Extrait de la conférence du 12/12/2008 à Saint-Denis
Michel Onfray : "Je ne crois qu’on puisse être désengagés, je crois que l’on est toujours engagé, Il y a simplement des gens qui montrent leur engagement, des gens qui ne le montrent pas. […]
Je crois qu’un libertaire procède toujours d’une sensibilité viscérale. On ne parvient pas à l’engagement libertaire par le concept, par la théorie parce que l’on aura lu des livres mais si on lit des livres, ils entreront en résonnance avec une expérience particulière, et c’est ce qui fait qu’on se trouve dans un tempérament libertaire. […]
Je suis sur des positions ultra-pragmatiques et je choque dans le monde philosophique parce que justement les philosophes sont sur des positions pas du tout pragmatiques, ultra-théoriques, ultra-conceptuelles en disant c’est la théorie de ceci, la théorie de cela et on est dans l’éthique de conviction. Moi j’aime l’éthique de responsabilité et je me dis « ça produit quoi comme effet ? qu’est ce que ça produit comme type d’effet dans le réel ? » et la philosophie m’a montré que le militantisme passait par la vie philosophique. Qu’on ne peut pas dire d’une part qu’on est philosophe et d’autre part vivre autre chose que ce qu’on enseigne. […]
Ce qui m’intéresse ce n’est pas le verbe haut et clair, c’est l’adéquation entre ce qu’on dit et ce qu’on fait et pour moi, le militantisme c’est ça. Il ne faut pas qu’il y ait un grand écart entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. .. J’ai le souci de l’action et du pragmatisme, moi je dis – et c’est là qu’on révolutionne la philosophie - il faut éclairer la théorie par la pratique. C’est la pratique qui doit permettre de réfléchir sur la théorie, qui doit permettre à l’élaboration de la théorie. […]
J’essaie de faire ce que je dis et de dire ce que je fais et puis de produire des effets dans le réel, c’est-à-dire qu’on trace des routes dans une mer avec la météo, avec le matériel dont on dispose et la possibilité de jongler avec les anticyclones, les tempêtes ou ce genre de choses, donc je trouve que le militantisme est au quotidien, il passe par la vie philosophique et il passe par la production des micro-résistances et la micro-résistance, ça va de la façon de penser son couple, de vivre son couple jusqu’à un projet de société, à l’évidence . Donc le militantisme pour moi c’est ça, c’est-à-dire quand on est dans une théorie philosophique, on tache d’être susceptible de pratiquer cette théorie–là parce qu’elle doit produire des effets sinon ça ne sert à rien."
3 commentaires:
oui,il n'y a pas l'intellectuel,dans sa bulle dorée,mais le verbe doit se faire chair,doit se faire action! a
coucou a. je crois que je n'ai pas bien compris ce que sous-entend ton message mais merci de ton avis. A vrai dire, je ne le connais pas bien michel onfray, mais je trouve qu'il dit des choses très justes, c'est à la fois petit, délicat. Mais je n'adhère pas totalement à sa philosophie, je le trouve parfois peut-être "un peu trop individualiste". Je suis dans ma période "anarchiste" et "libertaire", je rêve d'un monde sans hiérarchies, sans salaires, sans monnaie, basé sur une économie d'échange, le collectivisme, le mutualisme. Les Espagnols l'ont expérimenté (en 1936 - 1939). La synthèse espagnole peut nous servir de modèle!
Le jour où les gens ne pourront plus aller au bureau (pour cause de crise) , peut-être qu'ils y penseront ?
oh Tessa,je deviens d'un pessimisme absolu,hélas,je suis au diapason de la crise,en désillusion,et avec une méfiance totale dans les sirupeux mensonges des politiciens,même penser, deviendra un luxe!quand, il ne restera que des larmes!a
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