Alger "freine" la presse internationale avant l'élection présidentielle
Par Marie Simon, publié le 08/04/2009
Par Marie Simon, publié le 08/04/2009
L'Express publiait jeudi dernier un article sur le président Bouteflika, quelques jours avant l'élection présidentielle... mais n'a pu être distribué en Algérie jusqu'à présent. Interdiction, censure, rétention d'informations? LEXPRESS.fr fait le point.
Les Algériens n'ont pas encore pu feuilleter L'Express... du 2 avril dernier. La raison: cette édition contient un article sur le président Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un troisième mandat à l'élection présidentielle de ce jeudi.
D'après l'AFP, ce numéro a été "interdit" pour "atteinte aux valeurs nationales", en vertu de l'article 26 du code algérien de l'information. Article qui précise que "les publications périodiques et spécialisées nationales ou étrangères, quelles que soient leur nature et leur destination, ne doivent comporter ni illustration, ni récit, ni information ou insertion contraires à la morale islamique, aux valeurs nationales, aux droits de l'Homme ou faire l'apologie du racisme, du fanatisme et de la trahison".
"C'est plus compliqué qu'une interdiction"
L'Express interdit? Pas tout à fait... "C'est plus compliqué que cela", explique Silvia Attias, responsable des ventes internationales du titre, jointe par téléphone par LEXPRESS.fr.
"Pour l'instant, l'hebdomadaire n'est pas interdit... On attend juste une autorisation qui tarde à venir", nuance-t-elle. "Mais c'est une autre forme de censure: plus tard elle sera délivrée, plus réduit sera le rayon dans lequel nous serons distribués!"
D'ordinaire, chaque semaine, 500 exemplaires de L'Express sont écoulés en Algérie, à Constantine, Oran mais surtout Alger (80% des ventes dans ce pays). "C'est très important pour nous d'être présents", insiste Silvia Attias. Or, cette semaine, "L'Express sera introuvable et les Algériens ne pourront pas le lire. C'est de la rétention d'informations".
D'autres titres internationaux sont concernés. De fait, d'après Lemonde.fr qui reprend une information d'Associated Press, le Journal du Dimanche et Marianne auraient également quelques soucis avec les autorités algériennes...
La dernière fois que L'Express a fait l'objet d'une interdiction en Algérie, c'était à cause de son dossier sur "Le choc Jésus-Mahomet, leur itinéraire, leur message, leur vision du monde", début novembre. Mais surtout de sa Une qui montrait le prophète, même son visage était masqué. Ce numéro avait aussi été interdit au Maroc, en Tunisie, lau Liban ou encore dans les pays du Golfe.
Algérie: Abdelaziz Bouteflika et les siens
Par Dominique Lagarde, Anis Allik, publié le 08/04/2009
Par Dominique Lagarde, Anis Allik, publié le 08/04/2009
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-abdelaziz-bouteflika-et-les-siens_752321.html
Le président Bouteflika est assuré d'être réélu le 9 avril pour un troisième mandat. Mais, depuis dix ans, il est loin d'être seul à tenir le pays. Qui l'appuie, quels sont ses réseaux, quel rôle joue sa famille? L'Express a enquêté.
C'est un scrutin sans suspense : Abdelaziz Bouteflika sera réélu, le 9 avril, président de l'Algérie. Ainsi en sont convenus, une fois encore, ceux que les Algériens appellent les "décideurs", poignée de hauts gradés qui gravitent autour du tout-puissant patron des services de renseignement, le général Mohamed Mediene, dit "Toufik".
Le chef de l'Etat a obtenu leur feu vert il y a plusieurs mois déjà, lorsqu'ils l'ont autorisé à faire voter par le Parlement un amendement à la Constitution mettant fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le texte a été adopté le 12 novembre 2008 par les élus des deux chambres.
