haute
montagne, d'une vieille race qui, depuis des millénaires n'a pas cessé
d'être là, avec les uns, avec les autres... qui, sous le soleil ou la
neige, à travers les sables garamantes ou les vieilles cités du Tell, a
déroulé sa saga, ses épreuves et ses fastes, qui a contribué dans
l'histoire, de diverses façons, à rendre plus humaine la vie des
hommes.
Les
tenants d'un chauvinisme souffreteux peuvent aller déplorant la trop
grande ouverture de l'éventail : Hannibal a conçu sa stratégie en
punique ; c'est en latin qu'Augustin a dit la cité de Dieu, en arabe
qu'Ibn Khaldoun a exposé les lois des révolutions des hommes.
Personnellement, il me plait de constater dès le début de l'histoire
cette ample faculté d'accueil. Car il se peut que les ghettos
sécurisent, mais qu'ils stérilisent c'est sûr.
C'est par là que je voudrais finir. Ceux qui, pour quitter la scène, attendent toujours d'avoir récité la dernière réplique à mon avis se trompent : il n'y a jamais de dernière réplique - ou alors chaque réplique est la dernière - on peut arrêter la noria à peu près à n'importe quel godet, le bal à n'importe quelle figure de la danse. Le nombre de jours qu'il me reste à vivre, Dieu seul le sait. Mais quelque soit le point de la course où le terme m'atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que quelque soient les obstacles que l'histoire lui apportera, c'est dans le sens de sa libération que mon peuple - et avec lui les autres - ira. L'ignorance, les préjugés, l'inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l'on distinguera la vérité de ses faux semblants. Tout le reste est littérature. "

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire