lundi, avril 20, 2009

Lundi 20 avril 2009 : Tafsut'n Imaziɣen / Le printemps berbère

20 avril 2009 : 29ème printemps berbère.

La genèse du printemps berbère :

"10 mars 1980. Cela fait déjà plus d’un 1/4 de siècle, ce qui correspond à une génération et quelques années ! Ce jour-là, un paisible savant, Mouloud Mammeri, se dirigeait vers la toute nouvelle université de Tizi Ouzou pour y faire une conférence sur les “Poèmes kabyles anciens”, poèmes qu’il avait collectés avec amour, consignés, traduits, commentés et publiés dans un ouvrage aux Editions Maspéro à Paris. Les étudiants et certains de leurs professeurs l’attendaient fébrilement. Ils étaient naturellement grisés de bonheur, à l’idée de pouvoir écouter celui qui était déjà à l’époque l’un de nos plus grands mentors. Tout semblait aller au mieux quand la nouvelle de son interpellation tomba ! [...]
Après consultations aussi bien à Paris que sur le terrain, à Tizi Ouzou, il a été décidé de réagir en organisant une manifestation pacifique devant le siège de la wilaya de Tizi Ouzou. La suite des événements, tout le monde la connaît. Arrestations, manifestations s’enchaînaient et le 20 avril El Hadi Khediri, alors patron de la DGSN, envoya les CNS pour investir le campus universitaire. L’effet fut effroyable et la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre ! Toute la région kabyle (puis une partie de l’algérois) se trouva impliquée et prit la rue d’assaut. Des rumeurs des plus alarmantes circulaient. Quelques mois plus tard, 24 détenus sur des centaines d’autres étaient présentés devant la cour de sûreté de l’Etat. Avec le recul, je reste convaincu que sans la mobilisation de l’émigration qui a alerté l’opinion internationale et notamment les médias européens, certains de ces prévenus auraient risqué la peine capitale. L’assassinat des 126 jeunes du Printemps noir [en 2001] confirme, si besoin est, cette crainte de l’époque. C’est que, en ces temps-là, l’Algérie était encore sous l’influence du boumédianisme triomphant. Le sombre colonel-président n’avait pas hésité à éliminer physiquement ses adversaires : Mohamed Khider, Krim Belkacem, pour ne citer que les plus célèbres. Pour comprendre la portée des évènements du Printemps berbère, il est nécessaire de se replacer dans le contexte de ces années là."
-
Par Hacène Hirèche.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

incroyablement triste,c'est bien qu'il y ait eu cette fois-ci une mibilisation des médias,hélas c'est rare !!a

 
Free counter and web stats