Depuis ce jour, Bouteflika sait qu'il restera à son poste aussi longtemps que Dieu lui prêtera vie. Résultat : aucun des ténors de la classe politique n'a souhaité endosser le rôle du challenger.
Pourquoi les "décideurs" ont-ils choisi d'adouber Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat, en dépit de son âge - 72 ans - et de sa santé défaillante? Parce qu'il leur aurait, comme on le murmure, confié qu'il souhaitait mourir au pouvoir? Faute de candidat de rechange? Il y a peut-être un peu de tout cela.
Jusqu'ici, il a plutôt bien rempli la mission qui lui a été confiée
Mais la raison principale est ailleurs: le chef de l'Etat, de leur point de vue, a plutôt bien rempli, jusqu'ici, la mission qui lui a été confiée.
Pour comprendre, il faut remonter une dizaine d'années en arrière. A l'époque, en 1999, la "sale guerre" contre les islamistes bat son plein, le pays est déchiré et l'image de l'armée est tellement dégradée que certains de ses chefs craignent de faire l'objet de poursuites judiciaires à l'étranger. Ils sont à la recherche d'une personnalité ayant de l'entregent, capable, une fois portée à la tête de l'Etat, d'allumer un contre-feu diplomatique et de faire en sorte que l'Algérie redevienne "fréquentable".
Deux hommes, de ceux qui pèsent au sein du sérail, vont se faire les avocats d'Abdelaziz Bouteflika, charismatique ministre des Affaires étrangères des années Boumediene : le très influent général à la retraite Larbi Belkheir, "parrain" de Toufik - le chef des services lui doit en partie sa carrière - et Abdelkader Koudjeti, un personnage de l'ombre, homme d'affaires et marchand d'armes. Toufik et les siens se laissent assez rapidement convaincre.
Engagé à 19 ans dans l'Armée de libération nationale, Bouteflika fait partie de la "famille". Pendant près de vingt ans, il a été le patron incontesté de la diplomatie algérienne, avant d'être écarté sans ménagements du pouvoir après le décès, en décembre 1978, du président Houari Boumediene.
Le 15 avril 1999, le voilà élu président de la République. Habile à la manoeuvre, il va se servir des attentats du 11 septembre 2001 pour accélérer le rapprochement avec Washington, souhaité par les militaires. Il fait ensuite adopter un premier texte sur la "concorde civile", qui permet de consolider la trêve négociée par les militaires, peu avant son élection, avec les maquisards de l'Armée islamique du salut (AIS).
Ses vrais sponsors, ce sont les hommes d'affaires
Reste la question de l'impunité, qui obsède toujours les généraux algériens. Comment faire en sorte que personne ne puisse être rattrapé par l'Histoire, quel que soit le camp auquel il ait appartenu ? Faut-il une loi nouvelle, qui tournerait définitivement la page des années de sang ? La question est au coeur des discrets échanges qui ont lieu entre Bouteflika et le clan Toufik avant les élections de 2004. Réélu le 8 avril 2004, le président fait approuver par référendum un an plus tard, le 29 septembre 2005, sa Charte pour la paix et la réconciliation nationale, véritable loi d'amnistie générale.
Mission accomplie, donc. Mais, en dix ans, le chef de l'Etat s'est aussi employé à constituer ses propres réseaux. "Si le système est toujours le même, le jeu des équilibres internes est aujourd'hui plus favorable à Bouteflika qu'en 1999", assure un observateur, bon connaisseur du sérail. Belkheir et Koudjeti, les " parrains" du début, sont hors jeu.
En juillet 2004, le chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, est poussé à la démission. Il est remplacé par un proche du président, Gaïd Salah. Son départ forcé permet un vaste remaniement : les commandants de quatre des six régions militaires ont été changés. Des nominations que Bouteflika impose avec l'aval du tout-puissant Toufik. Rivaux parfois, les deux personnages savent qu'ils ont un commun intérêt à s'entendre.
Les "années Bouteflika" se sont traduites par la montée en puissance, dans la haute administration et les entreprises publiques, de plusieurs protégés du chef de l'Etat, souvent originaires comme lui de l'ouest du pays : le chef du protocole de la présidence, Mokhtar Reguieg ; Moulay Guendil, dont Bouteflika a fait son chef de cabinet avant de le nommer ambassadeur à Rabat ; Zouaoui Benhamadi, qui dirige l'Agence nationale de gestion des grands projets culturels ; ou encore Toufik Khelladi et Nacer Mehal, les patrons de la radio et de l'agence de presse nationales. Autant de relais utiles... Mais ceux qui apparaissent de plus en plus au grand jour comme les vrais sponsors de Bouteflika, ce sont les hommes d'affaires.
Le Forum des chefs d'entreprise (FCE), le Medef local, soutient ouvertement la candidature du président à sa propre succession. Et la villa du quartier résidentiel d'Hydra, qui abrite son QG électoral, appartient à Reda Kouninef, un richissime patron dont les intérêts vont des travaux publics aux multimédias. La montée en puissance de ce lobby renforce incontestablement la main du chef de l'Etat.
Le premier cercle, autour du président, est pourtant ailleurs. Après une traversée du désert d'une vingtaine d'années, Abdelaziz Bouteflika n'avait plus véritablement d'hommes liges lors de son élection, en 1999. Au sein du gouvernement, ses alliés se comptent toujours sur les doigts d'une main : Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur, dont il était proche autrefois ; Abdelaziz Belkhadem, démis en juin 2008, à la demande du clan Toufik, de son poste de Premier ministre et nommé depuis ministre d'Etat ; le chef de la diplomatie, Mourad Medelci ; la ministre de la Culture, Khalida Toumi...
La vraie garde rapprochée du chef de l'Etat, depuis son retour, c'est sa famille. Sa mère, Mansouriah, règne aujourd'hui encore, à plus de 90 ans, sur le clan, à la manière d'une mamma sicilienne. Son président de fils lui voue une admiration sans bornes. Il est rare qu'il prenne un engagement important sans lui demander son avis. Très croyante, elle serait, dit-on, à l'origine de son retour à la religion, au lendemain de son hospitalisation, en novembre 2005, à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, officiellement pour un ulcère hémorragique de l'estomac. Elle l'aurait même convaincu d'aller remercier Dieu de sa guérison en effectuant un pèlerinage à La Mecque, avant que Toufik, qui craignait que le convalescent ne supporte pas le voyage, mette le holà à ce projet.
Le chef de l'Etat est aussi resté très proche de ses quatre frères et de sa soeur. Secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, Abderrahim est le plus discret. Avocat au barreau de Paris, Abdelghani a surtout fait parler de lui lors de l'affaire Khalifa, une société d'abord soutenue puis lâchée par le pouvoir, dont la banqueroute frauduleuse donnera lieu en 2006 à un énorme scandale. Mustapha, médecin personnel du président, joue un rôle essentiel compte tenu de sa santé.
C'est un scrutin sans suspense : Abdelaziz Bouteflika sera réélu, le 9 avril, président de l'Algérie. Ainsi en sont convenus, une fois encore, ceux que les Algériens appellent les "décideurs", poignée de hauts gradés qui gravitent autour du tout-puissant patron des services de renseignement, le général Mohamed Mediene, dit "Toufik".
Le chef de l'Etat a obtenu leur feu vert il y a plusieurs mois déjà, lorsqu'ils l'ont autorisé à faire voter par le Parlement un amendement à la Constitution mettant fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le texte a été adopté le 12 novembre 2008 par les élus des deux chambres.
Depuis ce jour, Bouteflika sait qu'il restera à son poste aussi longtemps que Dieu lui prêtera vie. Résultat : aucun des ténors de la classe politique n'a souhaité endosser le rôle du challenger.
Pourquoi les "décideurs" ont-ils choisi d'adouber Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat, en dépit de son âge - 72 ans - et de sa santé défaillante? Parce qu'il leur aurait, comme on le murmure, confié qu'il souhaitait mourir au pouvoir? Faute de candidat de rechange? Il y a peut-être un peu de tout cela.
Jusqu'ici, il a plutôt bien rempli la mission qui lui a été confiée
Mais la raison principale est ailleurs: le chef de l'Etat, de leur point de vue, a plutôt bien rempli, jusqu'ici, la mission qui lui a été confiée.
Pour comprendre, il faut remonter une dizaine d'années en arrière. A l'époque, en 1999, la "sale guerre" contre les islamistes bat son plein, le pays est déchiré et l'image de l'armée est tellement dégradée que certains de ses chefs craignent de faire l'objet de poursuites judiciaires à l'étranger. Ils sont à la recherche d'une personnalité ayant de l'entregent, capable, une fois portée à la tête de l'Etat, d'allumer un contre-feu diplomatique et de faire en sorte que l'Algérie redevienne "fréquentable".
Deux hommes, de ceux qui pèsent au sein du sérail, vont se faire les avocats d'Abdelaziz Bouteflika, charismatique ministre des Affaires étrangères des années Boumediene : le très influent général à la retraite Larbi Belkheir, "parrain" de Toufik - le chef des services lui doit en partie sa carrière - et Abdelkader Koudjeti, un personnage de l'ombre, homme d'affaires et marchand d'armes. Toufik et les siens se laissent assez rapidement convaincre.
Engagé à 19 ans dans l'Armée de libération nationale, Bouteflika fait partie de la "famille". Pendant près de vingt ans, il a été le patron incontesté de la diplomatie algérienne, avant d'être écarté sans ménagements du pouvoir après le décès, en décembre 1978, du président Houari Boumediene.
Le 15 avril 1999, le voilà élu président de la République. Habile à la manoeuvre, il va se servir des attentats du 11 septembre 2001 pour accélérer le rapprochement avec Washington, souhaité par les militaires. Il fait ensuite adopter un premier texte sur la "concorde civile", qui permet de consolider la trêve négociée par les militaires, peu avant son élection, avec les maquisards de l'Armée islamique du salut (AIS).
Ses vrais sponsors, ce sont les hommes d'affaires
Reste la question de l'impunité, qui obsède toujours les généraux algériens. Comment faire en sorte que personne ne puisse être rattrapé par l'Histoire, quel que soit le camp auquel il ait appartenu ? Faut-il une loi nouvelle, qui tournerait définitivement la page des années de sang ? La question est au coeur des discrets échanges qui ont lieu entre Bouteflika et le clan Toufik avant les élections de 2004. Réélu le 8 avril 2004, le président fait approuver par référendum un an plus tard, le 29 septembre 2005, sa Charte pour la paix et la réconciliation nationale, véritable loi d'amnistie générale.
Mission accomplie, donc. Mais, en dix ans, le chef de l'Etat s'est aussi employé à constituer ses propres réseaux. "Si le système est toujours le même, le jeu des équilibres internes est aujourd'hui plus favorable à Bouteflika qu'en 1999", assure un observateur, bon connaisseur du sérail. Belkheir et Koudjeti, les " parrains" du début, sont hors jeu.
En juillet 2004, le chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, est poussé à la démission. Il est remplacé par un proche du président, Gaïd Salah. Son départ forcé permet un vaste remaniement : les commandants de quatre des six régions militaires ont été changés. Des nominations que Bouteflika impose avec l'aval du tout-puissant Toufik. Rivaux parfois, les deux personnages savent qu'ils ont un commun intérêt à s'entendre.
