mardi, décembre 15, 2009

L'engagement de Mouloud Feraoun. Témoignage de Jacqueline Macek.

Vendredi 11 décembre, dans le cadre de la Dyoniversité, Jacqueline Macek, fille de l'écrivain Emmanuel Roblès, est venue parler de l'attitude de son père et d'écrivains proches comme Mouloud Feraoun ou Albert Camus pendant la guerre d'Algérie.
Jacqueline Macek est la fille d'Emmanuel Roblès, romancier ("Les hauteurs de la ville", "Cela s'appelle l'aurore"...) et dramaturge ("Montserrat"). En tant que directeur de collection, Roblès a édité et défendu Mouloud Feraoun, écrivain kabyle ("Le fils du pauvre", "Journal 1955-1962"...). Tous deux ont été également proches d'Albert Camus.
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Mouloud Feraoun était instituteur en Kabylie et écrivain. Il fut assassiné par l’OAS le 15 mars 1962. Emmanuel Roblès, proche d’Albert Camus, était son ami. Des liens d'amitié très forts. A travers ses écrits, ses romans, Mouloud Feraoun décrit la réalité des Kabyles. Bon, tendre et humaniste, telles sont les qualités attribuées à Mouloud Feraoun par tous ceux qui l’avaient côtoyé. Jacqueline Macek insiste sur cette dimension universaliste, "il a voulu aller dans cette notion universaliste, dans l'humain" dit-elle.
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Biographie :
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Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel en Kabylie, son vrai nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l'état-civil français. Il fréquente l'école de Tizi-Hibel à partir de l'âge de 7 ans. C'est un garçon très studieux qui étudie jusqu'à tard le soir.
En 1928, il est boursier à l'école primaire supérieure de Tizi-Ouzou. En 1932, il est reçu au concours d'entrée de l'école normale de Bouzaréah Alger (actuelle École normale supérieure de lettres et sciences humaines). Il y fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa. En 1952, il est nommé directeur du cours complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l'école Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour Alger. Dans la préface du roman "La Terre et le Sang", Emmanuel Roblès écrit : "Mouloud Feraoun avait dû quitter Fort National où il enseignait, à la suite d'une mauvaise affaire avec un fonctionnaire, réputé pour sa cruauté. Il accepta la direction d'une école en bordure d'Alger, au Clos Salembier, parce que cela nous rapprochait. J'habitais alors un quartier voisin. Malgré l'amitié dont nous l'entourions, il ne cessait de regretter la Kabylie. Il n'aimait pas Alger, où à la lettre, il se sentait déraciné. Puis vinrent pour Feraoun comme pour nous tous les premières lettres de menace. Loin d'en être intimidé, ces lettres anonymes parurent au contraire l'affermir davantage dans ses convictions, dans son espoir d'une Algérie où il n'y aurait plus ni vainqueurs ni vaincus, mais seulement des hommes délivrés "d'une séculaire injustice". Cependant elles ajoutaient à son angoisse. Elles étaient le signe même de cette folie qui allait amplifier encore le malheur des uns et des autres, de cette folie qui devait le tuer à l'approche d'un printemps de mort. De toute manière, ces menaces l'incitèrent à agir et à témoigner. On le vit, à Alger, à la tribune d'une manifestation de libéraux. On lut à Paris des messages de lui, lucides et réfléchis."
En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine La Terre et le Sang, récompensé en 1953 par le Prix du roman populiste.
En 1960, il est inspecteur des centres sociaux (créés sur l'initiative de Germaine Tillion) à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, dont l'inspecteur d'académie Max Marchand, c'est là qu'il est assassiné par l'OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu.
Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique Le fils du pauvre en 1939 ; il n'est publié qu'en 1950 à compte d'auteur. Ce n'est qu'en 1954 que Le Seuil le publie, expurgé des soixante-dix pages relatives à l'école normale de Bouzaréah.
Les éditions du Seuil publient, en 1957, Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu'après sa mort.
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Extrait d'une interview du 27 février 1953 :
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Aujourd’hui, nous sommes heureux de publier une interview exclusive de Mouloud Feraoun dont le deuxième roman, La Terre et le Sang, va bientôt paraître aux éditions du Seuil. Ce livre, que l’on dit remarquable, est appelé à connaître un grand retentissement car il traite de l’émigration des Kabyles vers la métropole.
"Mouloud Feraoun est à mes côtés. Il m’arrive tout droit de sa Kabylie. Voulez-vous que je vous l’envoie ? Tout de suite ?"
Du bout du fil, me parvenait la voix d’Emmanuel Roblès. Bien entendu, j’acceptais. Une demi-heure plus tard, celui qui restera pour moi "le fils du pauvre", pénétrait dans mon bureau.Ses mains étaient encombrées d’un parapluie et d’une serviette de cuir. Il se débarrassa de ces objets gênants avant de me serrer la main avec amitié.Mouloud Feraoun est discret, effacé, presque timide. Mais dès qu’il se trouve en confiance, il s’anime, il s’ouvre, et c’est l’homme le plus charmant que je connaisse.
Pendant qu’il me parle, je l’observe sournoisement. Derrière les verres de ses claires lunettes d’écaille, pétillent deux bons yeux où tremble la lueur d’une profonde vie intérieure.Il a posé ses deux mains très brunes sur ma table. Chaudement vêtu, nu-tête, il me paraît engoncé dans son pardessus marron.Visage accueillant et sympathique, traversé de rides. Cheveux souples et noirs comme la moustache, cette petite couronne du sourire.
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Parlez-moi de votre premier roman...
J’ai écrit Le Fils du pauvre pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être.
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Roman autobiographique, n’est-ce pas ?
Oui... Je suis très attaché à ce livre, d’abord parce que je ne mangeais pas tous les jours à ma faim alors qu’il sortait de ma plume, ensuite parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mes moyens. Le succès qu’il a remporté m’a encouragé à écrire d’autres livres.
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Mon interlocuteur me précise qu’il est né à Tizi Hibel, commune mixte de Fort-National, en Haute-Kabylie, le 8 mars 1913, dans un foyer très pauvre.
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Que faisait votre père ?
A l’époque de ma naissance, il était cultivateur. Mais, dès avant 1910, il avait dû quitter le sol natal pour chercher ailleurs du travail. En ce temps-là, les Kabyles n’allaient pas encore en France, mais dans le Constantinois. Par la suite, il se rendit dans les mines du Nord – à Lens, exactement – et de là dans la région parisienne. Il travaillait aux Fonderies d’Aubervilliers lorsqu’il fut accidenté. On peut dire de mon père qu’il s’est donné beaucoup de mal pour élever sa nichée.
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Combien eut-il d’enfants ?
Cinq dont deux garçons. Mon frère cadet est aussi instituteur.
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Dans Le Fils du pauvre, vous avez raconté – bien sûr en les transposant sur le plan romanesque – votre enfance et vos études. Vous êtes arrivé à votre but à la force des poignets. J’ai beaucoup admiré votre courage...
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Grâce à la compréhension d’un de mes maîtres, j’obtins une bourse, commençais mes études à Tizi Ouzou et les achevais à l’Ecole normale d’Alger.
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Quand avez-vous été nommé instituteur ?
En 1935. Depuis cette date, j’ai enseigné dans différents postes et principalement à Taourirt Moussa, à deux kilomètres de mon village natal, de 1946 à 1952.
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Vous êtes actuellement directeur de l’école de garçons de Fort-National ...
Oui, depuis octobre dernier. Ecole de 300 élèves avec cours complémentaires.
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Satisfait ?
Ça va. Nous avons l’eau courante et l’électricité. Le médecin et le pharmacien sont à proximité. Les enfants travaillent ; ils sont assidus, sans doute parce qu’ils sont dévorés du besoin de connaître.
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Vous êtes marié, n’est-ce pas ?
Et j’ai six enfants ; mon aîné a 13 ans.
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Nous en venons à La Terre et le Sang. Mouloud Feraoun parle, parle... On sent que ce livre a requis toute sa sollicitude pendant de longs mois. L’œuvre vit encore en lui, bien que le manuscrit soit déjà à Paris.
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Comment vous est venue l'idée de ce nouveau roman ?
Je vous disais à l'instant que le succès de mon premier ouvrage m'avait encouragé à écrire d'autres livres. Il faut ajouter ceci : l'idée m'est venue que je pourrais essayer de traduire l'âme kabyle. D'être un témoin. Je suis de souche authentiquement kabyle. J'ai toujours habité la Kabylie. Il est bon que l'on sache que les Kabyles sont des hommes comme les autres. Et je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire. Vous noterez que ma décision prise, quelqu'un m'a constamment tarabusté, mis la plume entre les pattes. C'est mon ami Roblès que je connais depuis 20 ans. Chaque fois : "Où en es-tu ?", "Travaille sec", "J'attends ton roman". Il est venu à plusieurs reprises me relancer à Taourirt et, pour sa voiture, ce fut chaque fois une expédition. Dites bien que, pour lui, l'amitié n'est pas un vain mot.
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Quel est le sujet de "La Terre et le Sang ?"
J'ai pensé que l'émigration des Kabyles pouvait donner matière à un ou plusieurs ouvrages dignes d'intérêt. J'ai distingué deux périodes : de 1910 à 1930 et de 1930 aux années que nous vivons. " La Terre et le Sang " est consacré à la première période. J'écrirai un autre roman sur la seconde période.
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Pourquoi deux périodes?
A mon avis, il y a une grande différence entre ces deux périodes. La psychologie des Kabyles d'aujourd'hui se rendant en France n'est plus du tout celle des Kabyles qui leur ont ouvert la route. Les Kabyles de 1953 sont mieux armés que leurs devanciers, parce qu'ils s'adaptent plus facilement aux faons de vivre de la métropole. Par contre, il me semble que les anciens étaient davantage attachés à leur village, à leur terre, aux murs kabyles ; ils se hâtaient de retourner chez eux avec leurs économies pour améliorer leur situation au village, ce qui n'est pas automatique aujourd'hui.
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Le sujet ?
"La Terre et le Sang" relate l'histoire d'Amer, un garçon de 14 ans, envoyé à Paris avec des voisins. Cela se passe avant la Première Guerre mondiale. D'abord cuisinier de la petite colonie de son village, le jeune Kabyle ne tardera pas à travailler dans la mine, comme ses compagnons. Un soir, il tuera accidentellement un de ses compatriotes. N'osant plus rentrer en Kabylie (où il risque d'être exécuté par la famille du défunt), il décide de vivre désormais en France. Quinze années passent. L'appel du sol natal et le désir d'une existence plus simple l'emportent sur la prudence. Accompagné de sa femme Marie, une Parisienne que la vie a meurtrie, il rentre dans son village. Deux ans après son installation, la tragédie éclatera...
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Avez-vous d'autres projets ?
Oui, car le domaine qui touche à l'âme kabyle est très vaste. La difficulté est de l'exprimer le plus fidèlement possible.
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Y aura t -il une suite au "Fils du pauvre" ?
Ce n'est pas impossible... Mais avant, je publierai très certainement un ouvrage illustré par Brouty, gerbe de scènes de la vie kabyle : une réunion publique, la fontaine du village, le marché, le retour des voyageurs de France, etc. Ce livre s'achèvera sur des contes kabyles.
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Quand écrivez-vous ?
Je consacre ma journée à ma tache professionnelle. J'écris mes livres la nuit et les jours de congé. Je noircis presque tous les jours de trois à quatre pages, sauf quand l'inspiration me fuit. Dans ce cas, je n'insiste pas.
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Travaillez-vous d'après un plan ?
Je commence par établir une grossière ébauche du livre, et c'est en écrivant que j'ordonne mon récit. En gros, je sais où je vais. Mais au fur et à mesure qu'avance le travail, surviennent des scènes et des situations que je n'avais pas prévues.
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Quelle attitude prenez-vous à l'égard de vos personnages ?