Les "années Bouteflika" se sont traduites par la montée en puissance, dans la haute administration et les entreprises publiques, de plusieurs protégés du chef de l'Etat, souvent originaires comme lui de l'ouest du pays : le chef du protocole de la présidence, Mokhtar Reguieg ; Moulay Guendil, dont Bouteflika a fait son chef de cabinet avant de le nommer ambassadeur à Rabat ; Zouaoui Benhamadi, qui dirige l'Agence nationale de gestion des grands projets culturels ; ou encore Toufik Khelladi et Nacer Mehal, les patrons de la radio et de l'agence de presse nationales. Autant de relais utiles... Mais ceux qui apparaissent de plus en plus au grand jour comme les vrais sponsors de Bouteflika, ce sont les hommes d'affaires.
Le Forum des chefs d'entreprise (FCE), le Medef local, soutient ouvertement la candidature du président à sa propre succession. Et la villa du quartier résidentiel d'Hydra, qui abrite son QG électoral, appartient à Reda Kouninef, un richissime patron dont les intérêts vont des travaux publics aux multimédias. La montée en puissance de ce lobby renforce incontestablement la main du chef de l'Etat.
Le premier cercle, autour du président, est pourtant ailleurs. Après une traversée du désert d'une vingtaine d'années, Abdelaziz Bouteflika n'avait plus véritablement d'hommes liges lors de son élection, en 1999. Au sein du gouvernement, ses alliés se comptent toujours sur les doigts d'une main : Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur, dont il était proche autrefois ; Abdelaziz Belkhadem, démis en juin 2008, à la demande du clan Toufik, de son poste de Premier ministre et nommé depuis ministre d'Etat ; le chef de la diplomatie, Mourad Medelci ; la ministre de la Culture, Khalida Toumi...
La vraie garde rapprochée du chef de l'Etat, depuis son retour, c'est sa famille. Sa mère, Mansouriah, règne aujourd'hui encore, à plus de 90 ans, sur le clan, à la manière d'une mamma sicilienne. Son président de fils lui voue une admiration sans bornes. Il est rare qu'il prenne un engagement important sans lui demander son avis. Très croyante, elle serait, dit-on, à l'origine de son retour à la religion, au lendemain de son hospitalisation, en novembre 2005, à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, officiellement pour un ulcère hémorragique de l'estomac. Elle l'aurait même convaincu d'aller remercier Dieu de sa guérison en effectuant un pèlerinage à La Mecque, avant que Toufik, qui craignait que le convalescent ne supporte pas le voyage, mette le holà à ce projet.
Le chef de l'Etat est aussi resté très proche de ses quatre frères et de sa soeur. Secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, Abderrahim est le plus discret. Avocat au barreau de Paris, Abdelghani a surtout fait parler de lui lors de l'affaire Khalifa, une société d'abord soutenue puis lâchée par le pouvoir, dont la banqueroute frauduleuse donnera lieu en 2006 à un énorme scandale. Mustapha, médecin personnel du président, joue un rôle essentiel compte tenu de sa santé.
La seule fille de la famille, Latifa, tient sa maison - une grosse villa dans le quartier huppé d'El-Biar - et lui mitonne ses plats favoris. Selon un familier du sérail, elle se serait vu attribuer par "décret non publiable" le titre de conseiller. Mais le personnage le plus important de la fratrie est sans aucun doute le benjamin, Saïd, tout à la fois directeur de cabinet du président, grand chambellan et porte-parole, voire même joker, lorsque la maladie oblige le chef de l'Etat à s'éclipser.
L'homme clef? Saïd, son jeune frère. Il le suit comme son ombre
Ces jours-ci, il fait en plus office de directeur de campagne, même si le poste a été officiellement confié à Abdelmalek Sellal, par ailleurs ministre des Ressources en eau. Saïd est l'« oeil du roi ». C'est lui qui reçoit les hommes d'affaires, les chefs des zaouïas (confréries traditionnelles), les directeurs de l'administration ou les dirigeants d'associations. Lui encore qui introduit et adoube. En campagne, il suit son frère comme son ombre, ne ratant aucun meeting. Ancien élève de l'école polytechnique d'El-Harrach, il a été, dans une autre vie, prof de physique à l'université Houari-Boumediene des sciences et des technologies. A l'époque, il flirtait avec le trotskisme et il était très engagé dans le syndicalisme enseignant.
Peut-il être considéré comme un possible dauphin ? Peu croient à cette thèse : Bouteflika reste, souligne un analyste, un "actionnaire minoritaire" de la maison Algérie... Or c'est le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui aurait les faveurs du clan Toufik. La bataille pour la désignation d'un successeur a été mise entre parenthèses à la fin de l'an dernier, lorsque les deux clans ont renoncé, faute d'accord, à créer un poste de vice-président dans le cadre de la réforme constitutionnelle. Gageons qu'elle reprendra de plus belle au lendemain du scrutin.
En attendant, Abdelaziz Bouteflika fêtera, le 15 avril, ses dix années à la tête de l'Algérie. Une belle revanche pour celui qui avait vécu comme une trahison, il y a trente ans, son éviction.
L'homme clef? Saïd, son jeune frère. Il le suit comme son ombre
Ces jours-ci, il fait en plus office de directeur de campagne, même si le poste a été officiellement confié à Abdelmalek Sellal, par ailleurs ministre des Ressources en eau. Saïd est l'« oeil du roi ». C'est lui qui reçoit les hommes d'affaires, les chefs des zaouïas (confréries traditionnelles), les directeurs de l'administration ou les dirigeants d'associations. Lui encore qui introduit et adoube. En campagne, il suit son frère comme son ombre, ne ratant aucun meeting. Ancien élève de l'école polytechnique d'El-Harrach, il a été, dans une autre vie, prof de physique à l'université Houari-Boumediene des sciences et des technologies. A l'époque, il flirtait avec le trotskisme et il était très engagé dans le syndicalisme enseignant.
Peut-il être considéré comme un possible dauphin ? Peu croient à cette thèse : Bouteflika reste, souligne un analyste, un "actionnaire minoritaire" de la maison Algérie... Or c'est le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui aurait les faveurs du clan Toufik. La bataille pour la désignation d'un successeur a été mise entre parenthèses à la fin de l'an dernier, lorsque les deux clans ont renoncé, faute d'accord, à créer un poste de vice-président dans le cadre de la réforme constitutionnelle. Gageons qu'elle reprendra de plus belle au lendemain du scrutin.
En attendant, Abdelaziz Bouteflika fêtera, le 15 avril, ses dix années à la tête de l'Algérie. Une belle revanche pour celui qui avait vécu comme une trahison, il y a trente ans, son éviction.
Par Dilem - 9 avril 2009
Les faux taux de participations : une photo symbolique montrant l’urne N° 60 pendue par les citoyens à un poteau électrique de Taqervuzt en Kabylie pour montrer la manière dont ils boycottent.


3 commentaires:
j'entends différente version de l'Algérie des Algériens,toi qui est Kabyle, et qui connaît à fond le problème, pourrais-tu me la décrire avec tes mots, que je sache la vraie vérité, j'ai regardé et écouté ton post avec le choeur envoûtant des femmes Algérienne, j'y ai vu Mouloudji, le merveilleux poète, qui n'est pas assez à l'honneur, découvert que D.Prévost était kabyle, je sais , je suis bien ignare, mais je me renseigne! bonne soirée! a
Merci de ta curiosité, fidèle et sympathique a !
Résumer la situation en quelques mots ? C’est un exercice difficile que tu me demandes là car le sujet est complexe mais pourtant clair quand on a une conscience. Donc oui je peux te donner mon opinion :
Tout ce que je peux te dire, c’est qu’en Algérie les richesses ne sont pas redistribuées au peuple comme ça devrait l’être et les libertés les plus fondamentales ne sont pas respectées. Les élections sont organisées non pas pour apporter du changement mais pour cautionner un régime et son système à rester au sommet de l’état. Ce qui est vicieux c’est que ce cirque se joue avec d’autres acteurs. On promet argent et villas aux candidats qui veulent bien participer à la mascarade électorale. Le pays est donc resté entre les mains « des généraux » dépourvus de toute qualité humaine et cela depuis l’indépendance du pays en 1962.