Je me mets honnêtement à leur place. Je les sollicite. Et, finalement, ce sont les personnages qui me disent ce que je dois écrire.
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Quels livres aimez-vous?
J'ai beaucoup lu, et de tout. Je suis aujourd'hui plus exigent que je ne l'étais hier. Je goûte les livres vraiment humains, ceux où l'écrivain a essayé d'interpréter l'homme dans toute sa plénitude. Car l'homme n'est ni franchement bon, ni franchement mauvais. L'écrivain, voyez-vous, n'a pas le droit de parler des hommes à la légère. N'êtes-vous pas de mon avis ?
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Par Maurice Monnoyer.
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"J'ai pour la Kabylie, écrivait-il, une tendresse filiale que j'ai voulu exprimer dans mes livres. J'en ai donné une image sympathique mais non une image trompeuse. Que puis-je écrire à présent alors que l'angoisse me noue la gorge ? Dirai-je sa souffrance, sa révolte… Il s'agit seulement de comprendre pourquoi cette unanimité à la rébellion, pourquoi le divorce est si brutal. La vérité est qu'il n'y a jamais eu mariage ! Les Français sont restés à l'écart. Ils croyaient que l'Algérie c'était eux. Ce qu'il eût fallu pour s'aimer ? Se connaître d'abord, or nous ne nous connaissons pas. Qu'on demande à une femme Kabyle ce que c'est qu'un français. Elle dira que c'est un mécréant, un homme souvent beau et fort mais sans pitié. Il est peut-être intelligent. Son intelligence, il la tient du démon, de même que sa force. Qu'attend-elle du Français, rien de bon. Ni sa justice coupante comme glaive ni sa charité qui s'accompagne d'insultes ou de bousculades. Qu'est-ce qu'un indigène pour un Européen ? C'est l'homme de peine, la femme de ménage. Un être bizarre aux mœurs ridicules, au costume particulier, au langage impossible. Un personnage plus ou moins sale, plus ou moins déguenillé, plus ou moins antipathique En tout cas un être à part, bien à part et qu'on laisse où il est. Voilà des lieux communs qu'il est presque puéril de rappeler si sommairement. Mais le mal vient de là. Inutile de chercher ailleurs. Un siècle durant, on s'est coudoyés sans curiosité, il ne reste plus qu'à récolter cette indifférence réfléchie qui est le contraire de l'amour... ( … ) Les comptes, c'est la reconnaissance de notre droit à vivre, de notre droit à l'instruction et au progrès, de notre droit à être libres. " (Le Journal 1955-1962)
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Sur la valeur de l’écriture pour les écrivains algériens de langue française, Mouloud Feraoun dit :
"Les plus significatives de nos oeuvres contiennent tout l’essentiel de notre témoignage : on le retrouve un peu partout, discret ou véhément, toujours exprimé avec une égale fidélité et le même dessein d’émouvoir. Chacun a parlé de ce qu’il connaît, de ce qu’il a vu ou senti et, pour être sûr de dire vrai, chacun a mis dans son livre une grande part de lui-même. Mais puisque la vision reste la même sous des angles différents, des drames identiques ont été observés : drames sociaux d’où résultent le chômage et l’émigration ; drames politiques avec des luttes intestines, les brimades administatives ou l’inhumaine opposition des races ; ceux enfin de l’ignorance qui sont aussi cruels que les autres auxquels on voudrait imputer l’origine de tous nos maux. (...)"
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«Tout va bien mais c’est vraiment très dur par ici.» Derniers mots prémonitoires de Mouloud Feraoun, la veille de son assassinat par l’OAS avec cinq de ses compagnons : c’était le 14 mars 1962 dans une lettre adressée à Henri Combelles à partir d’Alger et citée par Emmanuel Roblès dans l’ouvrage Lettres à ses amis paru en 1969 aux éditions du Seuil.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

mouloud feraoun est un grand esprit, écrivain tellement réaliste et patriotique,le fils du pauvre restera l'une des plus touchantes des autobiographie des écrivains maghrébins de l'expression française..son assassinat par les crminels de l'OAS est impardonnable!!

 
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