Au moment de l’indépendance et un peu après, dans les années 80 - 90, une poignée de Kabyles instruits intelligents et bienveillants sur leur pays avaient voulu instauré une réelle démocratie en Algérie (sur le plan politique, économique, culturelle, identitaire,…) mais ceux-là ont tout bonnement été mis à l’écart. Les généraux, loin d’être des êtres humains, que l’on peut qualifier de « rouleau compresseur » ont éliminé physiquement leurs adversaires. Pour exemple : Krim Belkacem, exilé à Francfort, il y est retrouvé le 18 octobre 1970, étranglé avec sa cravate dans sa chambre d'hôtel, probablement avec la complicité des services secrets algériens de l'époque. Ou encore Mohamed Khider mort assassiné le 4 janvier 1967 en Espagne.
Le premier mandat du président Bouteflika est celui de l'assassinat de 126 jeunes Kabyles (tués par balles par des gendarmes en 2002) et le second celui de l'amnistie de leurs assassins dont il porte moralement la responsabilité.
En fait les régimes d’Afrique du Nord (d’Algérie, du Maroc, de Tunisie,…) ont décidé d’installer des ethnocentrismes (arabo-centrisme et islamo-centrisme) alors qu’à la base, tous les Africains du Nord sont berbères. L’école enseigne une histoire fausse et met en avant la langue arabe et la religion musulmane. L’attitude des dirigeants consiste à “répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques... (des autres), considérées comme sauvages...”, comme le dit l’anthropologue Levi Strauss.
J’avais d’ailleurs appris qu’une femme avait fait de la prison car elle avait un livre sur la Bible dans sa valise !
Les Kabyles, quant à eux, ont porté pendant des décennies des revendications purement culturelles, ils n’ont jamais renoncé ni à leur culture berbère ni à leur langue (tamazirt) ni à leur liberté de penser et de s’exprimer.
Le combat identitaire a eu des répercussions sur l’ensemble du monde berbère. Tous les peuples amazighs ont fini par revendiquer dans le sillage de la Kabylie et de son printemps de 1980, la langue amazighe comme langue nationale et officielle (Algérie, Maroc et, dans une moindre importance en Libye). En Algérie, en plus de la Kabylie, il y a au moins six régions berbérophones : l’extrême Sud touareg, le Mzab, les Aurès, le Chenoua à l’ouest d’Alger, l’Adrar et la bande de Bechar, frontalière du Maroc. Sur toutes ces aires linguistiques, le combat kabyle a eu un impact plus ou moins important.
En résumé, au lieu de débattre sur le plan des idées et du combat politique (ce qui serait plus sain !), le régime utilise l’anathème, l’insulte, la répression, la corruption ou l’assassinat pour contrer, ou bien il achète les gens contre de l’argent.
Bonne soirée à toi aussi, a !
merci d'avoir pris le temps, et la peine dans les deux sens du terme de cette longue et douloureuse explication! il n'y a souvent qu'indifférence,et des personnes de marbre dans leur bulle dorée, en parallèle,on voit le sort du peuple tibétains,et celà ne gêne aucunement l'europe,qui les sacrifie sur l'autel du profit! quant à l'Algérie,j'avais reçu de nombreux témoignages divergents, et ton commentaire remet les points sur les is! bonne soirée à toi et merci!Il ya de nombreuses dictatures en arabie, mais petit à petit insensiblement, cette tâche dictatoriale s'étendra jusqu'à l'uniformité...en tout cas, je trouve que le monde suis ce chemin,et ce n'ai pas ce petit bonhomme de chemin,juste un parcours vers le gouffre!a
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